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Les algues bleu-vert envahissent déjà les plages du lac Winnipeg

Des algues bleu-vert recouvrent les plages du lac Winnipeg.

Des algues bleu-vert recouvrent les plages du lac Winnipeg.

Photo : Trish Richardson

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Des algues bleu-vert toxiques sont apparues plus tôt que d'habitude sur les plages du lac Winnipeg, alors même qu'approche la date limite imposée par la province à la Ville de Winnipeg pour qu'elle établisse un plan d'action afin de limiter la quantité de phosphore relâchée dans les eaux qui alimentent le lac.

Plusieurs habitants qui vivent le long des côtes affirment n'avoir jamais vu une telle quantité d’algues bleu-vert. Ces algues pullulent lorsqu’il y a une concentration trop élevée de phosphore dans l’eau.

« On regarde simplement notre lac mourir », déplore Trish Richardson, dont la famille a un chalet à Victoria Beach depuis trois générations.

« C’est de pire en pire chaque année et ça se produit de plus en plus tôt. Quand on était enfants, c’était seulement quelques jours au début du mois d’août. Maintenant, on voit des algues dès la mi-juillet », ajoute-t-elle.

Trish Richardson n’est pas la seule à être inquiète. Plusieurs de ses voisins sont de plus en plus exaspérés par ces algues et le manque de mesures pour régler le problème.

« J’ai l’impression qu’on peut écrire tant qu’on veut aux politiciens, ils ne répondent pas vraiment et rien n’est fait », lance Mme Richardson.

Winnipeg sommée de nettoyer ses eaux usées

Le phosphore qui se retrouve dans l’eau provient de plusieurs sources, dont les produits d’entretien ménager, les ruissellements de pluie provenant des champs, ou encore les eaux usées mal nettoyées, selon Mario Campbell, qui fait partie de la Lake Winnipeg Foundation.

Toutefois, l’un des principaux coupables est en réalité l’une des plus grandes stations d’épuration de Winnipeg, par où transitent 70 % des eaux usées de la capitale manitobaine.

La province a d’ailleurs donné jusqu’au 31 juillet à la Ville de Winnipeg pour présenter un plan visant à réduire la quantité de phosphore que son usine de traitement des eaux usées, située dans le North End, relâche dans la rivière Rouge.

À l’heure actuelle, la station d’épuration ne traite pas les phosphores présents dans les eaux usées. Par conséquent, l’eau relâchée dans la rivière Rouge, et qui rejoint ensuite le lac Winnipeg, contient trois fois plus de phosphore que la limite autorisée.

Pas de nouvelle station d'épuration avant 2035

David Driedger, porte-parole de la Ville de Winnipeg, a déclaré par voie de communiqué que Winnipeg est engagée dans la lutte pour protéger le lac Winnipeg à travers « des investissements continus pour améliorer les infrastructures des usines de traitement des eaux ».

Winnipeg ne prévoit cependant pas la construction d’une nouvelle station d’épuration avant 2035.

En attendant, la province exige que la Ville propose un autre plan pour réduire le phosphore.

L'utilisation d'une solution chimique provisoire appelée chlorure de fer, qui est utilisée pour traiter le phosphore dans les Grands Lacs, est une option, selon M. Campbell.

« Les algues sur le lac Winnipeg ne sont pas un problème nouveau et, malheureusement, il nous faut parfois des événements de ce type pour nous rappeler véritablement, non seulement les défis auxquels fait face le lac Winnipeg, mais aussi les problèmes », conclut-il.

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