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La nouvelle campagne de Bell n'est pas du goût des agriculteurs

Radio-Canada

La famille paysanne d'antan cherchant un cellulaire dans un tas de fumier ne fait pas rire les associations d'agriculteurs qui dénoncent le mauvais goût du géant de la téléphonie.

Les nouvelles annonces publicitaires de Bell Canada mettant en scène une famille paysanne d'antan cherchant un cellulaire dans un tas de fumier fait grincer les dents des associations d'agriculteurs du Québec. Elles y voient une image rétrograde, méprisante et passéiste de leur profession et des Québécois en général et dénoncent ce «ramassis de clichés».

Cette campagne baptisée Le bon vieux temps met en vedette des paysans d'une époque révolue en combinaison crasseuse et aux rires niais. Or, pour Laurent Pellerin, président de l'Union des producteurs agricoles (UPA), elle entretient «les préjugés à l'endroit des agriculteurs». «Avec ces messages, nous «revenons en arrière», a déclaré M. Pellerin au Devoir. «Depuis des années, nous essayons de redorer notre image en montrant que l'agriculture d'aujourd'hui est une agriculture technologique tournée vers l'avenir. Et là, on nous parle d'ignorance, de saleté et de débilité. Disons que, pour inciter de jeunes cerveaux, de plus en plus éduqués, soit dit en passant, à s'intéresser à ce domaine, ce n'est pas ce qu'on fait de mieux».

Interrogé à l'antenne du RDI, Roméo Bouchard, président de l'Union paysanne (UP), est du même avis. Il s'inscrit en faux contre «cette image du passé très méprisante et, même pas vrai, où les colons et les paysans ne savaient pas parler, étaient sales et misérables». Il ironise, en outre, sur le fait que le service de haute vitesse d'Internet de Bell ne soit pas accessible dans toutes les campagnes. Par surcroît, il déplore que cette campagne puisse mettre en péril plusieurs années de travail de l'UPA et de l'UP afin de changer l'image du monde agricole.

Plusieurs professionnels de l'élevage et de la culture du maïs souhaitent même que la compagnie retire ces publicités purement et simplement des ondes et M. Bouchard mise sur le «bon sens» de Bell Canada pour éliminer cette campagne, ne comptant pas intenter de poursuite judiciaire.

Bell s'étonne

France Poulin, gardienne de l'image corporative de Bell, s'étonne de ce cette réaction. «Nous n'avons reçu que deux lettres de clients mécontents au sujet de nos annonces, pour le moment», a-t-elle précisé au Devoir. «Cette campagne est très appréciée de notre clientèle. Elle a pour but d'intéresser et de fidéliser les gens à nos produits en évoquant la simplicité de leur utilisation. C'est un clin d'oeil à notre histoire qui se rattache à notre imaginaire collectif et qui met en vedette des personnages attachants» ajoute-t-elle.

Les commentaires de Roméo Bouchard, président de l'Union paysanne