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Washington négocie un retrait partiel d'Afghanistan avec les talibans

Des soldats américains marchent sur un sol terreux, le long d'une clôture de barbelés.

Les États-Unis pourraient retirer de 5000 à 6000 soldats d'Afghanistan.

Photo : Reuters / Omar Sobhani

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'administration Trump œuvre à retirer des milliers de soldats d'Afghanistan en échange de concessions de la part des talibans, notamment un cessez-le-feu et la rupture des liens avec Al-Qaïda, selon le Washington Post.

Citant des responsables américains, le quotidien affirme qu'une entente, qui vise à mettre un terme à une guerre qui dure depuis près de 18 ans, pourrait faire passer le nombre de soldats américains dans le pays de 14 000 à un nombre variant de 8000 à 9000. Ce nombre serait presque le même que lors de l'arrivée au pouvoir de Donald Trump.

En contrepartie, l'accord exigerait des talibans qu'ils commencent à négocier un accord de paix plus vaste directement avec le gouvernement afghan.

Selon le Washington Post, le plan a pris forme après des mois de négociations entre les talibans et le diplomate américain Zalmay Khalilzad, né en Afghanistan, et nommé par le gouvernement Trump l'an dernier pour relancer les pourparlers.

En janvier dernier, les États-Unis avaient annoncé un accord de principe.

Les représentants du département d'État affirment qu'une percée passe par un accord sur quatre questions : les garanties par rapport à l'absence de terrorisme, le retrait des troupes américaines, le dialogue entre les Afghans et un cessez-le-feu global.

Les responsables, non identifiés, ont soulevé la possibilité que l'accord soit finalisé avant l'élection présidentielle afghane de septembre. Prudents, ils ont cependant averti que les dirigeants talibans pourraient retarder la conclusion d'une entente et ont souligné l'ampleur des problèmes qui subsistent.

L'accord risque d'être accueilli avec scepticisme par certains responsables américains et afghans, qui mettent en doute la bonne volonté des talibans et s'interrogent sur la façon dont les États-Unis peuvent vérifier s'ils respecteront leur engagement.

M. Khalilzad a indiqué sur Twitter mercredi qu'il entend poursuivre les discussions avec les talibans au Qatar dans un avenir rapproché. Si les talibans font leur part, l'entente sera finalisée, a-t-il assuré.

Dans l'éventualité d'un accord, le gouvernement afghan a nommé mercredi une équipe de 15 membres pour négocier directement avec les talibans.

Les talibans refusent pour l'instant de discuter directement avec lui, parce qu'ils le considèrent comme un régime fantoche, jusqu'à ce que soit conclu un accord avec les États-Unis sur leurs troupes.

Les Américains parlent d'une négociation de paix, mais les talibans considèrent qu'il s'agit de négociations en vue d'un retrait, a déclaré un responsable afghan.

Une source citée par le quotidien estime que le chef des troupes américaines en Afghanistan, le général Austin Miller, voudrait garder ouverte la base aérienne de Bagram, d'où l'armée américaine lance ses raids de contre-terrorisme dans les montagnes de l'est de l'Afghanistan.

Les Américains maintiendraient sans doute une présence importante à Kaboul, qui abrite plusieurs bases militaires américaines, ainsi qu'à Kandahar, où se trouve la principale base américaine dans le sud de l'Afghanistan.

Les responsables américains disent que les troupes allemandes sont susceptibles d'assurer une présence dans le nord du pays et les troupes italiennes dans l'ouest.

Un retrait avant les élections de 2020?

Interrogé sur une réduction des forces américaines d'ici les élections américaines de 2020, le président Donald Trump a déclaré cette semaine qu'il l'ignorait.

Le secrétaire d'État américain, Mike Pompeo, s'était pour sa part montré confiant lundi dernier. « C'est ma directive », a-t-il affirmé. Le lendemain, il tempérait son optimisme. « Il n'y a pas de délai », a-t-il dit, accusant les médias d'avoir mal interprété ses propos.

Le président veut réduire le nombre de troupes aussi rapidement que possible, conformément à son autre mission, qui est de s'assurer que nous disposons d'un plan de réduction des risques adéquat pour nous assurer qu'il n'y a pas de terrorisme depuis l'Afghanistan, a-t-il soutenu.

Les risques d'un retrait

Elles mangent.

Deux jeunes Afghanes à Jalabad.

Photo : AFP

Ce retrait soulève plusieurs inquiétudes. Les gains réalisés depuis la chute des talibans, qui cherchent à rétablir un émirat islamique, seraient effacés s'ils font partie d'un gouvernement de partage du pouvoir.

Les groupes de défense des droits des femmes sont particulièrement préoccupés, étant donné les restrictions imposées aux femmes par les talibans et leur opposition à l'éducation des filles.

La violence reste omniprésente dans tout le pays, les talibans contrôlant plus de territoire maintenant qu'à aucun autre moment depuis 2001, année où les États-Unis et leurs alliés ont amorcé leur intervention militaire en Afghanistan. Il s'agissait de représailles face aux attentats du 11 septembre en territoire américain perpétrés par Al-Qaïda, protégé par le gouvernement taliban de l'époque.

Selon l'ONU, l'année 2018 a été la plus meurtrière jamais enregistrée pour les civils victimes du conflit afghan, avec 3804 décès en grande majorité imputés aux insurgés des talibans et au groupe armé État islamique (EI).

Dimanche, le candidat à la vice-présidence afghan Amrullah Saleh, adversaire des talibans, a été pris pour cible lors d'une attaque à Kaboul qui a fait au moins 20 morts.

Lundi, deux soldats américains ont été tués dans la province d'Uruzgan. Deux jours plus tard, une trentaine de personnes ont été tuées et une vingtaine d’autres blessées dans l'explosion d'une bombe qui a pulvérisé l'autobus dans lequel elles se trouvaient.

Avec les informations de Washington Post

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