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Mort de Stéphane Roy et de son fils : les enquêteurs du BST sont sur les lieux

L'épave de l'hélicoptère qui transportait le PDG de Savoura, Stéphane Roy, et son fils Justin

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Une équipe du Bureau de la sécurité des transports (BST) est arrivée vendredi en fin d'avant-midi sur les lieux de l'écrasement de l’hélicoptère piloté par Stéphane Roy le 10 juillet dernier. Les enquêteurs tenteront de déterminer les causes de l’accident qui a tué le pilote et son fils de 14 ans, Justin.

Selon le porte-parole du BST, Alexandre Fournier, les premières étapes du travail des enquêteurs sur les lieux de la tragédie seront la recherche d'indices, la prise de mesures et d'informations géographiques.

Les premières étapes, c’est la collecte de données. Nos enquêteurs vont aller examiner l’épave, prendre des photos, ils vont documenter le site. Ils vont établir aussi la cartographie du lieu afin de vraiment comprendre sur quel terrain on travaille, a expliqué le porte-parole du BST à Radio-Canada.

Il est prévu que l’hélicoptère soit rapatrié au laboratoire du BST à Ottawa pour un examen plus approfondi.

Alexandre Fournier, porte-parole du Bureau de la sécurité dans les transports

M. Fournier n'a pas précisé comment l'équipe du BST va s'y prendre pour transporter la carcasse de l'appareil.

Les enquêteurs pourraient passer selon lui jusqu'à deux jours sur le site de l'écrasement, dans la réserve faunique Rouge-Matawin, au nord du parc national du Mont-Tremblant. Tout dépendra de ce qu'ils y découvriront, a précisé M. Fournier.

Les membres de la famille du PDG de Savoura auraient espéré un autre dénouement. Stéphane Roy et son fils Justin avaient quitté le chalet familial situé à Parent, en Haute-Mauricie, le 10 juillet, et étaient portés disparus depuis le 11 juillet.

La Sûreté du Québec (SQ) et les Forces armées canadiennes ont passé deux semaines à écumer un territoire s'étendant sur plusieurs dizaines de milliers de kilomètres carrés et qui s'est resserré au fil des recherches et des indices recueillis.

Vers 15 h 30, jeudi, la SQ a découvert l'appareil dans le secteur du lac Valtrie, au cœur de la réserve faunique Rouge-Matawin. Une heure plus tard, les policiers ont annoncé la découverte de deux corps sur le terrain où s'est écrasé l'hélicoptère R-44 que pilotait M. Roy.

Stéphane Roy et son fils portant chacun un chapeau, sourient à la caméra.

Stéphane Roy et son fils de 14 ans étaient portés disparus depuis le 10 juillet.

Photo : Facebook

Alors qu'elle tentait d'encaisser le choc, la famille Roy a annoncé en début de soirée jeudi qu'elle souhaitait vivre ce moment en privé.

La famille s'est toutefois confiée par la suite lors d'une entrevue accordée à l'émission 24/60.

Je tenais à parler au nom de la famille. Je voulais remercier les proches, les bénévoles, le Québec en entier, qui se sont mobilisés depuis 15 jours. Vous nous avez donné l’énergie qu’il fallait pour arriver jusqu’à la fin de cette histoire.

Daniel Roy, frère de Stéphane Roy

Quant aux circonstances de l’accident et au travail d’enquête de la SQ, M. Roy a estimé que le Québec doit tirer les leçons de cet accident.

Il y a des lois qui vont devoir changer. Tout le travail qui a été fait pour retrouver l’hélicoptère qui a crashé sans qu’il y ait de balise de sécurité qui a été émise. C’est impensable! On va travailler pour que ça porte fruit pour plus tard, a-t-il affirmé.

En 2019, on est capable de trouver quelque chose sur la Lune à partir de la Terre, mais on n’est pas capable de trouver un hélicoptère avec deux personnes. Il y a des choses qui doivent changer, la technologie a beaucoup évolué, a ajouté Daniel Roy.

Une vue aérienne montre que le secteur où l'appareil de Stéphane Roy a été retrouvé est densément boisé.

L'hélicoptère de Stéphane Roy a été découvert dans le secteur du lac Valtrie, au nord du parc national du Mont-Tremblant, le 25 juillet 2019.

Photo : Radio-Canada

Plusieurs questions sans réponse

Jeudi en fin de soirée, le BST a dépêché une équipe d'enquêteurs sur les lieux de la tragédie afin de recueillir des informations et d'évaluer l'événement.

Parallèlement à la démarche du BST, la SQ a ouvert une enquête pour déterminer s’il y a un acte criminel derrière cet accident.

Enfin, le coroner déterminera les causes exactes du décès de M. Roy et de son fils.

La démarche du BST pourrait être la plus longue des trois enquêtes.

Selon Daniel Roy, le non-déclenchement de la balise de détresse de l'hélicoptère de Stéphane Roy sera une des questions auxquelles les enquêteurs tenteront de trouver une réponse.

Dans une entrevue accordée jeudi soir au Téléjournal, Marc Perreault, un ancien enquêteur du BST, a noté que plusieurs raisons peuvent expliquer le non-déclenchement de cette balise.

Selon M. Perreault, la balise pourrait tomber à l’eau ou être recouverte par l’appareil. Deux scénarios qui peuvent empêcher le signal d’être capté, indique l'expert.

Il est possible que le BST fasse des recommandations à propos des balises de détresse afin d'améliorer le système, a ajouté Marc Perreault.

Une fois sur place, les enquêteurs vont documenter tout l’environnement du lieu où s’est écrasé l’appareil.

Ils vont cartographier, mesurer les arbres qui ont été coupés, ils vont répertorier tous les débris de l’appareil, ils vont les identifier, les poser sur une carte. Ce sont ces éléments qui vont permettre de savoir comment l’appareil s’est écrasé.

Marc Perreault, ancien enquêteur du BST

L'hélicoptère du président de Savoura retrouvé en forêt

Les enquêteurs vont prélever les pièces de l’appareil qui vont leur permettre de déterminer ce qui est arrivé. Cette première opération peut prendre quelques jours, selon M. Perreault.

Les enquêteurs du BST vont aussi reculer dans le temps pour tenter de savoir ce qui s’est passé avant l’écrasement.

Il n’y a pas de boîte noire dans les hélicoptères, mais certains instruments enregistrent les données de vol, dont le GPS.

Par exemple, grâce au GPS, les enquêteurs pourront savoir où l’appareil est passé, la hauteur à laquelle l’appareil se trouvait et, de là, on pourra déterminer ce qui s’est produit, a expliqué M. Perreault, qui ajoute que certains instruments de moteur peuvent enregistrer des données, y compris la vitesse des pales de l’hélicoptère.

Le reportage de Maxime Bertrand

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