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Combattre les îlots de chaleur un arbre à la fois

La Ville de Montréal a planté des arbres en bordure de l'avenue Souligny, près de l'autoroute 25.

Photo : Radio-Canada / Olivier Bachand

Lorsque la chaleur accablante sévit, les secteurs ombragés sont très prisés, et pour cause. Planter des arbres demeure l'un des meilleurs moyens de combattre les îlots de chaleur, qui sont nombreux dans les grandes villes comme Montréal. Mais les résultats ne se font pas sentir du jour au lendemain.

Plus de 200 arbres surplombent la Promenade du Rail, à Lachine, située en bordure de la rue Victoria. Lors de journées très chaudes, les passants et les cyclistes peuvent profiter des zones ombragées. C'est tout un contraste, puisqu'il n'y avait aucun arbre à cet endroit il y a sept ans. La bande de terrain était en plein soleil lors des belles journées.

« On plante aujourd'hui pour que les arbres nous survivent. Dans 50 ans, on peut estimer que les arbres vont générer un corridor qui est particulièrement plus frais. Déjà, aujourd'hui, on en ressent les bénéfices », dit Jonathan Théorêt, le directeur général du Groupe de recommandations et d'actions pour un meilleur environnement (GRAME).

En collaboration avec les autorités municipales, son organisme a sélectionné et planté les arbres le long de la promenade. Le GRAME offre aussi ses services au milieu institutionnel et aux entreprises qui veulent verdir leur terrain. Parfois, l'organisme tente lui-même de convaincre des propriétaires de terrains d'aller de l'avant. Pour lutter contre la pollution et la chaleur, chaque arbre compte.

Dans les parcs industriels et les stationnements, par exemple, il y a souvent de l'espace pour planter des arbres, mais ces endroits sont loin d'être exploités à leur plein potentiel. Il y a cependant quelques exceptions.

L'hôtel Holiday Inn Express de Lachine, situé en bordure de l'autoroute 520, près de l'aéroport Montréal-Trudeau, a décidé de faire appel à l'organisme pour planter 146 arbres supplémentaires sur son terrain, notamment dans son stationnement.

« Si on regarde autour de nous, il n’y a pas grand-chose, pas d'arbres, dit le directeur régional de l'établissement, Imad Sawaya. On va faire notre part et j'espère que les autres vont faire la même chose », dit-il.

« Le meilleur temps pour planter un arbre, c'est toujours il y a 10, 15 ou 20 ans, dit Jonathan Théorêt. Aujourd'hui, il y a urgence climatique, il y a des canicules un peu partout sur la planète. Il ne faut pas attendre d'être au pied du mur pour planter, il faut planter aujourd'hui. »

Les arbres, des climatiseurs naturels

Les arbres et la végétation ont un réel impact sur la température lors de journées très chaudes. Entre les briques, l'asphalte et le béton du Mile End, il peut faire jusqu'à 10 degrés Celsius de plus que sur le mont Royal, situé à proximité, mais qui regorge de verdure.

« La présence de plus de végétation peut réduire la température dans le quartier et ça peut aller jusqu'à trois degrés, explique le Dr David Kaiser, de la Direction régionale de la santé publique de Montréal. Ça peut paraître petit, mais croyez-moi, lors d'une journée chaude, ça fait une différence. »

Selon lui, les secteurs les plus touchés par le phénomène des îlots de chaleur sont les quartiers centraux, comme le Sud-Ouest, Le Plateau-Mont-Royal et Hochelaga-Maisonneuve, où la densité de population est plus élevée, et la végétation, généralement moins présente qu'ailleurs.

La Ville de Montréal a planté des arbres en bordure d'un stationnement, au coin des rues Hochelaga et Honoré-Beaugrand, un secteur considéré comme un îlot de chaleur.

La Ville de Montréal a planté des arbres en bordure d'un stationnement, au coin des rues Hochelaga et Honoré-Beaugrand, un secteur considéré comme un îlot de chaleur.

Photo : Radio-Canada / Olivier Bachand

La Ville de Montréal s'attaque elle aussi au phénomène. Dans le cadre de son Plan d'action canopée 2012-2021, elle s'est fixé l'objectif de planter dans la métropole 98 000 arbres en 10 ans. En mai dernier, plus de 82 000 arbres avaient été plantés.

D'ici 2025, l'administration municipale veut faire passer la canopée de la métropole, c'est-à-dire le territoire couvert par la cime des arbres, de 20 % à 25 %. Bref, créer de nouvelles zones ombragées un peu partout en ville, en se concentrant sur les îlots de chaleur.

Dans Mercier, aux coins des rues Hochelaga et Honoré-Beaugrand, la ville a retiré une bande d'asphalte dans le stationnement d'un petit centre commercial, en bordure du trottoir, pour y planter quelques arbres. Quelques dizaines d'arbres ont aussi été plantés en bordure de l'avenue Souligny, près de l'autoroute 25.

« Les arbres ont vraiment un impact très très important au niveau local. Si on va 10 mètres plus loin, on le sent moins, mais quand on est vraiment à proximité des arbres, c'est un impact qui est direct », dit Virginie Angers, une ingénieure forestière de la Ville.

L'an dernier, une centaine d'aménagements comme ceux-ci ont été ajoutés un peu partout en ville. Cette année, ce sera plus de 300.

Le combat se mène un arbre à la fois.

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