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Abolition des frais de retard : la bibliothèque Alice-Lane fait des heureux

Une jeune fille lit un livre.

Les abonnés de la bibliothèque Alice-Lane peuvent emprunter jusqu'à 12 livres par enfant à la fois.

Photo : Radio-Canada / Vincent Lafond

Marie-Jeanne Dubreuil

Près de huit mois après l'abolition des frais de retard à la bibliothèque Alice-Lane, la Ville de Baie-Comeau affirme déjà que son projet pilote porte ses fruits.

Même s’il n’y a pas encore de chiffres officiels, la responsable de la culture et de la bibliothèque pour la Ville de Baie-Comeau, Marie Amiot, prévoit tout de suite les résultats : une augmentation des abonnements, des prêts et de la fréquentation.

On le constate : les gens prennent plus de livres, sont plus à l’aise, ils sont très heureux. On a eu d’excellents commentaires.

Marie Amiot, responsable de la culture et de la bibliothèque pour la Ville de Baie-Comeau

Accessibilité et démocratisation

Mis en oeuvre en décembre 2018, le projet pilote d’abolition des frais de retard a pour but de rendre la bibliothèque plus accessible.

Selon Mme Amiot, ces frais ne servent souvent qu’à pénaliser, voire à dissuader les jeunes familles d’abonnés, surtout celles plus démunies, pour qui une seule journée de retard peut signifier plusieurs dollars d'amende.

Les gens qui rapportaient nos livres qui étaient en retard savaient qu'il y aurait des frais à payer. Souvent, ils ne nous les rapportaient pas parce qu'il y avait un blocage, une gêne, ou ils les rapportaient en les déposant dans la chute à livres. Les frais s'accumulent au dossier et les gens ne revenaient plus à la bibliothèque, raconte-t-elle.

Ce qu'on veut, c'est récupérer nos livres et récupérer nos abonnés.

Marie Amiot, responsable de la culture et de la bibliothèque pour la Ville de Baie-Comeau

De façon un peu plus indirecte, ce projet pilote contribue à l’éveil éducatif des enfants, se réjouit l’enseignante au préscolaire Mélanie Labrie.

Tout ce qui est un incitatif à la lecture est une bonne chose. On sait que les enfants qui lisent ou qui s’intéressent à la lecture en bas âge auront plus de facilité avec l’apprentissage du français. Je suis très contente que cette initiative-là ait été prise dans ma ville.

Mélanie Labrie, enseignante
Une femme souriante, aux côtés de son fils.

Mélanie Labrie et son fils.

Photo : Radio-Canada / Vincent Lafond

Elle-même mère de deux enfants, Mme Labrie se dit soulagée de ne plus craindre les frais de retard.

Ça m’est arrivé une seule fois et, au nombre de livres que les enfants prennent, la facture s’élève rapidement. Pour moi, ce n’était pas nécessairement un frein, mais je sais que pour d’autres, ce l’est, dit-elle.

Confiance excessive?

Si le projet pilote semble bien accueilli par les abonnés, certains se montrent plus sceptiques. Père de deux enfants, Maxim Bard craint que la nouvelle mesure amène des excès de la part des abonnés.

J’ai déjà travaillé dans un club vidéo et c’était toujours problématique pour les retards. Les films ne revenaient pas. Je ne sais pas si ce sera différent avec la bibliothèque, souligne-t-il.

Mme Amiot admet que M. Bard n’est pas le seul citoyen à nourrir cette crainte. Elle se veut toutefois rassurante et assure que le nombre de retards n’a pas augmenté depuis huit mois.

Les gens sont habitués. Ils rapportent les livres et nous tentons d’éduquer ceux qui ne les rapportent pas, défend-elle.

Elle ajoute que la bibliothèque est dotée d’un système envoyant des courriels de rappel aux abonnés lorsque la fin de leur prêt approche.

Bien que le bilan officiel ne sera fait qu’en décembre, le projet pilote de la Ville de Baie-Comeau rayonne déjà dans la province. Marie Amiot affirme que plusieurs municipalités l'ont déjà contactée et s'apprêteraient à emboîter le pas dans leurs propres bibliothèques.

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