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Concerts bruyants : le « test » Heavy Montréal

Le groupe Suffocation à Heavy Montréal 2016

Photo : evenko/Pat Beaudry

Radio-Canada

De nouvelles règles ont été mises en place cet été pour limiter le bruit émis par de nombreux festivals musicaux montréalais, qui se sont attiré maintes critiques au cours des dernières années. Ce week-end, le festival de musique métal Heavy Montréal représentait une excellente occasion d’en mesurer l’efficacité.

Les nouvelles règles imposent des limites claires aux spectacles organisés au parc Jean-Drapeau. À l'exception de certains événements bénéficiant d’une exemption spécifique, il faut se limiter à un niveau de bruit de 75 décibels audibles (dBA).

Les événements déjà prévus pour lesquels des contrats avaient été préalablement signés bénéficient d’une marge de 5 dBA supplémentaires. Dans tous les cas, une limite de bruit en basses fréquences, qui peuvent être entendues de loin, est aussi entrée en vigueur.

Le nouvel amphithéâtre du parc Jean-Drapeau, Espace 67, bénéficie qui plus est de neuf tours à délais qui permettent de diminuer la propagation du bruit à l’extérieur des îles sans trop atténuer l’expérience des festivaliers, vers lesquels ce bruit est redirigé.

Des niveaux sécuritaires

Les nouvelles limites imposées sont bien en deçà du bruit habituellement émis par des concerts comme ceux présentés à Heavy Montréal. En règle générale, un concert employant des amplificateurs produit autour de 110 décibels.

C’est un peu plus qu’une scie à chaîne, avec 100 décibels, et un peu moins qu’une sirène de véhicule d’urgence, qui en produit 120.

Un tel niveau de bruit peut être nocif si on s’y expose de façon prolongée sans se protéger les oreilles.

Dans le milieu du travail, on considère qu’il est sécuritaire d’être exposé à un bruit atteignant 90 décibels pendant 8 heures. Au-delà de ce seuil, le temps d’exposition recommandé décroît de moitié par tranche de 5 décibels.

En quête d’équilibre

Néanmoins, il semble que la musique reste audible à Saint-Lambert, tout juste en face du parc Jean-Drapeau, dont de nombreux résidents se plaignent du volume de la musique des festivals depuis des années.

C’est le cas de Marielle Blain, qui accuse les fréquents spectacles d'avoir causé ses acouphènes. Elle trouve que les nouvelles règles permettent un niveau bruit qui demeure dérangeant, mais les accueille volontiers comme un pas important dans la bonne direction. C’est beaucoup moins agressant que par le passé, convient-elle.

Le volume de la musique à Heavy Montréal a du moins assez baissé pour décevoir une partie des festivaliers, bien qu’ils soient aussi nombreux à le juger satisfaisant. Il faut ce qu’il faut, relativisent certains d'entre eux.

D'après un reportage de Jacaudrey Charbonneau

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