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Vingt ans après les Jeux panaméricains, que reste-t-il au Manitoba?

La nouvelle salle du bassin principal de la piscine Pan Am avec le nouveau système d'éclairage.

Construite pour les Jeux panaméricains de 1967, la piscine Pan-Am a été renovée pour les Jeux de 1999, qui se sont déroulés à Winnipeg. Aujourd'hui encore, elle fait partie des infrastructures de niveau mondial pour les compétitions de plongeon et de natation.

Photo : Radio-Canada / Ron Boileau

Thibault Jourdan

En 1999, à cette époque de l’année, les 13es Jeux panaméricains battaient leur plein à Winnipeg. La capitale manitobaine était en pleine effervescence : 5000 athlètes de 42 pays différents et des dizaines de compétitions. Vingt ans plus tard, le legs matériel de ces jeux est moins visible que l'effet immatériel durable qu’ils ont eu sur les Manitobains.

Le vélodrome a disparu. Tout comme le stade de football rénové pour l’occasion ou encore l'aréna de hockey modernisé. En 2019, il est difficile de trouver à Winnipeg des traces d'infrastructures sportives utilisées lors des Jeux panaméricains de 1999. 

Il y a bien le stade de baseball Shaw Park et le centre athlétique Investors Group, à l’Université du Manitoba, mais c’est à peu près tout. Même la piscine Pan-Am, dont le nom évoque les Jeux, ne date pas de 1999, puisqu’elle avait été construite pour ceux de 1967.

« Avec des manifestations sportives de ce genre, il y a toujours beaucoup de rénovations d’infrastructures. Les gens ne le réalisent pas toujours », affirme le président et directeur de Sport Manitoba, Jeff Hnatiuk.

« La piscine Pan-Am, par exemple, a eu des rénovations majeures qui lui permettent d’être toujours l’une des meilleures au monde », poursuit-il.

« Cette piscine est considérée, encore aujourd’hui, comme l’une des plus importantes piscines pour les compétitions internationales de plongeon et de natation », renchérit Marc-Éric Bouchard, journaliste sportif à Radio-Canada, qui a couvert les Jeux panaméricains de 1999.

Développement professionnel

Selon les deux hommes, l’héritage le plus important laissé par ces Jeux, est l'effet qu’ils ont eu sur les Manitobains en général.

« L’ambiance était très bonne, il y avait beaucoup d’enthousiasme », se rappelle Jeff Hnatiuk.

Les Jeux panaméricains, pour les Manitobains, c’est des Jeux olympiques.

Marc-Éric Bouchard, journaliste sportif à Radio-Canada

Des milliers de Manitobains se sont d’ailleurs pris au jeu et se sont engagés comme bénévoles. Cet engagement a permis un développement professionnel, un héritage « immense », selon le président et directeur de Sport Manitoba.

« Ces gens ont pu ensuite participer à un niveau international et nous avons été en mesure de maintenir ce haut niveau de professionnalisme dans le milieu sportif », affirme Jeff Hnatiuk.

Ce vivier de Manitobains qui ont acquis des compétences dans l’hôtellerie, la relation avec les médias ou encore le transport et qui disposent d’une telle expérience a permis à la capitale manitobaine d’accueillir d’autres manifestations sportives d'envergure.

« C’est un héritage que les gens ne voient pas nécessairement physiquement, mais c’est une ressource qui est extrêmement précieuse », précise Jeff Hnatiuk.

« Winnipeg était très bien placée du point de vue des infrastructures sportives, mais c’est avec l’expertise des bénévoles de 1999 qu’on a permis de bien structurer l’organisation des Jeux d’été du Canada en 2017 », affirme Marc-Éric Bouchard.

Une ville revigorée à la confiance retrouvée

Outre la professionnalisation des bénévoles, ces Jeux ont redonné une fierté à Winnipeg. Quelques années auparavant, la capitale manitobaine avait perdu son équipe de hockey. « Le moral du point de vue sportif était très bas », se rappelle Marc-Éric Bouchard.

L’obtention des Jeux panaméricains constituait alors une « surprise de taille ». « La réputation de la ville sur sa capacité à présenter des événements sur la scène internationale a été rehaussée », ajoute-t-il.

« Ça a été un tournant, reprend Jeff Hnatiuk. Ça a positionné Winnipeg et le Manitoba comme une ville et une province qui pouvaient accueillir des événements de grande envergure. Ça a donné à notre communauté beaucoup de confiance. »

Cette confiance a permis à la capitale manitobaine de postuler pour accueillir d’autres compétitions. Depuis 1999, Winnipeg a accueilli, par exemple, deux Coupes Grey, la Coupe du monde féminine de soccer et les Jeux d’été du Canada. Winnipeg pourra-t-elle continuer sur cette lancée?

« Du point de vue des compétitions internationales, 1999 va rester dans la mémoire de bien des Manitobains parce que c’est peut-être le dernier événement d’importance dans le sport que les Manitobains auront vécu. Je serai très surpris de voir les Jeux panaméricains se produire une troisième fois à Winnipeg », répond Marc-Éric Bouchard.

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