•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Pékin appelle l'exécutif de Hong Kong à punir les auteurs des violences

Un manifestant porte un casque, un immense masque et des lunettes de plongée.

Ces derniers temps, la Chine a condamné de plus en plus fortement les violences à Hong Kong.

Photo : AFP/Getty Images / ANTHONY WALLACE

Agence France-Presse

Le gouvernement chinois a appelé lundi l'exécutif de Hong Kong à sanctionner les auteurs de violences et à « rétablir l'ordre au plus vite », au lendemain de nouvelles manifestations dans l'ex-colonie britannique.

Lors d'une conférence de presse à Pékin, une responsable du Bureau des affaires de Hong Kong et de Macao – l'organe chinois chargé des relations avec la métropole chinoise – a estimé que les manifestations des derniers mois avaient gravement compromis la prospérité et la stabilité du territoire.

Nous pensons que pour l'heure, la tâche prioritaire de Hong Kong est de sanctionner les actions violentes et illégales en conformité avec la loi, de rétablir l'ordre au plus vite et de maintenir un environnement propice pour les affaires.

Xu Luying, porte-parole du Bureau des affaires de Hong Kong et de Macao

La mobilisation partie début juin du rejet du projet hongkongais – désormais suspendu – d'autoriser les extraditions vers la Chine s'est muée au fil des semaines, pour Pékin, en un défi d'une ampleur sans précédent depuis la rétrocession en 1997.

Si la Chine a condamné ces derniers temps de plus en plus fortement les violences dans sa région semi-autonome, elle a globalement laissé l'exécutif local gérer une situation qui relève de ses prérogatives.

Cette conférence de presse du Bureau des affaires de Hong Kong et de Macao a été suivie avec attention par les Hongkongais pour y déceler tout indice d'une implication plus directe des autorités chinoises dans la crise qui ébranle la mégapole du sud du pays.

Des protestataires « de plus en plus violents », selon la police

Un policier tente d'arrêter un manifestant, plaqué au sol, pendant qu'un autre policier pointe son arme vers d'autres personnes non loin.

Les policiers ont procédé à de multiples arrestations dimanche à Hong Kong.

Photo : Reuters / Edgar Su

Dimanche soir, des manifestants prodémocratie ont pour une deuxième journée d’affilée affronté la police, sur l'île de Hong Kong, ce qui a donné lieu aux scènes les plus violentes observées à ce jour sur le territoire.

Ces échauffourées se sont produites près du Bureau de liaison chinois, qui représente l'autorité de Pékin dans la région semi-autonome.

Dans un communiqué, la police a annoncé lundi matin que 49 « manifestants radicaux » avaient été arrêtés pour diverses infractions la veille, et affirmé que les protestataires étaient « de plus en plus violents ».

La police a accusé les manifestants de lancer des briques, des bouteilles, des bombes de peinture, des liquides corrosifs et fait même état de billes métalliques projetées au moyen d'une arbalète. Des arcs et des flèches ont aussi été récupérés sur les lieux des affrontements, selon les forces de l'ordre.

La police a riposté avec un emploi massif de gaz lacrymogène et de balles en caoutchouc, les unités d'élite intervenant dans la foulée pour arrêter les manifestants qui restaient à la traîne. Les autorités ont fait état lundi de 16 blessés.

Samedi, des affrontements avaient déjà ponctué une manifestation à Yuen Long, près de la frontière chinoise. En soirée, des heurts avaient opposé des groupes de manifestants à la police antiémeute. La police a parlé de 13 arrestations samedi et les autorités hospitalières ont dénombré 24 blessés, dont 2 graves.

Hormis la suspension du projet controversé sur les extraditions, la cheffe du gouvernement local de Hong Kong Carrie Lam n'a donné aucun signe de recul. Depuis le début de la crise, ses apparitions en public se sont limitées à des visites aux policiers blessés ou à quelques conférences de presse.

Le mouvement, parti du rejet du projet de loi, s'est élargi à des revendications de réformes démocratiques, sur fond d'inquiétude générée par l'ingérence jugée grandissante de Pékin dans les affaires intérieures de l'ex-colonie britannique.

Les manifestants ont de plus en plus visé les symboles de la présence chinoise. Le 21 juillet, le Bureau de liaison du gouvernement chinois a été la cible de jets d'œufs et de graffitis, des actes qualifiés d'« absolument intolérables » par Pékin qui avait appelé à « punir les coupables ».

Hong Kong est dorénavant pris dans « un cercle vicieux », a déclaré dimanche à l'AFP la députée prodémocratie Claudia Mo. L'usage de la force s'intensifie des deux côtés, mais il existe un déséquilibre majeur puisque la police possède des armes létales.

Crises politiques

International