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Traque dans le nord du Manitoba : « On est de retour à la case départ »

Des policiers en uniforme marchent en ligne.

Des agents de la GRC passent au peigne fin la zone autour de Gillam, au Manitoba, à la recherche de Kam McLeod et Bryer Schmegelsky.

Photo : Gendarmerie royale du Canada

Les fugitifs Kam McLeod et Bryer Schmegelsky parviennent depuis plus d'une semaine à échapper à la police dans le nord du Manitoba. Après des recherches infructueuses à York Landing, la Gendarmerie royale du Canada (GRC) a réorienté ses recherches autour de Gillam.

Les deux hommes de 18 et 19 ans étaient toujours introuvables mardi. Leur dernier signalement à York Landing n’a pas pu être confirmé par la GRC, qui ratissait le secteur depuis dimanche.

Le corps de police a donc décidé de rapatrier ses équipes dans le secteur de Gillam, où les recherches avaient commencé la semaine dernière.

Par ailleurs, le barrage routier à l’intersection des routes provinciales 280 et 290 a été retiré.

La GRC a indiqué que ses agents ont visité toutes les maisons de Gillam et de la Première Nation crie de Fox Lake, qui sont environ 500.

La police fédérale a également déclaré, mardi, avoir reçu plus de 260 renseignements au cours des sept derniers jours et qu’« aucun n’indique que les suspects sont à l’extérieur du secteur de Gillam ».

Un maire « déconcerté »

Le maire de Gillam, Dwayne Forman, s’est dit « déconcerté » d'apprendre que les renseignements selon lesquels les deux suspects avaient été vus à York Landing n’avaient rien donné.

« On est de retour à la case départ », dit le maire, qui espérait que les deux fugitifs seraient arrêtés à York Landing.

« Ce que je souhaite, c’est que tout le monde soit en sécurité et fasse preuve de vigilance. On ne sait pas s’ils sont dans la zone ou pas », ajoute-t-il, tout en affirmant qu’il est satisfait du travail de la GRC.

Il ne faut pas « se décourager »

Depuis le début de la traque des deux fugitifs au Manitoba, la GRC est relativement avare quant aux détails qu’elle fournit aux médias. C'est dans son intérêt, affirme un ancien agent de la police fédérale à la retraite, Rob Creasser.

Il n’y a pas que les gens honnêtes qui surveillent les médias, selon lui. Les suspects gardent un œil sur ce qui est dit dans la presse. « Donc, on ne veut pas leur donner trop d’informations [sur les activités policières] », ajoute-t-il.

D’autres experts en chasse à l’homme affirment que Kam McLeod et Bryer Schmegelsky sont peut-être aussi aidés par des amis, de la famille ou des voisins.

Lenny DePaul explique que les traques ne se limitent pas aux policiers qui passent au peigne fin la forêt dense entourant Gillam. Il y a, parallèlement, une enquête sur les fugitifs. « [Les policiers] explorent toutes les pistes, tout le monde », déclare celui qui a autrefois dirigé la U.S Marshal Fugitive Task Force, chargée de retrouver les pires fugitifs des États-Unis.

Après plus d’une semaine de recherches dans le nord de la province, aucune piste sérieuse ne semble avoir été découverte par la GRC.

« Les agents de première ligne qui ont sillonné la forêt pendant des heures sans rien trouver sont certainement frustrés », pense Rob Creasser, qui est aussi porte-parole de l’Association canadienne professionnelle de la police montée.

Le travail, en tant que policier, c’est d’attraper les méchants, et ces derniers n’ont toujours pas été capturés. C’est ce qu’on veut faire.

Rob Creasser, ancien policier de la GRC

Il affirme par ailleurs que la déception de la part des agents de la GRC ne doit pas interférer avec leur tâche : ils sont toujours à la recherche de deux hommes suspectés de trois meurtres.

Le professeur de criminologie à l’Université Carleton, à Ottawa, Darryl Davies est convaincu que la GRC fait tout son possible. Des agents lourdement armés ont établi des barrages routiers, fouillé des bâtiments abandonnés, fait voler des drones et utilisé des images thermiques la semaine dernière.

« Je pense que le plus gros défi pour les policiers, c’est qu’ils cherchent une aiguille dans une botte de foin », dit-il. Il croit aussi que l’armée devrait participer aux recherches au sol, en plus des moyens aériens qu’elle a déjà déployés. Les Forces armées canadiennes sont plus entraînées à faire des recherches en terrain difficile que les policiers, dont le travail est généralement limité aux villes et le long des routes.

Les parents, un facteur déterminant

Une ancienne policière de la GRC, Kim Watt-Senner, affirme pour sa part que plus la chasse à l'homme dure, plus c’est difficile pour les policiers qui ont mis leur vie personnelle de côté.

Elle ajoute que le public ne devrait pas être découragé par le manque de progrès apparent : la police en sait toujours plus que ce qu’elle laisse transparaître.

Peu importe à quel point ce cas est exceptionnel, les policiers suivent les procédures.

Kimm Watt-Senner, ancienne policière de la GRC

« C’est important aussi que le public sache que les renseignements qu’il fournit à la police sont appréciés parce que c’est probablement grâce à ça que les suspects vont finir par être attrapés », ajoute-t-elle.

Mais Kim Watt-Senner pense qu’un facteur déterminant dans toute cette affaire pourrait être un message des parents des fugitifs les implorant de se rendre.

« Il faut qu’ils voient à quel point leurs parents sont anéantis par leurs actes. Peut-être que ça pourrait être le tournant qui leur ferait tout arrêter », conclut Mme Watt-Senner.

Chasse à l'homme pour retrouver deux fugitifs, notre couverture
Avec les informations de CBC

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