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Manifestations à Hong Kong : nombreuses arrestations près du bureau de liaison chinois

Un policier tente d'arrêter un manifestant, plaqué au sol, pendant qu'un autre policier pointe son arme vers d'autres personnes non loin.

Les policiers ont procédé à de multiples arrestations dimanche à Hong Kong.

Photo : Reuters / Edgar Su

Agence France-Presse

La police de Hong Kong a tiré dimanche des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc sur des manifestants prodémocratie, sortis par dizaines de milliers dans les rues au cœur de la mégalopole malgré l'interdiction des autorités.

La contestation contre le gouvernement local pro-Pékin, qui entre dans sa huitième semaine, est marquée pour le deuxième jour consécutif par des incidents après des violences lors d'une manifestation également interdite, samedi, à Yuen Long, près de la frontière chinoise.

Les heurts de dimanche se sont produits en fin d'après-midi près du bureau de liaison du gouvernement chinois à Hong Kong, symbole de la présence chinoise et déjà cible, une semaine auparavant, de jets d’œufs et de graffitis. Pékin avait alors dénoncé des actes absolument intolérables et appelé à punir les coupables.

La tension était montée tout au long de l'après-midi, alors qu'une foule de plusieurs dizaines de milliers de manifestants arpentait les rues, bravant l'interdiction de la police qui n'avait autorisé qu'un rassemblement statique dans un parc.

Des personnes dans une manifestation portant des masques chirurgicaux, des affiches et des parapluies.

Les manifestants se sont rassemblés dans l'après-midi dans la mégalopole, mais se sont vite éparpillés pour marcher dans les rues plutôt que de rester sur le seul lieu de rassemblement autorisé.

Photo : AFP / VIVEK PRAKASH

Un groupe d'environ 200 manifestants parvenu jusqu'au bureau de liaison s'est retrouvé face à face avec la police antiémeute qui gardait en force le bâtiment. La police a appelé les manifestants par haut-parleurs à mettre fin à leur rassemblement illégal avant de tirer des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc.

Des policiers protègent un autre policier qui lance du gaz lacrymogène.

La police de Hong Kong a fait usage de gaz lacrymogènes et de balles de caoutchouc pour tenter de disperser les manifestants, dimanche.

Photo : Getty Images

Les manifestants ont riposté avec des briques et des pierres, puis ont été repoussés par une charge de policiers munis de matraques.

Deux hommes poussent un amas de cartons en feu.

Un groupe d'environ 200 manifestants parvenu au bureau de liaison chinois s'est retrouvé face aux policiers.

Photo : Reuters / Edgar Su

Parallèlement, une foule plus nombreuse de manifestants s'est rendue dans le quartier commerçant de Causeway Bay, où la présence policière semblait plus restreinte. Les manifestants y ont érigé des barricades et bloqué une artère principale tandis que les magasins et centres commerciaux baissaient le rideau.

Les affrontements ont ensuite brusquement cessé peu avant minuit, quand des protestataires ont battu en retraite.

Des dizaines de blessés la veille

La veille, de violents incidents avaient éclaté à Yuen Long, dans les nouveaux territoires, à l'issue d'une manifestation interdite rassemblant des dizaines de milliers de personnes. Selon des sources hospitalières, 24 personnes ont été blessées, dont deux grièvement.

Les manifestants, à Yuen Long, protestaient pacifiquement contre l'agression de militants prodémocratie le dimanche précédent, attribuée à des triades – des gangs violents –, qui avait fait 45 blessés. Mais en soirée, des heurts ont opposé des groupes de manifestants à la police antiémeute.

La police a fait état de 13 arrestations, dont celle d'un jeune militant, Max Chung, qui avait déposé une demande pour la manifestation.

Après le saccage, début juillet, du parlement hongkongais, l'attaque du bureau de liaison du gouvernement chinois, le 21 juillet, avait constitué un nouveau défi à l'autorité de Pékin.

Hong Kong prise dans un « cercle vicieux »

Hong Kong est dorénavant prise dans un cercle vicieux, a déclaré dimanche la députée prodémocratie Claudia Mo. L'usage de la force s'intensifie des deux côtés, mais il existe un déséquilibre majeur puisque la police possède des armes létales.

Hong Kong, haut lieu de la finance internationale, est plongée depuis le 9 juin dans la pire crise de son histoire récente, avec des manifestations pacifiques gigantesques parallèles à des affrontements sporadiques entre contestataires radicaux et policiers.

Le mouvement est parti du rejet d'un projet de loi, désormais suspendu, qui visait à autoriser les extraditions vers la Chine. Puis, il s'est élargi à des revendications de réformes démocratiques, sur fond d'inquiétude générée par l'ingérence jugée grandissante de Pékin dans les affaires intérieures de l'ancienne colonie britannique, rétrocédée à Pékin en 1997.

Pékin a condamné les violences absolument intolérables sur un ton de plus en plus sévère depuis deux semaines, mais a laissé les autorités locales régler seules la crise.

À Pékin, le Bureau des affaires de Hong Kong et de Macao a indiqué qu'il donnerait lundi après-midi une conférence de presse.

Hormis la suspension du projet controversé sur les extraditions, la cheffe du gouvernement local de Hong Kong, Carrie Lam, n'a donné aucun signe de recul. Depuis le début de la crise, ses apparitions en public se sont limitées à des visites aux policiers blessés et à quelques conférences de presse.

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