•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La Cour suprême autorise Trump à utiliser des fonds de l'armée pour le mur

Chargement de l’image

Le président Donald Trump dans le bureau ovale

Photo : Reuters / Leah Millis

Agence France-Presse
Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le président américain Donald Trump a salué une « grande victoire » après l'autorisation accordée vendredi par la Cour suprême américaine d'utiliser 2,5 milliards de dollars venus du Pentagone pour construire le mur à la frontière avec le Mexique.

« Wow! Grande victoire concernant le mur », a tweeté Donald Trump. « La Cour suprême des États-Unis a renversé l'injonction d'une cour inférieure, autorisant [la poursuite] du mur à la frontière sud ».

Par cinq voix contre quatre, les juges de la Cour suprême – qui a récemment basculé du côté des conservateurs – ont invalidé la décision d'un juge fédéral, estimant que le gouvernement avait démontré que les plaignants n'avaient pas qualité à contester l'attribution de ces fonds.

En mai, ce juge fédéral saisi notamment par des États américains avait provisoirement bloqué la décision de Donald Trump d'utiliser 2,5 milliards de dollars de fonds venus du Pentagone pour le mur qu'il souhaite ériger à la frontière sud des États-Unis.

Le président avait invoqué « l’urgence nationale » en février afin de pouvoir recourir à des fonds destinés à l'armée pour faire avancer le projet en contournant le refus du Congrès de financer le mur.

Le bras de fer au sujet des fonds alloués à cette construction très controversée avait en début d'année provoqué la fermeture partielle de l'administration fédérale pendant 35 jours, une durée record.

Une vingtaine d'États américains, menés par les bastions démocrates de Californie et de New York, ainsi que la puissante organisation de défense des droits de la personne ACLU, des organisations de protection de l'environnement comme le Sierra Club et un groupement de communautés frontalières, avaient saisi la justice, arguant que cette déclaration d'urgence violait la Constitution.

Une affaire qui « contrevient à la volonté du Congrès »

Après la décision de la Cour suprême, les opposants au mur frontalier ne comptent pas en rester là, et le déblocage des fonds pourrait n'être que temporaire.

L'ACLU a ainsi annoncé dès vendredi, dans un communiqué, une initiative auprès d'une Cour d'appel visant à « rétablir le blocage permanent de la construction d'un mur frontalier qui utilise des fonds militaires non autorisés ».

Les chefs des élus démocrates à la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, et au Sénat, Chuck Schumer, ont dénoncé la décision de la Cour suprême.

Les pères fondateurs des États-Unis « ont créé une démocratie gouvernée par le peuple, pas une monarchie », a tweeté Mme Pelosi, laissant entendre que le président républicain avait outrepassé ses pouvoirs en contournant le Congrès pour obtenir des financements.

M. Schumer, lui, a évoqué une affaire « profondément regrettable » et « absurde » qui « contrevient à la volonté du Congrès » et à son pouvoir sur les finances du pays.

Pour l'avocat de l'ACLU, Dror Ladin, « les populations à la frontière, l'environnement et la séparation des pouvoirs dans notre Constitution seraient touchés de manière permanente si Trump venait à s'en sortir avec le pillage de fonds militaires pour un mur frontalier xénophobe que le Congrès a refusé ».

Le mur, censé endiguer l'immigration clandestine d'Amérique centrale, est une promesse phare du président républicain. Durant sa campagne en 2016, il avait assuré vouloir en faire payer la construction par le Mexique.

Parallèlement, M. Trump a annoncé vendredi la conclusion d'un accord migratoire avec le Guatemala, aux contours encore très flous, dans le cadre de ses pressions pour contraindre ses voisins du Sud à mieux contrôler les migrants cherchant à gagner les États-Unis.

En juin, 104 000 migrants ont été arrêtés à la frontière, un chiffre en hausse de 142 % sur un an, selon les données officielles. En mai, ce chiffre avait grimpé à 144 000, dont 57 000 mineurs, contre une moyenne de 20 000 interpellations par mois au début du mandat de Donald Trump.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !