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Friandises au cannabis interdites au Québec : une occasion pour les commerces d'Ottawa

Les friandises au cannabis seront très bientôt légalisées au Canada mais pas au Québec où le gouvernement les interdira.

Photo : Reuters / Rick Wilking

Radio-Canada

Les chocolats ou les jujubes au cannabis ne se retrouveront pas sur les tablettes au Québec, en raison d'une décision du gouvernement provincial. Les commerces de cannabis légal d'Ottawa et les acteurs du marché noir devraient profiter de cette interdiction.

Bien évidemment, le consommateur va aller là où le produit est disponible et où il peut se le procurer le plus rapidement possible. Ceci étant dit, si on est près de la frontière, possiblement que les consommateurs vont vouloir aller en Ontario, juge Mélissa Thibeault, directrice des opérations d'Aliments Candara et présidente du Conseil québécois du cannabis comestible (CQCC).

Ottawa va légaliser les nouveaux produits du cannabis le 17 octobre et il faudra au moins 60 jours après cette date pour qu'ils se retrouvent sur les tablettes.

En Outaouais, des consommateurs de cannabis pourraient ainsi se tourner vers les magasins d'Ottawa pour se procurer des produits comestibles.

Mme Landriault en entrevue devant des produits du cannabis.

Julie Landriault vend des produits du cannabis à la boutique Fire & Flower d'Ottawa.

Photo : Radio-Canada

« Cannista » au Fire & Flower sur la rue York, dans le marché By, à Ottawa, Julie Landriault assure qu'il est tout de même difficile d'évaluer les impacts de cette décision sur son commerce.

On n'est pas certain de ce que ça va avoir l'air. C'est une étape excitante pour nous, commente-t-elle.

On s'attend que peut-être à une autre vague, mais je pense que vraiment on apprécie la décision.

Julie Landriault, vendeuse à la boutique Fire & Flower

Beaucoup de Québécois viennent déjà acheter du cannabis dans son magasin, qui compte proposer tous les produits réglementés du cannabis.

L'industrie québécoise laissée pour compte

Le président de l'Association québécoise de l'industrie du cannabis (AQIC), Michel Timpério, estime qu'avec cette décision, le Québec n'aura pas sa part dans un marché qui s'annonce fructueux.

L'argent va aller dans les poches soit de dispensaires à l'extérieur du Québec, ça n'ira pas à la SQDC, ou ça va aller dans les poches de gens qui sont assez créatifs pour faire ces produits-là, avance-t-il. Toutes ces choses-là nous amènent à dire que le marché d'environ 400 millions de dollars des comestibles, nos membres, la population et les gens qui vivent de cet emploi-là au Québec n'en feront pas partie.

Québec justifie sa position sur les produits comestibles du cannabis en disant qu'il souhaite réduire la banalisation du cannabis, son attrait pour les jeunes, les risques d'intoxication involontaire et les risques pour la santé.

Michel Timpério, président de l'Association québécoise de l'industrie du cannabis.

Michel Timpério, président de l'Association québécoise de l'industrie du cannabis (AQIC), en entrevue à Radio-Canada.

Photo : Radio-Canada

M. Timpério y voit pour sa part une posture paternaliste et déplore que des consommateurs puissent se tourner vers des produits illégaux. Il craint aussi que des entreprises québécoises investissent ailleurs.

On voit Couche-tard qui investit ailleurs, qui est, permettez-moi l'expression, un flagship, une entreprise phare, au Québec, avec une présence partout dans le monde, qui est obligé d'investir ailleurs pour faire partie de cette industrie qui va devenir mondiale, ajoute-t-il, faisant référence à son acquisition du détaillant albertain Fire & Flower.

À l'encontre de l'objectif de la légalisation?

Selon Mélissa Thibeault, la décision du gouvernement caquiste va à l'encontre de la mission première de la légalisation du cannabis qui veut éradiquer le marché noir.

Les gens doivent être conscients que le marché noir existe. Il est très facile pour un consommateur d'aller sur un site internet et de commander des produits en ligne. Des produits qui ne sont ni contrôlés ni protégés.

Mélissa Thibeault
Mélissa Thibeault, directrice des opérations d'Aliments Candara et présidente du Conseil québécois du cannabis comestible (CQCC).

Mélissa Thibeault, directrice des opérations d'Aliments Candara et présidente du Conseil québécois du cannabis comestible (CQCC) en entrevue à Radio-Canada.

Photo : Radio-Canada

En avril, le Service de police de la Ville de Gatineau a mis la main sur une importante quantité de drogues, dont plusieurs jujubes et muffins au cannabis.

Par ailleurs, plusieurs sites illégaux de vente de produits de cannabis comestibles ont vu le jour récemment. Et ils livrent à Gatineau.

Avec les informations de Guillaume Dumont

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