•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La tordeuse des bourgeons de l'épinette, encore méconnue

Un papillon de la tordeuse des bourgeons de l'épinette sur une branche

Un papillon de la tordeuse des bourgeons de l'épinette sur une branche.

Photo : Radio-Canada

Djavan Habel-Thurton

Encore cette année, on peut observer sur la Côte-Nord des nuées de papillons de la tordeuse des bourgeons de l'épinette. Malgré l'abondance de l'insecte et le fait qu'il soit l'un des plus étudiés par les chercheurs québécois, plusieurs mystères persistent autour de sa reproduction, sa migration et la durée du cycle de son infestation.

Arbres rachitiques, secs ou simplement morts; les signes de l'infestation de tordeuse du bourgeon d'épinette apparaissent évidents sur la Côte-Nord et dans les autres régions forestières du Québec.

Le phénomène est aussi difficile à ignorer en raison des milliards de papillons de la tordeuse qui surgissent tout d'un coup chaque année.

Or, les chercheurs se posent encore de nombreuses questions sur cet insecte qui, à l'état de larve, s'attaque aux jeunes pousses des conifères.

Les aiguilles saines et vertes se retrouvent à côté d'autres rendues brunes, et en train de sécher.

L'impact du passage de la tordeuse des bourgeons de l'épinette est remarquable sur plusieurs branches.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

La tordeuse des bourgeons de l'épinette, lorsqu'elle est en période épidémique, elle peut migrer sur de très très grandes distances, d'une région à l'autre, souvent sur des centaines de kilomètres. Et on se demande à quel point cette migration-là, qui se produit en ce moment au mois de juillet, pourrait avoir un impact sur le déplacement de l'épidémie dans une autre région, explique Yan Boulanger, chercheur en écologie forestière de Ressources Canada.

Pour bien comprendre le déplacement, les chercheurs utilisent des radars météo, comme si les nuées de papillons étaient de la pluie ou de la neige.

Une vidéo du déplacement de la tordeuse capté par une carte radar météo.

La migration des papillons de la tordeuse à la fin juillet 2019.

Photo : Environnement Canada

Ils veulent aussi savoir si des femelles porteuses d'œufs effectuent la migration, et étendent ainsi l'infestation.

Pour le déterminer, des papillons sont capturés à environ 300 mètres d’altitude grâce à un ballon-sonde surmonté d’un filet.

Des cycles imprévisibles

M. Boulanger a mené des études approfondies pour tenter de comprendre les cycles de croissance et de déclin de la tordeuse.

En analysant les anneaux de croissance de vieux arbres, notamment ceux utilisés pour construire d'anciens bâtiments, il est possible de déterminer les années où la croissance était limitée par une infestation.

Des conifères rachitiques parmi des feuillus en santé

Les ravages de la tordeuse des bourgeons de l'épinette sont bien visibles sur la Côte-Nord.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

Malgré tout, il est difficile de prédire la fin de l'infestation actuelle.

C'est quand même très difficile à prévoir. Ça peut dépendre de plusieurs facteurs. Ça peut dépendre de l'environnement en soi, donc de la structure de la forêt. Ça peut dépendre de la charge en prédateurs ou en parasitoïdes qu'il y a dans le territoire. Ça peut aussi dépendre de facteurs climatiques qui sont quand même assez difficiles à prévoir d'une année à l'autre, énumère M. Boulanger.

Le chercheur a observé une certaine stabilisation de la population de tordeuses sur la Côte-Nord au cours des dernières années.

Au Bas-Saint-Laurent et en Gaspésie, cependant, elle est toujours en croissance.

Aussi bien dire que nous ne sommes pas sortis du bois.

Côte-Nord

Entomologie