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Un pansement qui traite les plaies plus rapidement

Un garçon montre une blessure à son genou.

Le PAA permet de soigner les blessures cutanées.

Photo : iStock / PeopleImages

Radio-Canada

Des pansements créés par des scientifiques américains et canadiens permettent de refermer les plaies plus rapidement et augmentent par le fait même la vitesse de cicatrisation.

Le bon vieux pansement adhésif est sur le point de subir une cure de rajeunissement. Des pansements adhésifs actifs (PAA) ont été mis au point par des équipes des universités Harvard et McGill.

L’invention est active mécaniquement, extensible, résistante, très adhérente et antimicrobienne.

Un pansement adhésif actif.

Le PAA se contracte lorsqu'il chauffe à la température du corps, ce qui lui permet d'accélérer la guérison des plaies ouvertes de la peau.

Photo : Institut Wyss de l'Université Harvard

Elle repose sur des hydrogels thermosensibles qui préviennent la croissance bactérienne dans les coupures, les éraflures, les ampoules et toutes autres blessures à la peau.

On peut recourir à cette technologie non seulement pour les lésions cutanées, mais également pour les plaies chroniques, comme les ulcères diabétiques et les plaies de lit.

David Mooney, professeur à l’Institut Wyss de l’Université Harvard

Jusqu’à tout récemment, la plupart des lésions à l’épiderme étaient traitées à l’aide d’un pansement adhésif qui préserve l’humidité, soulage la douleur et réduit l’exposition aux microbes. Mais ces pansements ne contribuent pas activement à la cicatrisation.

Depuis quelques années toutefois, des pansements plus évolués permettent la cicatrisation en libérant des médicaments à un endroit précis.

Ces pansements restent coûteux et difficilement adaptables, ce qui limite leur utilisation à grande échelle.

Inspirés par les embryons

Les PAA sont inspirés des embryons, dont la peau possède la propriété d’autoguérison, sans former de tissu cicatriciel.

Les cellules cutanées embryonnaires autour d’une plaie produisent des filaments composés de la protéine actine, qui se contractent afin de rapprocher les bords de la plaie.

Cependant, durant le développement, les cellules cutanées perdent cette propriété. Les lésions survenant par la suite entraînent de l’inflammation et la formation de tissu cicatriciel pendant le processus de guérison.

Pour réussir à reproduire les forces de contraction qui permettent aux lésions cutanées embryonnaires de se refermer, les chercheurs ont créé des hydrogels adhésifs résistants en leur ajoutant un polymère thermosensible hydrophobe et rétractable à environ 32,2 °C.

Ainsi, lorsqu’il est exposé à la température du corps, cet hydrogel se contracte et transmet l’énergie du polymère en contraction aux tissus grâce à de solides liaisons entre eux.

Des nanoparticules d’argent sont intégrées au PAA pour offrir une protection contre les microbes.

Le PAA s’est lié aux tissus cutanés porcins avec une force d’adhérence plus de 10 fois supérieure à celle d’un Band-Aid, tout en prévenant la croissance bactérienne.

Benjamin Freedman, Institut Wyss de l’Université Harvard

« Cette technologie est donc d’ores et déjà bien meilleure que celle de la plupart des produits d’usage courant pour la protection des plaies, et ce, sans même tenir compte de ses propriétés favorisant la fermeture des plaies », explique M. Freedman.

Les PAA permettent aussi de fermer les plaies plus rapidement que d’autres traitements. De plus, il ne provoque pas d’inflammation.

Les chercheurs espèrent maintenant réaliser d’autres études précliniques afin de montrer le potentiel des PAA.

Le détail de cette percée est décrit dans la revue Science Advance (Nouvelle fenêtre) (en anglais)

Médecine

Science