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Le nouvel ALENA devra encore attendre avant d’être ratifié par les États-Unis

Les drapeaux des États-Unis, du Mexique et du Canada, placés côte à côte.

À ce jour, seul le Mexique a donné son feu vert à l’ACEUM

Photo : AFP

Radio-Canada

La Chambre des représentants des États-Unis est entrée lundi en mode vacances avant la ratification de l'Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM), qui remplacera l'ALENA, suscitant des craintes sur son sort.

Des experts commerciaux des deux côtés de la frontière évoquent la possibilité que le président Donald Trump profite de cette pause estivale de cinq semaines pour se retirer de l’accord conclu en septembre dernier à l'issue d'âpres négociations. M. Trump a d’ailleurs brandi cette menace à plusieurs reprises au cours des négociations avec le Canada et le Mexique.

À ce jour, seul le Mexique a donné son feu vert à l’ACEUM, qui doit permettre aux trois pays de continuer de s'échanger des milliards de biens et services sans droits de douane.

Sa ratification par les États-Unis n'est pourtant pas garantie. Les démocrates, majoritaires à la Chambre des représentants, y semblent pour l'instant réfractaires, notamment parce qu'ils jugent insuffisantes les dispositions relatives à la protection des droits des travailleurs et de l’environnement.

L'accord pourrait en outre se retrouver pris en otage par l'intensification du conflit qui oppose le président Trump à la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, la démocrate la plus puissante de Washington.

Selon Cyndee Todgham Cherniak, avocate en commerce international, basée à Toronto, les démocrates vont vouloir apporter des changements importants à l’accord, ce qui risque de retarder sa ratification pendant plusieurs mois.

Les démocrates chercheront à perfectionner leurs arguments contre l’ACEUM en vue des prochaines élections américaines de 2020, ce qui risque de provoquer Trump.

Cyndee Todgham Cherniak

Trump espérait que le premier ministre Justin Trudeau l’aiderait à convaincre les démocrates à faire passer l’ACEUM devant le Congrès, affirme Mme Todgham Cherniak. Il pourrait accuser le premier ministre canadien de ne pas avoir assez fait pour la ratification de l’accord […] et si les démocrates utilisent l’accord contre lui lors de la campagne électorale, il pourrait s’en prendre au gouvernement Trudeau.

Pour sa part, Lawrence Herman, spécialiste du commerce international à Toronto, se dit sceptique quant à la possibilité de voir Trump tourner le dos à l’ACEUM, parce que cela jetterait de l’incertitude sur l’économie avant les élections.

Les républicains et le monde des affaires réagiraient mal si Trump se retirait de l’accord, mis à part les graves problèmes juridiques qui s’ensuivraient s’il décidait un retrait sans le consentement du Congrès, explique M. Herman.

L’économie américaine va connaître un ralentissement, selon plusieurs experts, et l’incertitude que générerait un retrait de l'ACEUM avant les élections de 2020 devrait convaincre Donald Trump de ne pas embarquer dans cette démarche.

Lawrence Herman

Interrogé sur cette question, M. Trudeau a reconnu que le « contexte politique est difficile en ce moment à Washington ». Nous bénéficions encore de l’actuel accord ALENA qui assure aux Canadiens l’accès au marché nord-américain, mais nous attendons toujours la ratification du nouvel accord, a-t-il dit.

À Ottawa, Adam Austen, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, affirme que la ministre Chrystia Freeland va poursuivre ses discussions avec les membres du Congrès américain. Notre but est toujours d’évoluer en tandem avec les États-Unis, a dit M. Austen.

Avec les informations de La Presse canadienne

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