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Freeland a discuté avec son homologue chinois de Kovrig et Spavor

La ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, rapporte des discussions cordiales avec son homologue chinois, Wang Yi.

Photo : AFP/Getty Images / Romeo Gacad

Radio-Canada

La ministre canadienne des Affaires étrangères a indiqué avoir discuté de vive voix avec son homologue chinois des Canadiens détenus en Chine.

Chrystia Freeland et son homologue Wang Yi se sont rencontrés en marge du sommet de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN) à Bangkok.

Leurs échanges ont porté sur les tensions entre Ottawa et Pékin depuis l’affaire Huawei et l’emprisonnement subséquent des Canadiens Michael Kovrig et Michael Spavor en Chine.

Le fait de pouvoir discuter face à face est un pas important vers la réconciliation entre les deux pays, estime la ministre Freeland.

La ministre confirme avoir abordé la détention des Canadiens Michael Kovrig et Michael Spavor, qu’Ottawa considère victimes d’arrestations arbitraires.

Wang Yi y a fait écho en s’inquiétant du sort de la responsable de Huawei Meng Wanzhou, qui doit toujours être extradée du Canada vers les États-Unis dans le cadre de l'affaire Huawei.

Mme Freeland reconnaît que les rapports du Canada avec la Chine sont présentementcompliqués. Elle a espoir de résoudre ce conflit en poursuivant le dialogue, mais prévient que le gros des discussions devrait avoir lieu derrière des portes closes.

Je suis convaincue, comme cela a été le cas pour la renégociation de l’ALENA, que le chemin le plus sûr pour en arriver à un résultat satisfaisant est de ne pas négocier en public.

Le chef du Parti conservateur, Andrew Scheer, qui accuse le gouvernement d’immobilisme dans ce dossier depuis des mois, n’en démord pas. Il aurait fallu en faire beaucoup plus, beaucoup plus tôt selon lui, et être plus dur envers la Chine.

Ils n’ont rien fait du tout. Ils n’ont même pas envoyé d’ambassadeur, ce qui devrait pourtant être simple. Ils n’ont pas non plus porté plainte à l’Organisation mondiale du commerce quand la Chine s’est attaquée à nos exportations de canola, de bœuf et de porc.

Andrew Scheer, chef du PCC

Michael Kovrig et Michael Spavor sont détenus en Chine depuis décembre 2018, bien qu’ils n’aient été formellement arrêtés qu’en mai dernier. On les accuse d’avoir posé des gestes allant contre la sécurité nationale chinoise.

De nombreux analystes et ex-diplomates doutent toutefois du bien-fondé de ces allégations. Ils estiment que les deux hommes sont victimes de mesures de rétorsion, après que le Canada eut accepté, à la demande des États-Unis, de procéder à l’arrestation de la numéro deux de Huawei, Meng Wanzhou.

Mme Meng, pour sa part, est soupçonnée par Washington d'avoir violé des sanctions américaines contre l'Iran. Elle a été arrêtée au Canada le 1er décembre 2018 et attend toujours la suite des procédures d’extradition qui visent à l’envoyer aux États-Unis. Elle habite une luxueuse résidence de Vancouver et demeure sous la surveillance des autorités.

La stratégie de Trudeau semble porter ses fruits

Guy Saint-Jacques, ancien ambassadeur du Canada en Chine, pense que la rencontre entre Mme Freeland et son homologue chinois Wang Yi est « un développement très encourageant ».

Dans une entrevue à l’émission 24/60, M. Saint-Jacques a estimé que la stratégie du gouvernement Trudeau pour renouer le contact avec la Chine commence peut-être à donner des résultats.

J’ose croire que la stratégie du gouvernement d’aller chercher des appuis sur la scène internationale a probablement aidé à convaincre la Chine que le moment était opportun pour avoir une telle rencontre.

Guy Saint-Jacques

Selon l’ancien diplomate, « la Chine reste préoccupée par son image internationale ». Il a expliqué que c’est le premier pays [le Canada] qui a sollicité l’appui de ses partenaires pour tenter de dénouer la crise, citant la Norvège, la Corée du Sud ou le Japon, qui ont vécu des situations, mais qui n’ont « jamais cherché des appuis sur la scène internationale ».

« Cette fois-ci, ça a pris la Chine par surprise », a-t-il dit.

M. Saint-Jacques estime que le fait que la société Huawei ait été autorisée à installer la 4G dans le Grand Nord canadien récemment a « dû peser dans la balance » pour la tenue de cette rencontre entre les deux ministres.

Selon l’ancien ambassadeur, si les demandes d’agrément mutuelles d’ambassadeurs entre les deux pays se concrétisent, ça sera un signe positif pour la suite des discussions. En l’absence des ambassadeurs, le dialogue était dans l’impasse.

Pour ce qui est du sort des deux Canadiens détenus en Chine, M. Saint-Jacques croit que « la rencontre est un premier pas ».

Avec les informations de CBC, et Reuters

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