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Chasse à l'homme : des conséquences psychologiques pour les communautés du Nord

Des équipes d'intervention armées de la police à York Landing.

Des équipes d'intervention armées de la police étaient à York Landing et dans les environs dimanche et lundi. Du jamais vu pour les habitants de la région.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Les opérations se poursuivent pour une neuvième journée consécutive, mercredi, dans le nord du Manitoba afin de retrouver deux fugitifs recherchés pour meurtres. Cette immense chasse à l'homme est un facteur de stress pour les habitants de la région, qui pourraient avoir besoin d’une aide psychologique, selon les dirigeants locaux.

C’était le retour au calme, mardi, à York Landing. Cette petite communauté autochtone de 500 habitants a été au coeur des recherches pendant 24 heures, quand des témoins ont cru apercevoir deux personnes qui ressemblaient à Kam McLeod et à Bryer Schmegelsky.

Les deux hommes sont suspects dans la mort d’un couple de touristes, dans le nord de la Colombie-Britannique, et ont été accusés du meurtre au deuxième degré d’un homme dans la même province.

Les recherches n’ont pas été concluantes à York Landing, et la Gendarmerie royale du Canada (GRC) est maintenant de retour à Gillam, un peu plus au nord, où les fugitifs ont été vus pour la dernière fois.

Même s’il ne semble plus y avoir de menaces imminentes à York Landing, la tension demeure, confie Leroy Constant, chef de la Nation crie de York Factory qui se trouve dans cette communauté.

Tout le monde reste bouleversé et inquiet.

Leroy Constant

Lorsque la police était sur place, elle avait demandé à la population de rester chez elle et de verrouiller portes et fenêtres, pendant que les hélicoptères, drones, unités canines et tactiques et avions des Forces armées canadiennes sillonnaient le secteur. Du jamais vu pour les gens d’ici, rappelle Leroy Constant.

Des agents de la GRC dans un camion lors d'une patrouille.

Lundi matin, les équipes de la GRC poursuivaient encore les recherches à York Landing.

Photo : Radio-Canada

Ce dernier estime que, lorsque tout sera terminé, les habitants des communautés isolées du Nord auront besoin d’une aide supplémentaire pour faire face à ce qui s’est passé.

Il veut faire venir des conseillers et des thérapeutes pour ceux qui ont besoin d’aide et a l’intention de faire appel aux services du gouvernement fédéral en cas de crise.

Des communautés ébranlées

Garrison Settee, grand chef de l’organisme Manitoba Keewatinowi Okimakanak (MKO), qui représente les Premières Nations du nord du Manitoba, pense aussi qu’il y aura des effets psychologiques durables.

Cela a été particulièrement intense pour les gens là-bas. C’est certain que ces petites communautés subissent un traumatisme.

Il annonce que l'équipe mobile de gestion de crise de MKO sera bientôt mise à la disposition de la communauté de York Landing.

Ce groupe est composé de travailleurs de soutien, qui sont régulièrement envoyés dans les communautés autochtones et les nations isolées, généralement pour des cas de drames familiaux ou des suicides. Garrison Sette explique que les membres de cette équipe se spécialisent dans les séances de verbalisation après un incident critique, les cercles de partage, le suivi psychologique individuel et la thérapie en santé mentale.

L’équipe a déjà été dépêchée dans la communauté crie de Fox Lake, près de Gillam, qui a aussi été au coeur des recherches la semaine dernière.

Deux hommes pris en photo par une caméra de surveillance.

Des images des suspects Kam McLeod et Bryer Schmegelsky enregistrées dans le nord de la Saskatchewan, avant leur arrivée au Manitoba.

Photo : GRC

Maintenant que le secteur de Gillam est à nouveau au centre des recherches, le maire Dwayne Forman indique que la Ville envisage elle aussi d’offrir des services de santé mentale pour soutenir les résidents lorsque la chasse à l’homme sera terminée.

Je pense qu'à court terme il y aura toujours une certaine inquiétude qui va régner et une appréhension qui va rester. On verrouille les portes. Et il y a ce sentiment de ne plus être totalement en sécurité dans notre communauté, note-t-il.

J'espère que nous pourrons revenir à la normale.

Dwyane Forman, maire de Gillam

Repos nécessaire

Brian Sauvé est coprésident de la Fédération de la police nationale, le syndicat qui représente les membres de la GRC. Il indique que la situation n’est pas unique pour les agents de la GRC sur le terrain qui sont préparés à de tels déploiements d’envergure, dans les cas de feux de forêt ou d’inondations, par exemple.

Mais, là, ils sont évidemment un peu plus vigilants, ajoute-t-il. Parce que, pendant une inondation, on ne pense pas sans arrêt que quelqu'un va nous tirer dessus. C’est un autre facteur d’épuisement.

Des hommes en uniforme râtissent un chemin avec un chien renifleur.

Unités canines et tactiques : une forte présence policière est toujours à Gillam.

Photo : Gendarmerie royale du Canada

Il reconnaît que les effectifs de la GRC et les militaires qui travaillent jour et nuit depuis plus d'une semaine auront eux aussi besoin de repos et de soutien à leur retour.

Fatigués, surmenés... Ils auront besoin de passer du temps avec leur famille, du temps pour décompresser.

Avec les informations de CBC

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