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200 rennes morts de faim en Arctique, les changements climatiques mis en cause

Un renne au poil blanc au milieu de la toundra.

Un renne dans la toundra de l'archipel du Svalbard, en Norvège

Photo : Getty Images / MARTIN BUREAU

Radio-Canada

Environ 200 rennes ont été retrouvés morts de faim sur l'archipel norvégien du Svalbard, dans l'Arctique. Ce nombre inhabituellement élevé s'explique par les changements climatiques dans la région, a indiqué lundi l'Institut polaire norvégien.

Au cours de leur cartographie annuelle de la population de rennes sauvages sur ce groupe d'îles, situées à 1200 km du pôle Nord, l'Institut polaire a recensé cet été quelque 200 cadavres de cervidés, morts de faim au cours de l'hiver passé.

Cheffe du projet de recensement, Åshild Ønvik Pedersen voit dans ce très haut degré de mortalité une conséquence du réchauffement climatique, qui est deux fois plus rapide dans l'Arctique que dans le reste du monde, selon les climatologues.

Les changements climatiques font qu'il pleut beaucoup plus. La pluie tombe sur la neige et forme une couche de glace sur la toundra, rendant les conditions de pâture très mauvaises pour les animaux.

Åshild Ønvik Pedersen, de l'Institut polaire norvégien

Un lichen inaccessible

Les rennes se nourrissent généralement de lichen qu'ils dénichent l'hiver en grattant la neige avec leurs sabots. Les alternances de gel et de redoux peuvent cependant former une ou plusieurs couches de glace impénétrables par leurs sabots, ce qui prive ces animaux de nourriture.

Depuis que la population des rennes du Svalbard a commencé à faire l'objet d'un suivi, il y a 40 ans, une si forte mortalité des rennes n'a été enregistrée qu'une fois – à l'issue de l'hiver 2007-2008 – selon Mme Ønvik Pederse.

Des rennes plus nombreux sur un même territoire

Cette mortalité élevée est aussi due à une nette augmentation du nombre de rennes sur l'archipel norvégien. Ces animaux entrent ainsi en compétition pour les mêmes zones de pâture, a précisé la chercheuse.

Selon l'Institut polaire norvégien, le nombre de rennes au Svalbard, qui mesure environ 61 000 km2 a doublé depuis les années 1980 pour atteindre aujourd'hui environ 22 000 têtes.

Avec les informations de Agence France-Presse

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