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Nucléaire : l’Iran va continuer à réduire ses engagements

Le négociateur iranien face aux micros, quelques instants avant le début de son point de presse.

Abbas Araqchi, chef des négociateurs iraniens sur la question du nucléaire.

Photo : AFP / ALEX HALADA

Radio-Canada

L'Iran a l'intention de relancer les activités du réacteur nucléaire à eau lourde d'Arak, poursuivant son désengagement de l'accord sur le nucléaire de 2015, a déclaré dimanche Ali Akbar Salehi, le chef de l'Organisation de l'énergie atomique iranienne, selon l'agence de presse Isna.

Isna cite un parlementaire ayant participé à la réunion pendant laquelle M. Salehi a fait cette annonce. Un réacteur à eau lourde peut servir à produire du plutonium de qualité militaire utilisé dans la confection d'une bombe atomique.

Dans un rapport publié début 2016, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) avait indiqué que Téhéran s'était conformée à ses engagements pris à Vienne en 2015 en retirant le cœur du réacteur de la centrale d'Arak et en y coulant du béton pour qu'elle ne soit plus opérationnelle.

Mais depuis la décision prise l'an dernier par Donald Trump de retirer les États-Unis de l'accord de Vienne et de rétablir les sanctions contre l'Iran, la République islamique a commencé à revenir sur ses propres engagements, notamment en dépassant le seuil maximal d'enrichissement de l'uranium qui lui avait été imposé.

Une vue générale de la centrale d'Arak avec, à l'arrière-plan, les montagnes.

Le réacteur doit fournir une énergie de moins de 40 mégawatts thermiques, et l'irradiation du combustible générerait 9 ou 10 kg de plutonium par an.

Photo : Reuters / Stringer Iran

Ces violations sont toutefois considérées comme marginales et réversibles à ce stade. Étranglé économiquement, l’Iran a répété mardi que Téhéran continuerait à s'affranchir de ses engagements, en reprochant aux pays européens signataires de ne pas respecter les leurs.

L’Iran exige notamment de pouvoir pleinement reprendre ses exportations de pétrole. Le pays détient la quatrième réserve d’or noir du monde, et avant le retour des sanctions américaines, il exportait plus de 2,5 millions de barils par jour.

D’après les experts de l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS, France), le pétrole représente entre 60 et 70 % des exportations iraniennes.

Tentatives de résolution de conflit

Les tentatives européennes, en particulier celle du président français Emmanuel Macron, d'aboutir à une percée permettant de sauver ce texte sont jusqu'à présent restées sans effet.

Pour tenter de sortir de cette crise, les États signataires de l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien – l'Iran, la France, le Royaume-Uni, l'Allemagne, la Chine et la Russie – se sont réunis dimanche à Vienne.

« L'atmosphère était constructive », a commenté Abbas Araqchi, chef des négociateurs iraniens sur la question du nucléaire. « Les discussions étaient bonnes. Je ne peux pas dire que nous ayons tout résolu, je peux dire qu'il y a eu beaucoup d'implications », a-t-il déclaré.

M. Araqchi affirme aussi que Téhéran va continuer à réduire ses engagements « jusqu'à ce que les Européens garantissent les intérêts de l'Iran dans le cadre de l'accord » sur le nucléaire.

Cette réunion intervient dans un contexte de grande tension, après qu'un pétrolier battant pavillon britannique a été arraisonné par les Gardiens de la révolution islamique, unités paramilitaires d'élite placées sous le commandement d'Ali Khamenei, le guide religieux de la révolution iranienne.

Cet incident faisait suite à la capture, deux semaines auparavant, d'un pétrolier iranien accusé d'avoir violé les sanctions contre la Syrie par les forces britanniques près de Gibraltar.

Avec les informations de Reuters, et Agence France Presse

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