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analyse

Quand les démocrates s’en prennent à Trump… et à Obama

Cory Booker, Joe Biden et Kamala Harris se font la bise.

Cory Booker, Joe Biden et Kamala Harris, le soir du 2e débat du Parti démocrate.

Photo : La Presse canadienne / Paul Sancya/AP

Raphaël Bouvier-Auclair

Donald Trump n'est pas le seul à avoir essuyé les critiques des candidats démocrates lors du dernier débat à Détroit. Certains n’ont pas hésité à s’en prendre à leur propre camp, en attaquant l’héritage de Barack Obama.

Avant le début de la deuxième soirée de débat, le président du Parti démocrate, Tom Perez, a demandé à la foule si le 44e président américain lui manquait. Une question accueillie par des applaudissements chaleureux.

Pourtant, quelques minutes plus tard, les critiques se sont multipliées à l’endroit de l’administration Obama.

Au coeur des critiques : l’immigration. Si les approches de leurs deux administrations sont bien différentes dans ce dossier, les déportations d’immigrants illégaux ont été plus nombreuses sous Barack Obama que sous Donald Trump.

On dirait que l'un d'entre nous a tiré les leçons du passé et que l'autre ne l'a pas fait, a par exemple lancé à Joe Biden Julian Castro, qui propose entre autres de décriminaliser les passages illégaux à la frontière. M. Castro a lui-même servi au sein de l’administration Obama en tant que secrétaire au Logement.

Autre thème récurrent : celui de l’assurance maladie. Alors que Joe Biden défend bec et ongles le système Obamacare, qui selon lui doit servir de base à toute expansion, d’autres candidats estiment qu’il faut être beaucoup plus ambitieux en ce qui concerne la couverture.

Nous avons une conversation honnête à propos d’une administration qui était incroyable, a par exemple souligné le sénateur du New Jersey Cory Booker, qui plaide pour l’importance de jeter un regard critique sur les erreurs commises par les démocrates.

Mais il y a aussi les impératifs stratégiques.

Avec un présumé meneur, l’ancien vice-président Joe Biden, qui s’associe à l’héritage de Barack Obama dès que l’occasion se présente (alors qu’Obama lui-même n’a donné son appui à aucun candidat), s’attaquer au bilan de la dernière administration démocrate permet de se démarquer.

L’idée n’est pas nouvelle. En 2015, pendant les primaires républicaines, Donald Trump a fait campagne en s’en prenant entre autres à l’administration de George W. Bush, notamment en lui reprochant l’implication militaire américaine en Irak.

Mais cette fois, le scénario est différent. Bush et sa guerre étaient impopulaires, alors qu’aujourd’hui Obama demeure une figure appréciée au sein de son parti.

Entre « progressistes » et « modérés », l’attachement à l’ancien président démocrate deviendra-t-il une nouvelle source de division?

En 2020, c’est en tout cas Donald Trump que devra affronter le vainqueur de l’investiture démocrate. Et le président sortant dispose d’un avantage de taille. Avec un taux d’approbation de son travail par 90 % des républicains, comme le dévoilait un récent sondage Gallup, il a derrière lui un parti uni.

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