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La Russie « teste la détermination de l'OTAN » lors d'exercices

Josée Kurtz est la première femme à commander un navire de guerre canadien et première à être nommée commodore d'une force opérationnelle de l'OTAN. Elle observe une carte.

Josée Kurtz est la première femme à commander un navire de guerre canadien et la première à être commodore d'une force opérationnelle de l'OTAN.

Photo : La Presse canadienne / Mike Dembeck

Radio-Canada

Les navires de guerre de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN) ont été mis à l'épreuve par les forces russes lors de deux récents exercices, au début juillet, en mer Noire.

Un texte de Murray Brewster, de CBC

La Canadienne qui dirige la force opérationnelle de l'alliance dans la région, la commodore Josée Kurtz, a déclaré à CBC News : Les navires russes se sont rapprochés, tandis que leurs avions descendaient en piqué et, de façon générale, rendaient leur présence évidente.

Ils étaient prêts à tester notre détermination en passant plus près de nous, a-t-elle relaté, mercredi, lors d'une entrevue téléphonique accordée à partir de son nouveau navire amiral, le NCSM Halifax, où elle a décrit les exercices de l'OTAN qui ont eu lieu au large des côtes de l'Ukraine et de la Bulgarie au début du mois.

Les remarques de la commodore Kurtz surviennent au moment où Moscou annonçait par l'intermédiaire de l'agence de presse TASS qu'au début d'août, 100 avions russes participeront à des exercices militaires en Crimée et aux alentours.

Mardi, les médias ont indiqué que la Russie a l'intention de fermer une grande partie de la mer Noire, y compris une partie dans les eaux internationales, pour des exercices navals à feu réel.

Pendant que les navires de l'alliance se trouvaient dans la région, jusqu'à 8000 kilomètres carrés de la mer Noire ont été déclarés hors limites, les navires russes y effectuant leurs propres exercices.

Certaines zones des eaux internationales avaient été désignées comme étant des zones fermées, ou des zones d'exercice actif, aux fins de la Fédération de Russie pendant que nous y étions. Mais bien sûr, nous surveillons, a déclaré Josée Kurtz, première femme à commander un navire de guerre canadien et première femme nommée commodore d'une force opérationnelle de l'OTAN.

Pendant les 20 jours qu'elle a passés dans la région, la force opérationnelle a été constamment dans l'ombre, et bien que le comportement des Russes puisse être qualifié de "sûr et professionnel", ils se sont plusieurs fois trop approchés des navires de l'OTAN.

La commodore Josée Kurtz, de l'OTAN

Activité russe croissante

Elle a refusé de donner davantage de détails, mais la marine ukrainienne a publié une déclaration, au début de l'exercice, affirmant que le destroyer russe Smetlivy s'était glissé dans une zone réservée aux exercices navals le 10 juillet – une accusation que le ministère russe de la Défense a niée.

Le 27 juillet, l'armée de l'air russe aurait intercepté un avion de patrouille maritime P-8A Poséidon de la marine américaine au large de la Crimée. L'incident a été filmé sur un téléphone intelligent par le pilote de chasse russe.

L'activité russe croissante dans la région a également incité l'armée de l'air américaine à transférer temporairement un escadron de drones MQ-9 Reaper de Pologne en Roumanie.

Steve Saideman, professeur en affaires internationales à l'Université Carleton, a déclaré qu'à la suite des événements de la dernière année, la région est plus tendue que d'habitude.

Il a cité un incident survenu en novembre dernier, au cours duquel les forces russes ont tiré sur trois patrouilleurs de la marine ukrainienne et les ont saisis dans le détroit de Kertch. Le drame entourant cet événement a pris une tournure inattendue ce mois-ci, quand l'Ukraine a saisi un pétrolier russe impliqué dans l'opération.

L'OTAN a clairement indiqué au printemps qu'elle avait l'intention de renforcer sa présence au large de l'Ukraine.

M. Saideman considère que les Russes pourraient interpréter la présence à leur porte d'un plus grand nombre de navires de guerre occidentaux comme une provocation.

Ils essaient maintenant de démontrer que la mer Noire est leur étang.

Steve Saideman, professeur en affaires internationales à l'Université Carleton

Il ne croit pas que la situation est sur le point de dégénérer en conflit ouvert. Mais le public devrait s'attendre à davantage de manœuvres et d'actions d'intimidation comme celles qui se sont produites dans la région durant l'été, avertit-il.

C'est une relation très hostile, et quiconque cherche à améliorer ses relations avec la Russie devra attendre encore un peu, ajoute M. Saideman.

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