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Recours contre des sociétés éoliennes : « La bataille est loin d’être gagnée »

Une éolienne près d'une grange.

Selon l'avocat qui représente les plaignants dans cette affaire, Eric Gillespie, il y a des motifs raisonnables et probables que des infractions à la Loi ontarienne sur la protection de l'environnement aint été commises.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Pham

Rose St-Pierre

Selon des experts, il sera difficile de prouver que le ministère et trois entreprises d’énergie verte aient commis une infraction environnementale en permettant le rejet de contaminants par l'installation et l’exploitation d'éoliennes dans la région de Chatham-Kent.

Un juge de paix de la Cour de justice de l'Ontario a déterminé vendredi qu'il existe des motifs raisonnables et probables de croire que des infractions environnementales ont été commises par le ministre de l'Environnement de l'Ontario et trois sociétés éoliennes industrielles.

Mais la bataille est loin d’être gagnée, prédit le professeur émérite en énergie éolienne, Jean-Louis Chaumel. Selon le consultant en énergie verte, plusieurs recours similaires ont été déposés à travers le pays, souvent sans gain de cause.

Malgré tout, la voie des tribunaux est souvent privilégiée par les groupes de pression contre les projets éoliens. Il s’agit, selon le professeur, d’un des derniers recours pour les populations qui ont vu des éoliennes se multiplier sur leur territoire, puis qui ont constaté des conséquences négatives sur leur milieu de vie.

La racine de ces revendications et de ces frustrations est profonde. En Ontario, ça se manifeste maintenant par des contestations sur la qualité de l’eau. À l’Île-du-Prince-Édouard, ça s’est plutôt manifesté par des déclarations que des personnes devenaient malades [...] Mais dans tous les cas, la cause origine [provient] d’une mauvaise concertation avec les populations concernées au tout début du projet, explique-t-il.

D’autant plus que les recours contre les gouvernements pour manque de diligence raisonnable en matière d’environnement sont loin d’être fructueux, avance Lydia Miljan, professeure de science politique à l’Université de Windsor.

Une éolienne et le soleil.

Le groupe de pression Water Wells First reproche depuis des années aux éoliennes du secteur de sécréter du sable, du limon et des fragments de schiste noir qui se retrouvent ensuite dans l'eau potable des puits.

Photo : Yvon Thériault/Radio-Canada

Si cette voie fonctionnait, nous aurions un environnement beaucoup plus propre, parce que les gouvernements seraient plus responsables devant les tribunaux en matière de protection de l’environnement, a-t-elle déclaré en entrevue avec CBC. Mais tout cela n’a pas été le cas dans le passé.

Toutefois, le présent recours concernant le parc éolien de Chatham-Kent, dans le Sud-Ouest de l’Ontario, se distingue parce qu’il place le gouvernement de Doug Ford en position délicate, croit Lydia Miljan.

Il est difficile de prédire comment le [gouvernement progressiste-conservateur de l’Ontario] réagira à cela, a déclaré Mme Miljan.

Le gouvernement de Doug Ford s’est ouvertement exprimé contre l’énergie éolienne : bien avant que la campagne électorale ne débute, le leader conservateur Doug Ford décriait déjà les parcs éoliens de la province lors de ses sorties publiques.

Ce serait peut-être un moyen facile pour eux de s’en sortir en disant simplement : “Oui, vous avez raison, nous sommes d’accord avec vous et nous allons arrêter ces turbines ou nous allons les déclasser”, et blâmer ensuite le gouvernement précédent, croit la professeure.

Une victoire pour les citoyens touchés

Des résidents de Chatham-Kent frustrés par la construction d'éoliennes ont organisé un blocus le 29 août pour réclamer l'arrêt des travaux.

Des résidents de Chatham-Kent frustrés par la construction d'éoliennes ont organisé un blocus en 2017 pour réclamer l'arrêt des travaux.

Photo : Radio-Canada / Derek Spalding

Michel Michaud, un ancien habitant de Chatham-Kent, croit que l’eau de son puits a été contaminée par la construction des éoliennes non loin de sa résidence. Il associe aussi les éoliennes à des problèmes de santé qu’il a ressentis dès la construction des premières turbines. C’est pourquoi il a choisi de déménager à 60 km au nord de sa résidence, à Pétrolia, après s’être battu contre les entreprises d’éoliennes pendant plusieurs années.

En apprenant que le gouvernement et trois sociétés de production d’énergie verte seraient traînés en cour à ce sujet, il s’est dit satisfait.

Je suis content pour les gens, les fermiers, a-t-il lancé en entrevue téléphonique. Selon lui, le gouvernement va avouer que c’était leur faute et que c’est les éoliennes qui causent des problèmes dans les puits.

Le ministère de l'Environnement de l'Ontario et l'Association canadienne de l'énergie éolienne ont tous deux déclaré ne pas vouloir commenter l'affaire.

La décision du tribunal survient environ une semaine après que le ministre du Travail de l’Ontario et député provincial de Lambton-Kent-Middlesex, Monte McNaughton, a annoncé une enquête indépendante sur l’approvisionnement en eau de Chatham-Kent.

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Windsor

Environnement