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Porter la production biologique à bout de bras avec passion

Un homme tient une fourche à bout de bras et affiche un sourire. Il porte un t-shirt sur lequel est écrit : Farming like a rock star (cultiver comme une vedette rock).

Antoine Gendreau-Turmel, propriétaire de la Ferme de la coulée douce, située à Saint-Antoine-de-Tilly, porte fièrement un chandail sur lequel il est écrit : Farming like a rock star (cultiver comme une vedette rock).

Photo : fournie par Antoine Gendreau-Turmel

Radio-Canada

Antoine Gendreau-Turmel et Josée Breton cultivent en mode biologique depuis 13 ans. Leur travail a évolué au fil des ans et parmi les défis auxquels ils doivent faire face, il y a bien sûr les insectes.

Il y a quelques années, ce n’était pas un gros problème, on faisait une rotation des cultures, on était capables de gérer les insectes, mentionne d’emblée Antoine Gendreau-Turmel. En effet, aujourd’hui, il y a de nouveaux insectes. On dirait qu’avant, nos hivers rigoureux nous protégeaient de ça.

Pour vaincre les bestioles sans utiliser de pesticides, les producteurs biologiques doivent user de créativité, mais surtout, leurs champs doivent être très diversifiés. C’est clairement plus complexe [la culture biologique], beaucoup de prévention, il faut penser à la rotation des cultures, et la ferme est très diversifiée. Pour trois hectares - ce qui est un peu plus gros qu’un terrain de foot - nous avons une quarantaine de légumes différents.

Ainsi, pour leur Ferme de la coulée douce, dans Chaudière-Appalaches, Antoine et Josée utilisent des filets pour couvrir les champs, ils font aussi de la culture en serre, ils désherbent à la main. Mais tout ça demande beaucoup de temps et coûte cher, admet le producteur maraîcher biologique.

Il souhaite qu'il y ait plus de recherches sur le biologique au pays. Selon lui, ça aiderait les agriculteurs qui utilisent les pesticides et engrais chimiques en vue de diminuer leur dépendance à ceux-ci. Antoine Gendreau-Turmel estime qu'il devrait aussi y avoir plus de soutien pour les agriculteurs qui souhaitent obtenir une certification biologique.

La demande est là

Antoine Gendreau-Turmel souligne que l’engouement pour la production biologique se fait réellement sentir. Sa ferme affiche complet pour les paniers bio cette année, avec 300 abonnements pour les récoltes hebdomadaires.

Une femme met des légumes dans un sac.

Un point de collecte de paniers bio des Jardins de Sophie dans la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Photo : Radio-Canada / Priscilla Plamondon Lalancette

Du côté du Conseil des appellations réservées et des termes valorisants (CARTV), les statistiques récentes démontrent que le secteur biologique poursuit son développement au Québec en 2018. Par rapport à l’année précédente, le nombre d’entreprises agricoles avec une certification biologique a augmenté de 29 %. Le nombre total de ce type d'entreprises en sol québécois en 2018 était de 2083, alors qu'en 2017, il était de 1609.

Lorsque la Ferme de la coulée douce est née, il y a 13 ans, il y en avait 786.

Nouvelles entreprises détenant la certification biologique

Région de la Capitale-Nationale

- 20 entreprises au cours des 12 derniers mois

Bas-Saint-Laurent

- 50 entreprises au cours des 12 derniers mois

Chaudière-Appalaches

- 108 entreprises au cours des 12 derniers mois

Tout le Québec

- 648 entreprises au cours des 12 derniers mois

Source : Conseil des appellations réservées et des termes valorisants du Québec

Pour Antoine Gendreau-Turmel, il est clair que l’intérêt pour la production biologique continuera de croître. Il estime que les gens sont de plus en plus intéressés à savoir ce qu’ils achètent comme légumes et que les pesticides inquiètent aussi les consommateurs.

Les gens ne savent pas ce qu'il se passe dans la plupart des champs. Les monocultures, les grosses productions, ce sont de gros garde-manger pour les insectes ravageurs.

Antoine Gendreau-Turmel

Il souligne que cet automne, au provincial, il y aura des auditions publiques de la Commission de l’agriculture, des pêcheries, de l’énergie et des ressources naturelles au sujet des répercussions des pesticides sur la santé publique et l’environnement. Les personnes voulant y participer avaient jusqu’au 26 juillet dernier pour déposer un mémoire ou effectuer une demande d’intervention.

Cette semaine, Radio-Canada a obtenu la liste des 80 mémoires et demande d'intervention qui ont été adressés à la Commission.

Propos recueillis par Olivier Lemieux

Québec

Agriculture