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Plus de 5 M$ de primes promises aux dirigeants et employés de Trans Mountain

Des tuyaux de pipeline.

L'agrandissement de Trans Mountain triplera la capacité du pipeline existant et permettra ainsi de transporter près de 900 000 barils par jour de l'Alberta à la côte de la Colombie-Britannique.

Photo : The Canadian Press / JASON FRANSON

Radio-Canada

Avant même que le projet du pipeline Trans Mountain soit approuvé, les dirigeants et des employés de la société de la Couronne se sont vu offrir plus de cinq millions de dollars en primes.

Trois millions de dollars iront aux dirigeants, alors que 2,48 millions de dollars seront versés aux employés en 2021. Ces primes ont été accordées lors d’une réunion du conseil qui s’est tenue en décembre 2018, alors que le projet Trans Mountain était encore en suspens.

Le conseil d’administration de la nouvelle société de pipeline appartenant au gouvernement a approuvé à l’unanimité ces primes qui ont pour but de fidéliser les hauts dirigeants et les employés jusqu’en 2021, c’est-à-dire après l'achèvement prévu de l'agrandissement du pipeline Trans Mountain.

Le PDG de Trans Mountain Corporation, Ian Anderson, et neuf autres membres de l’équipe de direction se partageront ainsi 3,01 millions de dollars dans le cadre d'un plan incitatif à long terme, selon des documents obtenus par CBC News grâce à une demande d’accès à l’information.

Photo de Ian Anderson.

Ian Anderson, le président-directeur général de Trans Mountain Corporation.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Les procès-verbaux ne précisent pas combien chaque dirigeant recevra ou si l'argent sera réparti de manière égalitaire. De plus, 81 membres qui ne font pas partie de la haute direction pourront aussi se partager un bonus supplémentaire de 2,48 millions de dollars.

Pour obtenir des primes, ils devront respecter quatre critères précis :

  • L’Office national de l’énergie et le cabinet doivent approuver le pipeline au plus tard en juin (ce qui est déjà le cas).
  • Le pipeline doit être prêt à être utilisé.
  • L'entreprise doit atteindre et même dépasser ses objectifs en matière de santé, de sécurité et d'environnement.
  • Le projet doit respecter les délais et le budget.

Trans Mountain soutient que les primes sont « comparables » à celles offertes dans le secteur privé. Elles s'ajoutent aux 3 millions de dollars de primes de rétention annoncés il y a environ un an pour Ian Anderson et le premier vice-président, David Safari.

M. Anderson, l'ancien président de Kinder Morgan Canada Ltd., est resté à la tête du projet d'expansion de Trans Mountain après que le gouvernement eut annoncé en mai 2018 qu'il achetait le projet pour 4,5 milliards de dollars.

Le terminal de Burnaby.

La Ville de Burnaby, où est situé un terminal de Trans Mountain, s'oppose depuis longtemps au projet d'agrandissement du pipeline. Celui-ci augmenterait de beaucoup la circulation de pétroliers dans les eaux de la municipalité.

Photo : La Presse canadienne / Jonathan Hayward

La Cour fédérale avait suspendu la construction du gazoduc en août 2018 après avoir déterminé que l'impact de l'augmentation du trafic de pétroliers au large de la Colombie-Britannique n'avait pas été correctement pris en compte et que les communautés autochtones n’avaient pas été suffisamment consultées.

L'Office national de l'énergie a achevé son deuxième examen en février et publié 16 nouvelles recommandations. Le gouvernement fédéral a également mené de nouvelles consultations auprès des communautés des Premières Nations et métisses, et il a renouvelé son approbation pour l'agrandissement du pipeline en juin 2019.

Critiques des partis d'opposition

Les conservateurs n’ont pas hésité à critiquer le gouvernement libéral dans ce dossier, estimant qu’il manque de transparence concernant la construction du pipeline ainsi que son exploitation.

Ils ont rendu les Canadiens propriétaires du gazoduc. Ils doivent indiquer clairement aux Canadiens le calendrier de construction, la date de mise en service et tous les coûts que cela implique pour les contribuables, y compris la rémunération des dirigeants et de telles primes, a dit Shannon Stubbs, élue conservatrice de l’Alberta.

Le chef du NPD, Jagmeet Singh, a quant à lui condamné l'hypocrisie du gouvernement fédéral.

Jagmeet Singh.

Le chef du Nouveau Parti démocratique du Canada, Jagmeet Singh, dénonce l'hypocrisie du gouvernement fédéral.

Photo : Radio-Canada

Cela montre qui va vraiment profiter de ce projet. Encore une fois, les plus riches et les plus puissants recevront des bonus, tandis que le reste des Canadiens paieront le prix de l'hypocrisie climatique de M. Trudeau, a-t-il déclaré dans un communiqué.

Non seulement les Canadiens devront payer le prix de l'impact de ce pipeline sur l'environnement, mais ils devront maintenant payer pour ces primes.

Jagmeet Singh, chef du NPD

Des primes normales

Richard Masson, membre de la haute direction de la School of Public Policy de l'Université de Calgary qui a travaillé dans le secteur pétrolier et gazier, a déclaré que la rémunération lui semble comparable aux primes offertes par d'autres sociétés de gazoducs et de services publics.

M. Masson a ajouté que si le Canada veut que les meilleurs talents construisent le pipeline, il doit payer le prix fort.

C'est un marché concurrentiel. Nous sommes en concurrence avec les États-Unis, a-t-il déclaré.

Il a évoqué la rémunération gagnée par Ian Anderson en 2017, soit plus de deux millions de dollars, primes et autres rémunérations connexes comprises.

L'agrandissement de Trans Mountain triplera la capacité du pipeline existant et permettra ainsi de transporter près de 900 000 barils par jour de l'Alberta à la côte de la Colombie-Britannique.

Il augmentera de près de sept fois le trafic de pétroliers au large des côtes britanno-colombiennes. Le pipeline produira directement 400 000 tonnes d'émissions de gaz à effet de serre.

Pour défendre le projet, le gouvernement fédéral a assuré que la construction à elle seule pourrait créer 15 000 emplois, dont 2500 emplois directs sur trois ans.

Selon Ressources naturelles Canada, l'exploitation du pipeline devrait par la suite nécessiter l'équivalent de 440 travailleurs à temps plein.

Avec les informations de CBC

Industrie pétrolière

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