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Stratégie de recrutement des infirmières : la situation est « critique »

Quatre infirmières dans un corridor d'hôpital.

Il manquera 1300 infirmières au Nouveau-Brunswick d'ici 2028.

Photo : iStock / Photographerlondon

Patrick Lacelle

D’ici 2028, il manquera 1300 infirmières au Nouveau-Brunswick. De moins en moins de jeunes choisissent cette profession. Ils étaient près de 300 de moins inscrits en sciences infirmières en 2017 comparativement à 2011. La situation est « critique », selon le gouvernement provincial.

Mardi, le ministre de la Santé, Hugh Flemming, a annoncé une nouvelle stratégie afin de faire face à la pénurie d’infirmières. Tenant dans un document de 11 pages, la stratégie comprend 21 recommandations rassemblées sous 4 grands axes.

Nous avons une demande en soins de santé qui augmente de 5 % par année et une économie qui croît de 1,2 % par année. Cette pénurie, on la remarque surtout en soins infirmiers, chez les 8000 infirmières qui offrent ces soins au Nouveau-Brunswick, a indiqué le ministre Flemming.

Le gouvernement provincial a collaboré avec les réseaux de santé et les associations représentant les infirmières du Nouveau-Brunswick dans l’élaboration de cette stratégie. Au réseau de santé Vitalité, le document a donc été bien reçu.

Ce que je trouve intéressant, c’est qu’on voit vraiment une volonté, en plus du plan, de passer à l’action. Je pense que le fait - au lancement de la stratégie de recrutement - que tous les acteurs étaient réunis démontre, je pense, l’imputabilité et la responsabilité de chacun de faire sa part et de contribuer, a souligné Johanne Roy, vice-présidente des services cliniques au réseau Vitalité.

Les recommandations :

Promotion de la profession d’infirmière immatriculée au Nouveau-Brunswick

  • En somme, le gouvernement provincial compte créer des campagnes de promotion et promouvoir la profession auprès des jeunes dans les écoles secondaires.

Amélioration de la formation en sciences infirmières au Nouveau-Brunswick

  • Fredericton compte entre autres améliorer le processus relié à l’examen d’admission à la profession en collaborant avec les parties prenantes et envisage d'offrir des programmes d’aide financière aux étudiantes.

Recrutement de personnel infirmier formé à l’étranger

  • Le Nouveau-Brunswick souhaite recruter activement des infirmières et des infirmiers à l’étranger en s'appuyant sur une stratégie en matière d’immigration.

Amélioration de l’emploi des infirmières immatriculées

  • Le gouvernement vise l’amélioration de la conciliation travail-vie personnelle et la création d'un programme pour offrir des emplois permanents aux diplômés du Nouveau-Brunswick.

De son côté, l’opposition officielle croit que le gouvernement n’en fait pas assez. Pour le critique libéral en matière de santé, le député Jean-Claude D’Amours, deux aspects importants sont absents de cette stratégie : un échéancier et un budget.

Le gouvernement ne se donne pas d’objectif clair et il ne se donne pas les moyens parce qu’il faut dire que le rapport, le gouvernement l’a entre les mains depuis le début de l’année. Ils ont présenté un budget devant l’Assemblée législative et ils n’avaient aucune mesure à ce niveau-là pour le recrutement et la rétention des infirmières. Aujourd’hui, ils nous arrivent avec un rapport qui, on l’espère, ne tombera pas sur une tablette, a avancé le député.

Pour le directeur général de l’Association francophone des aînés du Nouveau-Brunswick, Luc Doucet, la pénurie d’infirmières, c’est du déjà-vu et le recrutement à l’étranger a déjà été fait. Il faut selon lui faire les choses différemment.

Au Nouveau-Brunswick, c’est clair qu’il y aura une crise majeure dans les soins de santé à l’intérieur des 10 prochaines années. On doit faire les choses de façon différente et cesser de reprendre toujours les mêmes choses et espérer des résultats différents, a-t-il indiqué mercredi matin en entrevue à l’émission Le réveil Nouveau-Brunswick.

Il faut par ailleurs revoir l’examen d’entrée à la profession, le NCLEX-RN, pour les francophones, selon M. Doucet.

L’accès aux services et soins en français et dans la langue de choix du patient, c’est tellement important, dit-il.

Il faudrait aussi, toujours selon M. Doucet, offrir de meilleures conditions de travail au personnel infirmier dans les foyers de soins afin d’améliorer le recrutement et la rétention des employés.

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