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Des ouvriers travaillent à la construction du chemin de fer à Sept-Îles.

Inauguré en 1954, le chemin de fer reliant Sept-Îles à Schefferville a propulsé l'industrie du fer au Canada.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Il y a 65 ans, l’exploitation minière de la compagnie Iron Ore s’amorçait à Schefferville. Le premier chargement de fer acheminé par train vers Sept-Îles à l’été 1954 représente un tournant pour cette industrie au pays.

Filiale d'une compagnie américaine, l’Iron Ore du Canada (IOC) a été constituée en 1949 en vue d’exploiter le minerai de fer au Labrador et dans le Nord québécois.

Pendant trois ans, 7000 ouvriers travaillent à la construction d’une route ferroviaire reliant la ville côtière de Sept-Îles aux gisements miniers.

Le 1er août 1954, tout le gratin politique converge vers Sept-Îles. Le premier ministre du Québec Maurice Duplessis et son homologue de Terre-Neuve Joey Smallwood assistent à l’arrivée au quai du premier chargement de fer de la minière IOC.

Sept-Îles n’est désormais plus un modeste village de pêcheurs.

Plus encore, les deux provinces viennent de se tailler une place sur l’échiquier mondial de l’industrie du fer.

Schefferville, la capitale du fer

Le développement minier du Nouveau-Québec est symbolisé par la capitale du fer, à 325 milles au nord de Sept-Îles et en bordure de la frontière du Labrador : Schefferville.

La journaliste Judith Jasmin

Champ libre, 24 février 1965

Comme l’expose ce reportage réalisé pour l’émission Champ libre du 24 février 1965, la ville de Schefferville a proprement été créée par l’Iron Ore.

« Ici, tout le monde est locataire d’un même seigneur », souligne la journaliste Judith Jasmin. « Les contes de fées sont dépassés par les ingénieurs et les financiers de l’Iron Ore ».

Les maisons, les écoles, l’hôpital, le centre récréatif, tout a été construit et payé par la compagnie américaine.

Naguère un royaume pour les chasseurs montagnais, la ville de Schefferville a été fondée en 1955 sur le site de l’énorme gisement de minerai de fer.

Suivront au début des années 60 les villes minières de Gagnon et de Labrador City. Dans le même souffle, l'Iron Ore aménage une usine de production à Sept-Îles.

Wagon de train soulevé par une grue au port de Sept-Îles.

Le port de Sept-Îles joue un rôle central dans le développement minier du Nord québécois.

Photo : Radio-Canada

Les Québécois se limitent-ils à un rôle de figuration dans cette grande entreprise? s’interroge la journaliste Judith Jasmin.

Devant une carte identifiant le territoire du Nouveau-Québec, le ministre des Ressources naturelles René Lévesque lui assure qu’il n’en est rien.

Le gouvernement québécois s’active « pour qu’on ne soit pas toujours les employés, mais qu’on puisse être aussi les participants » de ce boom minier.

« Au Nouveau-Québec, tout commence », conclut Judith Jasmin. « C’est le moment ou jamais de choisir quelle doit être notre participation au développement du pays, d’être présents enfin! C’est la chance que nous offre un pays tout neuf ».

Format 30, 11 janvier 1971

Quelques années plus tard, c’est au tour de l’émission Format 30 de capter des images saisissantes du développement minier sur la Côte-Nord.

Dans cet extrait du reportage diffusé le 11 janvier 1971, le journaliste Jean Ducharme s’entretient avec trois résidents de la région qui lui vantent la vie qu’on y mène.

On est un peu sous l’impression : c’est loin, c’est dans le Nord, il fait froid. Mais une fois qu’on est rendu, c’est vrai qu’il fait froid, c’est vrai qu’on est un peu isolé, mais on je crois qu’on est pris par son travail. On est pris par la nature.

Un employé de la minière IOC
Véhicules lourds sur le site la mine de l'Iron Ore à Schefferville.

Au courant des années 70, l'Iron Ore compte plus de 7000 employés dans ses mines au Canada.

Photo : Radio-Canada / André Le Coz

Au début des années 70, l’économie de la Côte-Nord est florissante.

Les hommes interviewés parlent néanmoins du cran qu’il a fallu pour investir, vingt ans plus tôt, cette terre promise.

Dans ce pays gigantesque et si loin, « on réalise des choses hors de la mesure de l’homme », confie l’un d’eux.

La route ferroviaire, longue de 575 kilomètres, construite en même temps que Schefferville, représente l’épine dorsale de ce nouveau Québec.

« On savait que le jour où le chemin de fer arriverait à Schefferville – qui était en construction à ce moment-là. On savait que là, le minerai commencerait à descendre et que l’exploitation commencerait ici », confie celui qui s’est engagé dans le secteur minier dès 1949.

Panneau de l'Iron Ore du Canada identifiant le quai de transbordement de Contrecœur.

L'Iron Ore a également construit des installations à Contrecœur afin de transborder le minerai sur les barges des Grands Lacs.

Photo : Radio-Canada

À la fin des années 70, l’industrie sidérurgique nord-américaine est en perte de vitesse. Les conflits de travail se multiplient à l’Iron Ore, avec notamment deux grèves d’importance.

La compagnie Iron Ore du Canada annonce l'arrêt des activités minières à Schefferville à l’automne 1982, provoquant une véritable onde de choc sur la région.

Malgré la volonté de son président Brian Mulroney de lui trouver une nouvelle vocation, la fermeture de la mine entraîne la quasi-fermeture de Schefferville.

Sur les quelque 4000 habitants que comptait la ville dans ses meilleures années, il ne restera plus que quelques centaines de personnes après le 1er juillet 1983, pour la plupart des autochtones.

Mine de fer à ciel ouvert de l'Iron Ore à Schefferville, en 1977.

Le site de la mine de l'Iron Ore à Schefferville, en 1977.

Photo : Radio-Canada / André Le Coz

Depuis quelques années, Schefferville connaît un second souffle grâce à une montée du prix du fer.

Les communautés autochtones ont également repris le contrôle du chemin de fer, participant à la relance économique de la région.

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