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L'Iran accuse des pays voisins de rendre « impossible » tout dialogue

Les deux responsables montent les marches ensemble dans un bâtiment gouvernemental iranien.

Le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif en compagnie du ministre omanais responsable des Affaires étrangères Youssef ben Alaoui, en visite officielle à Téhéran.

Photo : AFP / ATTA KENARE

Agence France-Presse

L'Iran a accusé samedi des pays voisins d'avoir rendu, avec leurs actions « arrogantes », tout dialogue « impossible », à l'occasion d'une visite à Téhéran d'un ministre omanais en pleines tensions régionales.

Le sultanat d'Oman a maintenu de bonnes relations avec l'Iran tout au long des crises régionales successives, ce qui lui a parfois permis de jouer un rôle clé de médiateur, y compris entre l'Iran et les États-Unis ainsi que leurs alliés notamment dans le Golfe.

Certains pays de la région n'ont pas seulement ôté toute possibilité de discuter, avec des actions et un comportement hâtifs et arrogants, mais ils ont aussi rendu très difficile la gestion des crises régionales.

Ali Chamkhani, secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale iranienne

M. Chamkhani, cité par le site Internet de la télévision nationale, s'exprimait devant le ministre omanais responsable des Affaires étrangères Youssef ben Alaoui. Il n'a pas précisé à quels pays il faisait allusion.

L'Iran est le rival régional de l'Arabie saoudite, pays allié des États-Unis et chef de file des États du Golfe.

Les tensions dans le Golfe sont montées en flèche depuis le retrait unilatéral américain de l'accord sur le nucléaire iranien de 2015 et le rétablissement des sanctions draconiennes américaines contre la République islamique d'Iran.

Les États-Unis et l'Arabie saoudite ont en outre accusé l'Iran d'être derrière des attaques et sabotages contre des pétroliers dans le Golfe en mai et juin. Téhéran a démenti.

Le 19 juillet, un pétrolier battant pavillon britannique, le Stena Impero, a été saisi par les Gardiens de la Révolution iraniens dans le détroit d'Ormuz.

La saisie a été considérée par Londres comme un geste de riposte après l'arraisonnement le 4 juillet par les autorités britanniques d'un pétrolier iranien au large du territoire britannique de Gibraltar.

Contre une coalition internationale

M. Chamkhani a critiqué le projet des États-Unis de mettre sur pied une coalition internationale pour escorter les navires de commerce dans le Golfe après les attaques et sabotages.

Les mesures de sécurité pour la région doivent être assurées par la région et avec la coopération des pays de la région.

Ali Chamkhani

Le projet américain ne semble pas attirer beaucoup de pays, de nombreux alliés des États-Unis paraissant soucieux de ne pas se laisser entraîner dans un conflit ouvert dans cette région.

Les Européens veulent ainsi protéger le trafic maritime, mais ne veulent pas s'associer à la politique de « pression maximale » sur l'Iran du président américain Donald Trump, car ils cherchent à préserver l'accord nucléaire iranien.

L'ingérence de pays étrangers ne fera qu'augmenter les problèmes, a jugé M. Chamkhani.

Le ministre omanais avait auparavant eu des entretiens avec son homologue Mohammad Javad Zarif.

Oman avait appelé l'Iran à libérer le pétrolier battant pavillon britannique et exhorté à la retenue.

Contrairement à la piraterie maritime de la Grande-Bretagne qui a confisqué de manière illégale une cargaison de pétrole iranien à Gibraltar, l'action  de l'Iran est conforme aux règles maritimes pour le maintien de la sécurité maritime, a encore dit M. Chamkhani en allusion à la saisie du bateau battant pavillon britannique.

Selon l'Agence américaine d'informations sur l'Énergie, l'équivalent de 21 % de la consommation mondiale de produits pétroliers transite par le détroit d'Ormuz.

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