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Les requins victimes de la pêche en haute mer

Un requin qui se dirige vers la caméra.

Les zones les plus reculées des océans offrent peu de refuge aux requins contre la pêche industrielle.

Photo : iStock

Radio-Canada

Pas moins de 50 % des pêches intentionnelles ou involontaires de requins s’effectuent en haute mer dans les eaux internationales, en dehors des eaux sous autorités nationales, indique une étude internationale à laquelle ont participé pas moins de 150 biologistes de 26 pays.

Ces scientifiques ont procédé à 1600 opérations de marquage à travers le monde afin d’étudier les déplacements de ce poisson carnivore à la nageoire dorsale si distinctive.

Ils ont ainsi suivi environ 2000 requins d’une vingtaine d’espèces. De ce nombre, 154 individus de 10 espèces ont été suivis à l'aide de balises satellites.

Un requin blanc se fait identifier par des chercheurs.

Un requin blanc de 600 kg nommé Hilton, identifié par le groupe de chercheurs Ocearch en mars 2017 en Caroline du Sud.

Photo : La Presse canadienne / Robert Snow

Les informations recueillies montrent que même les zones les plus reculées de l'océan offrent peu de refuges aux requins contre la pêche industrielle en haute mer qui se déroule hors des zones économiques exclusives dépendant directement des États riches en nourriture.

Il faut savoir que plusieurs espèces sont protégées, mais qu’elles sont des victimes secondaires de la pêche qui cible d’autres espèces de poissons, mais dont les appâts attirent aussi les requins.

Carte des eaux internationales.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les eaux internationales qui sont hors des zones économiques nationales apparaissent en bleu foncé.

Photo : Wikipédia

Le plus inquiétant est que 24 % des régions où séjournent les requins sont le théâtre d’une pêche intensive.

C’est la pêche palangrière (des milliers de kilomètres de nylon équipé de millions d’hameçons) qui est la plus meurtrière pour les requins, avec une incidence de 71 %.

Ces résultats ne sont pas surprenants, car les requins fréquentent les zones à haute productivité biologique, qui sont favorables à la présence des espèces ciblées par la pêche.

Les auteurs de cette étude publiée dans la revue Nature (Nouvelle fenêtre) (en anglais) affirment qu’il est urgent d’agir et de mieux gérer ces zones océaniques où séjournent préférentiellement ces prédateurs marins, dont les deux tiers des espèces sont en danger ou vulnérables et dont le quart est menacé d’extinction.

Repères

  • Il existe plus de 400 espèces de requins.
  • Le nombre d'espèces menacées est passé de seulement 15 espèces en 1996 à plus de 180 espèces en 2010, dont 30 en voie d'extinction.
  • Les quelque 100 millions de requins pêchés chaque année le sont pour leur viande, mais ils sont appréciés pour leurs ailerons, particulièrement en Asie, où ils sont servis en soupe.

Vers une gestion plus adaptée?

Des outils traditionnels, comme les quotas de capture ou la mise en place d’aires marines protégées, pourraient permettre d’améliorer la situation.

De nouvelles technologies pourraient aussi permettre de suivre par satellites les requins et les bateaux, ce qui pourrait mener à la fermeture en temps réel, ponctuelle et géographiquement ciblée, de certaines régions dans l’objectif de diminuer l’impact de ces pêches sur ces espèces importantes pour les écosystèmes.

Protection des espèces

Science