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Les tortues souffrent de polyarthrite et il est possible de la traiter

Une tortue verte sous l'eau.

Une tortue verte pensionnaire du Centre de soins de Kélonia.

Photo : Université de Montréal/Benoît Cruciani

Radio-Canada

Des cas de polyarthrite chez des tortues marines de l’île de la Réunion ont été diagnostiqués puis traités par des vétérinaires québécois et français.

Des employés du Centre de soins de Kélonia, un observatoire de tortues marines de l’île de la Réunion, ont constaté depuis 2013 que plusieurs de leurs tortues présentaient des gonflements articulaires.

Au cours de son stage effectué à l’observatoire pendant son doctorat supervisé par la Pre Claire Grosset, de la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal, Benoît Cruciani, aujourd’hui vétérinaire, a découvert que ces pensionnaires présentaient des symptômes de polyarthrite.

Les chercheurs Claire Grosset et Benoît Cruciani.

La Pre Claire Grosset et Benoît Cruciani.

Photo : Université de Montréal

Chez les humains, le rhumatisme inflammatoire chronique frappe les articulations des membres, notamment celles de la main et de l’avant-pied, ce qui crée de la douleur et des déformations.

Les tortues atteintes présentaient des signes de gonflements articulaires, particulièrement aux coudes aux pattes avant.

L’observatoire de Kélonia recueille des tortues blessées ou malades et les traite dans des bassins avant de les relâcher dans leur milieu naturel.

Pendant sa présence sur l'île, Benoît Cruciani a analysé une cinquantaine de tortues marines de quatre espèces : des caouannes, des vertes, des imbriquées et des olivâtres. Treize d’entre elles montraient des signes de polyarthrite.

La nageoire d'une tortue.

Mesure du diamètre d'une articulation d'une tortue.

Photo : Université de Montréal/Benoît Cruciani

Des patientes à quatre pattes

Les scientifiques ont ensuite réalisé un examen approfondi sur les tortues englobant des tests sanguins et des radiographies. Ils ont aussi noté certaines autres informations, notamment sur leur santé cutanée, respiratoire, digestive et nerveuse.

Leurs conclusions montrent que ces reptiles, qui appartiennent pour la plupart à des espèces menacées d’extinction, souffraient d’arthrite localisée, mais également de polyarthrite (qui frappe plusieurs articulations).

Les patientes présentaient une perte de poids et d’appétit.

Benoît Cruciani a aussi découvert que l'inflammation, liée à des infections bactériennes, apparaissait souvent après quelques années de captivité.

Deux tortues à la surface de l'eau.

Deux tortues traitées au Centre de soins de Kélonia. Elles seront réinsérées dans leur milieu naturel une fois guéries.

Photo : Université de Montréal/Benoît Cruciani

Dans plus de 75 % des cas, l’articulation d’un des deux coudes était atteinte, une réalité qui a mené l’équipe de soins à revoir ses méthodes de manipulation des tortues.

Ainsi, au lieu de les soulever en les attrapant par les nageoires, les soigneurs utilisent maintenant des civières pour soutenir le corps des tortues et pour diminuer les forces imposées aux articulations des nageoires.

Le traitement des patientes comprend maintenant l’administration d’un anti-inflammatoire et d’un antibiotique, qui permet de réduire le nombre de bactéries logées dans les articulations.

Des radiographies menées après huit jours de traitement ont montré que celui-ci ne donnait pas de résultats satisfaisants. Les vétérinaires ont donc augmenté progressivement la posologie et quadruplé la durée du traitement pour l’étendre sur un mois.

Les résultats se sont montrés beaucoup plus satisfaisants. L’antibiotique a détruit les bactéries dans les articulations, ce qui a stabilisé, et même atténué dans certains cas, les lésions osseuses.

Le détail de cette étude soutenue par l’Association française des vétérinaires de parcs zoologiques est publié dans le Journal of Wildlife Diseases (Nouvelle fenêtre) (en anglais).

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