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Internet à large bande : de nombreuses disparités dans le Nord de l’Ontario

Internet à large bande est maintenant un service de télécommunication de base selon le CRTC

Internet à large bande est considéré comme étant un service de télécommunication de base selon le CRTC, mais l'accès au service laisse toujours à désirer dans certaines parties du Nord de l'Ontario.

Photo : ISTOCK

Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La promesse du gouvernement fédéral de faire en sorte que tous les Canadiens aient accès à Internet à haute vitesse d’ici 2030 suscite toujours du scepticisme dans de nombreuses communautés rurales du Nord de l’Ontario. Ces dernières estiment d’ailleurs que le manque d’accès à une connexion Internet fiable en tout temps nuit à leur développement économique.

Dans le canton de Plummer Additional, à 70 km à l’est de Sault-Sainte-Marie, les quelque 600 résidents peuvent avoir accès à Internet dans leurs résidences, mais la connexion sans fil est très intermittente, selon la mairesse Beth West.

Internet, c’est quelque chose dont on a certainement besoin dans le Nord de l’Ontario. On en a besoin pour promouvoir les affaires, pour rester au même niveau que tout le monde, indique-t-elle.

« On parle d’attirer des entrepreneurs vers le Nord, mais il n’y a pas d’incitatif en place. Si on avait un meilleur accès Internet, des gens d’affaires pourraient certainement gérer leurs entreprises dans le Nord de l’Ontario à partir de Toronto, par exemple. »

— Une citation de  Beth West, mairesse du canton de Plummer Additional

Étant donné la fermeture progressive de succursales bancaires dans le Nord de l’Ontario, la mairesse s’inquiète également pour l’accès aux services bancaires dans le futur.

Mercredi, le gouvernement fédéral a annoncé un appui financier de 85 millions de dollars à un projet aérospatial de la société Télésat d’Ottawa qui devrait permettre d’élargir l’accès abordable à Internet à haute vitesse aux régions rurales et éloignées.

Mais au vu de l’évolution actuelle de la connectivité dans le Nord de la province, la mairesse West n’est pas convaincue que le gouvernement atteindra ses objectifs d’ici 2030.

« Si le gouvernement continue de prendre des actions concrètes, peut-être que cette cible est réaliste. Mais combien de fois a-t-on déjà entendu ce genre de promesses? Je ne suis pas très optimiste à ce point-ci. »

— Une citation de  Beth West, mairesse du canton de Plummer Additional

À Bruce Mines, à une vingtaine de kilomètres au sud de Plummer Additional, les conséquences de la mauvaise qualité d’Internet se manifestent parfois à la bibliothèque publique qui est le seul endroit où les nombreux résidents saisonniers de la région peuvent espérer avoir accès au service.

Il y a 10 ou 15 ans, Internet était presque un luxe, mais c’est un service essentiel, comme l’électricité. C’est comme ça qu’on reste en communication avec les autres, note la mairesse Lori Pattery.

Les leaders municipaux de la région d’Algoma ont d’ailleurs récemment restauré un groupe de travail conjoint par l’entremise duquel ils comptent exhorter les gouvernements à accroître rapidement l’accès à Internet à large bande.

De nombreuses disparités

Si les principaux centres urbains nord-ontariens ont généralement accès à une connexion Internet rapide, la situation est tout autre dans les banlieues.

Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) s’est donné comme objectif de faire en sorte que 90 % des domiciles canadiens aient accès à des vitesses de téléchargement de 50 mégaoctets/seconde et de téléversement de 10 mégaoctets/seconde.

Selon le directeur des opérations à l’organisme sans but lucratif NEOnet, Paul Ouimette, dans la région de Timmins, des habitants d’une même rue sont parfois incapables d’avoir accès aux services d’un même fournisseur en raison de leur emplacement géographique.

La vitesse maximale de téléchargement, lorsque tout fonctionne bien, pourrait se rendre à 5 ou 6 mégaoctets/seconde, mais souvent, il y a des défis techniques. Pour une famille ou même pour quelqu’un qui veut travailler de la maison, ce sont des vitesses inacceptables, explique M. Ouimette.

Il estime d’ailleurs à 63 % la proportion de la population canadienne qui n’a toujours pas accès aux vitesses ciblées par le CRTC.

Mais pour Jeff Buell, gestionnaire de projets à l’organisme Blue Sky Net, qui répertorie l’accès à Internet (Nouvelle fenêtre) dans les régions de Manitoulin, Sudbury et Nipissing, lorsqu’on parle de cibles acceptables d’Internet à large bande, il faut que le service soit accessible à des coûts raisonnables

S’il estime que presque la totalité des résidents de la région que couvre son organisme se trouve dans une zone desservie par un fournisseur de services d’Internet à haute vitesse, M. Buell souligne que les plafonds de données imposés par les fournisseurs de plus petite taille sont restrictifs et rendent le service très cher.

La faible densité de la population, un obstacle

Même si des organismes comme Blue Sky Net tentent de convaincre les gouvernements à investir davantage pour l’amélioration des services d’Internet à large bande dans le Nord de l’Ontario, leurs responsables reconnaissent que la faible concentration de la population alimente la réticence de nombreuses entreprises de télécommunications à y accroître leur présence. 

Le fait est que ces entreprises sont privées et ont aussi besoin de rémunérer leurs employés, donc si elles ne font pas de profits, elles ne peuvent pas fournir ces services à leurs clients, avance Jeff Buell. 

Même constat de la part de Paul Ouimette. Il appuie sa réponse sur le plan d’élargissement de la couverture d’Internet haute vitesse et cellulaire dévoilé mardi par le gouvernement de l’Ontario. Plus de 130 millions de dollars seront attribués au Réseau régional de l’Est Ontario ainsi qu’au projet Southwestern Integrated Fibre Technology dans le Sud-Ouest de l’Ontario, mais aucun détail n’y est révélé pour le Nord de la province. 

« Dans plusieurs de nos communautés et dans nos Premières Nations, y a-t-il un profit à faire qui est important pour justifier un investissement important même avec des subventions du gouvernement? Mon impression, c’est que ce n’est pas prioritaire. Ce n’est pas là où il y a un retour sur les investissements.  »

— Une citation de  Paul Ouimette, directeur des opérations chez NEOnet

M. Ouimette estime que les divers ordres de gouvernement ainsi que les fournisseurs de services d’Internet doivent se mettre ensemble pour déterminer un plan d’attaque où les investissements ne génèrent aucun retour financier

Quelle est la recette pour pouvoir accéder à cela? Ça, c’est un défi parce qu’aujourd’hui, tout ce qui a été annoncé, c’est pour aller là où il y a des avantages financiers, conclut-il.

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