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  • Il y a 45 ans, une grenade tuait six cadets de la base militaire de Valcartier

    Funérailles des cadets en 1974. Cadets qui transportent le cercueil.

    Funérailles des six cadets décédés par accident sur la base militaire de Valcartier.

    Photo : Radio-Canada

    Radio-Canada

    Le 30 juillet 1974, sur la base militaire de Valcartier, six jeunes cadets périssent à la suite de l'explosion accidentelle d'une grenade. Les témoins, les victimes ainsi que leurs familles ont attendu plus de 40 ans avant que les Forces canadiennes ne reconnaissent leur détresse et ne les indemnisent adéquatement. Nos journalistes sont revenus sur cette tragédie.

    On ne pourra jamais oublier parce que c’était vraiment une scène d’horreur. C’est ce qu’on va voir à la guerre, ce qu’on voit à la télé, dans les films. Ça a été très très difficile; à 14 ans, 15 ans, 16 ans, on ne comprend pas ce qui arrive.

    Témoin, ancien cadet de la base militaire de Valcartier

    Téléjournal Québec, 30 juillet 2009

    Une vraie grenade parmi les engins de formation

    Au Téléjournal Québec du 30 juillet 2009, la journaliste Catherine Lanthier revient sur le déroulement du funeste événement de 1974.

    C’est durant un cours abordant la sécurité des explosifs que l’impensable se produit. Parmi les engins désamorcés devant être manipulés durant la formation, une vraie grenade se loge. Un cadet en tire la goupille et l’actionne.

    Sur les 130 cadets de la Compagnie D présents ce jour-là, six perdent la vie et une cinquantaine sont blessés, certains gravement.

    Personne n’a jamais pu expliquer comment l’engin avait pu atterrir dans le matériel de formation.

    Clermont Morin dit se sentir coupable, car même s’il ne donnait pas le cours, il était en position d’autorité en tant que sergent-major au camp des cadets en 1974 :

    Quand cette boîte de carton est entrée dans la salle de lecture, déjà les gens avaient vu à l’intérieur la couleur olive d’une vraie grenade. Personne n’est intervenu, car ils savaient que c’était un officier qui donnait le cours.

    Clermont Morin, sergent-major au camp des cadets en 1974

    En 1977, l’instructeur qui donnait la formation est déclaré non coupable à la suite d'une poursuite pénale qui avait été intentée contre lui.

    Un rapport de l’ombudsman des Forces qui vient réparer l’injustice

    Comme les cadets de l’armée ne sont pas protégés par la même loi que les anciens combattants, les jeunes blessés et leurs familles ont eu du mal à obtenir des compensations financières.

    Ce n’est que 40 ans plus tard que les anciens cadets et leurs familles obtiendront réparation.

    J’ai eu besoin d’une chirurgie pour retirer des pièces de la grenade qui étaient en moi. Pour les autres cadets qui ont eu des séquelles beaucoup plus sérieuses, malheureusement, il y a eu un abandon total de la défense.

    Michel Juneau-Katsuya, expert en sécurité nationale et ancien cadet de la base Valcartier.

    Le 28 juillet 2015, la journaliste Guylaine Bussières assiste au dépôt du rapport de l’ombudsman des Forces armées canadiennes à la suite de la tragédie de 1974 à Valcartier.

    Téléjournal, 28 juillet 2015

    L’ombudsman est sans équivoque « les victimes ont été laissées à elles-mêmes par les Forces ».

    Le rapport recommande d’évaluer et d’assumer les soins requis pour chacune des victimes et de leur accorder une indemnité financière. Un soulagement pour les témoins et leur entourage aux prises avec des séquelles psychologiques.

    On est marqué pour la vie avec ça. Ça ne s’oublie pas.

    Membre de la famille d’une victime

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    Société