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Sur Instagram, les mentions J’aime disparaissent, la pression sociale reste

Un homme prend en photo le logo d'Instagram écrit en blanc sur un mur multicolore.

Après le Canada en mai dernier, le réseau teste en parallèle une nouvelle fonctionnalité dans six nouveaux pays.

Photo : Getty Images / AFP/Josh Edelson

Agence France-Presse

Pour mettre fin aux batailles d'ego, Instagram n'affiche plus les mentions J’aime dans certains pays. Un début de réponse pas forcément suffisant devant la pression sociale des réseaux parfois mal vécue par les plus jeunes.

Instagram anticipe le fait que notre fascination du quantitatif s'estompe. Il y a une manière nouvelle de concevoir le lien social, dit à l'Agence France-Presse (AFP) le sociologue français Stéphane Hugon, spécialiste notamment d'innovation sociale et des technologies.

Instagram, réseau d'affichage d'images qui appartient à Facebook et qui compte un milliard d'internautes dans le monde, semble avoir pris conscience de la pression vécue par plusieurs de ses adeptes.

Son patron, Adam Mosseri, annonçait début juillet la création de nouveaux outils contre le harcèlement, dont l'apparition d'un message d'avertissement contre les commentaires haineux généré par un logiciel d'intelligence artificielle.

Le réseau teste en parallèle, depuis le mois de mai au Canada, une nouvelle fonctionnalité qui cache sous chaque photo le nombre total de mentions J'aime. Seule la personne à l'origine de la publication pourra voir ce nombre. L'Australie, l'Italie, l'Irlande, le Japon, le Brésil et la Nouvelle-Zélande sont les nouveaux pays où la fonctionnalité sera déployée.

Nous voulons qu'Instagram soit un lieu où les gens se sentent à l'aise pour s'exprimer, a expliqué une responsable de Facebook pour l'Australie et la Nouvelle-Zélande, Mia Garlick.

Lutter contre les fausses mentions J'aime

En 2017, une étude de la Royal Society for Public Health classait Instagram comme le pire réseau social pour la santé mentale des jeunes au Royaume-Uni selon 14 critères (dont la perception de soi, l'anxiété ou le harcèlement).

Même si les mentions J'aime disparaissent, les photos – parfois trompeuses et dopées aux filtres – d'une fausse réalité socialement parfaite resteront.

André Mondoux, professeur de sociologie à l'Université du Québec à Montréal, ne voit pas de changement majeur pour l'internaute lambda. Il estime pour sa part que la motivation de la plateforme est probablement de lutter contre les fausses mentions J'aime achetées pour accroître artificiellement la popularité des influenceurs et influenceuses.

L'objectif d'Instagram est évidemment de contrer l'économie de la micro-influence, abonde Laurence Allard, maître de conférence à l'Université de Lille et à l'Institut de recherche sur le cinéma et l'audiovisuel (lRCAV), à Paris 3.

On veut moraliser ce commerce des petits influenceurs, et couper court aux faux abonnés et à tout un ensemble de pratiques et d'acteurs qui y sont liés, mais sur lesquels Instagram n'a pas la main, ajoute la sociologue des usages numériques.

Laurence Allard entrevoit ainsi la fin de la guerre entre influenceurs et influenceuses, mais imagine également un changement de l'unité de mesure de la popularité en se basant par exemple sur les emojis en forme de cœur laissés en commentaire ou le nombre total de commentaires.

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