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Le scarabée japonais poursuit son avancée au Québec, mais avec une ennemie à ses trousses

Un scarabée japonais à la carapace cuivrée sur une feuille.

Un scarabée japonais

Photo : Radio-Canada / Eugénie Émond

Érik Chouinard

Bien implanté à Montréal depuis une quinzaine d’années, le scarabée japonais a maintenant fait son chemin jusque dans les jardins et les plates-bandes de Québec. L’insecte à la carapace cuivré fait des ravages en s’attaquant aux fleurs et aux fruits de plus de 300 espèces de plantes et d'arbres.

Depuis son introduction accidentelle aux États-Unis vers 1910, le scarabée ne cesse son avancée vers le nord.

Son arrivée à Québec était un peu écrite dans le ciel, l’insecte progresse lentement, mais sûrement le long de la vallée du Saint-Laurent, souligne Jacques Brodeur, professeur en biologie à l'Université de Montréal et directeur de l'Institut de recherche en biologie végétale, en entrevue à Première heure.

L’espèce exotique est originaire du Japon. Lorsqu’elle arrive dans un nouveau territoire, elle s’implante assez facilement, précise Jacques Brodeur, en décrivant les traits de l’espèce envahissante.

L’insecte est très difficile à contrer, puisqu'on le retrouve un peu partout dans l’environnement.

Des feuilles d'arbre après le passage du scarabée japonais.

Des feuilles d'arbre après le passage du scarabée japonais

Photo : Radio-Canada / Olivier Lalande

Ce qui est aussi particulier du scarabée japonais, c’est qu’il peut s’attaquer aux plantes ornementales, comme les rosiers et les vignes, mais aussi à certaines productions maraîchères, donc les pommiers et tous les petits fruits, souligne M. Brodeur.

En plus, il est vorace dans plusieurs stades de sa vie. Les larves enfouies sous terre se nourrissent des racines des plantes, et les adultes s’attaquent plutôt aux feuilles.

Un adversaire coriace

Malheureusement, pour le moment au Canada, à grande échelle, il n’y a pas de façons autres de contrer le scarabée qu’en utilisant des pesticides de synthèse, admet le professeur.

À plus petite échelle, il existe cependant un piège qui arrive à les attirer à l’aide de phéromones et d’odeurs de plantes florales. Son utilisation vient tout de même avec une mise en garde qui fait justement l’objet de l’un des projets de recherche du professeur.

Il existe une controverse actuellement à savoir si le piège est réellement efficace pour réduire les populations, parce qu’on a observé dans certaines cultures que les pièges attirent en fait plus de scarabées que lorsque le piège est absent, remarque M. Brodeur, qui recommande plutôt l’aspirateur pour s’en débarrasser dans les jardins.

Des solutions parasitaires

Au Japon, l’insecte n’est pas considéré comme une espèce nuisible parce qu’une foule de prédateurs, de parasites, de virus, de bactéries et de pathogénies réduisent les populations.

Il y a près d’une centaine d’années, lorsque le scarabée a été introduit au pays, nos collègues américains se sont tournés vers le Japon et ils ont étudié la faune d’ennemis naturels qui attaquent le scarabée, relate Jacques Brodeur.

Les Américains ont fini par rapporter de leur périple une mouche parasitaire, particulièrement efficace pour localiser le scarabée dans l’environnement.

Des scarabées japonais avec des taches blanches sur la tête, révélant la présence d'œufs de mouche.

Des scarabées japonais parasités par des œufs de mouche.

Photo : Sylvie Machabée

Cette petite mouche pond ses œufs à même l’insecte et une fois qu'ils ont éclos, les larves pénètrent sa carapace et le dévorent de l’intérieur. Ce trait fait aussi en sorte que la mouche est un parasite spécifiquement pour ce type de scarabée.

La mouche du scarabée a été observée à Montréal pour la première fois il y a deux ans, et maintenant on la retrouve sur l’ensemble du territoire où le scarabée est présent, se réjouit M. Brodeur.

Ce n’est toutefois pas une solution magique, prévient le professeur. Ça exerce un certain niveau de contrôle, mais ce n’est pas ça qui va complètement éradiquer le scarabée japonais, avertit-il.

À mesure que les populations évoluent, la mouche du scarabée, espère tout de même Jacques Brodeur, sera de plus en plus répandue et deviendra un réel moyen de contrôler biologiquement l’espèce envahissante.

Avec les informations d’Eugénie Émond

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