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Un projet de mine de graphite près de Duhamel, en Outaouais, inquiète des résidents

Le lac Gagnon par une belle journée d'été.

Le lac Gagnon est l'un des points d'eau appréciés par les résidents et les touristes dans la Petite-Nation.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Avec ses lacs, ses plages et ses forêts, la Petite-Nation, en Outaouais, est un paradis pour les amateurs de nature et de plein air. Les résidents du secteur craignent cependant que le projet de mine de graphite, situé entre la petite municipalité de Duhamel et celle de Lac-des-Plages, change leur qualité de vie.

On vit ici dans ce que l'on considère un peu comme un joyau en Outaouais. [...] Soudainement, on apprend qu'il y a beaucoup de terrains qui ont été réservés pour de l'exploitation minière, qu'il y a même du forage. Alors, on a de grandes inquiétudes, indique Louis St-Hilaire, porte-parole du Regroupement de protection des lacs de la Petite-Nation.

Villégiateur au lac Gagnon depuis une vingtaine d'années, Bernard Descôteaux abonde dans le même sens.

Pour exploiter la mine à ciel ouvert et les minéraux qu'on exploite, on a besoin de beaucoup d'eau, qui doit être traitée. Il y a un danger de contamination de la nappe phréatique et éventuellement des lacs et des rivières de la région, assure-t-il.

On investit dans la protection de l'environnement, on ne veut pas que ces efforts-là soient dilapidés tout simplement.

Bernard Descôteaux, villégiateur

M. St-Hilaire juge aussi que le développement économique de la région n'est pas compatible avec l'exploitation minière.

Tout le développement de la région ici se fait sur la base de la villégiature, du récréotourisme, de l'écotourisme, alors ce n'est pas très compatible, en matière de développement, du développement minier et du développement plein air, explique M. St-Hilaire.

« Trop tôt pour protester »

Pour sa part, le président-directeur général de Lomiko Metals, l'entreprise minière basée en Colombie-Britannique qui pilote le dossier, ne comprend pas le tollé que suscite ce projet — baptisé La loutre — qui, selon lui, en est à ses balbutiements. Paul Gill estime qu'une mine de graphite ne verra pas le jour avant 2023.

À quoi s'opposent-ils? s'interroge M. Gill. Pour le moment, il n'y a pas de projet. Ce ne sont que des concepts généraux.

Quand nous aurons plus de détails, nous communiquerons avec eux et calmerons leurs craintes.

Paul Gill, PDG, Lomiko Metals

Des claims – c'est-à-dire des titres miniers d’exploration – ont bien été octroyés à la compagnie qui fait de l'exploration depuis quelques années dans le secteur.

Lomiko Metals vient de terminer son forage exploratoire, qui, selon Paul Gill, a très peu de répercussions sur l'environnement. Pour aller de l'avant avec le projet, l'entreprise doit calculer la quantité de graphite disponible, faire des études de marché, d'impact environnemental et de faisabilité. Elle doit aussi obtenir des permis du gouvernement québécois.

Le graphite est notamment utilisé pour les batteries au lithium des voitures électriques.

M. Gill estime que la bataille judiciaire qui oppose la compagnie minière Canada Carbon à la Municipalité de Grenville-sur-la-Rouge pourrait expliquer les réactions négatives au projet.

Paul Gill assure que Lomiko Metals a l'intention de collaborer avec les résidents et espère les convaincre que le projet La loutre favorisera l'économie locale.

Le maire veut un comité

M. Pharand accorde une entrevue à l'extérieur.

Le maire de Duhamel, David Pharand

Photo : Radio-Canada

De son côté, le maire de Duhamel, David Pharand, juge que les résultats de l'exploration sortent au « compte-gouttes ». Il veut mettre sur pied un comité régional.

La Municipalité et ses deux partenaires voisins, Lac-des-Plages ainsi que Lac-Simon, collaborent pour créer un comité régional pour obtenir plus d'informations, informer la population et pouvoir éventuellement prendre position dans le dossier, explique-t-il.

Il comprend les inquiétudes de certains citoyens. Le dossier des mines, c'est toujours inquiétant quand ça vient en conflit d'usage avec la villégiature, souligne-t-il.

Chez nous, à Duhamel, notre richesse, c'est l'or bleu, les lacs, et on entend développer notre territoire en développant les lacs de notre région.

David Pharand, maire de Duhamel

Il est encore trop tôt pour dire s'il s'agira d'une mine à ciel ouvert. Cet aspect est aussi à prendre en compte pour le maire.

Il y a tous les inconvénients d'une mine à ciel ouvert, donc le bruit, le dynamitage, la poussière, l'état des routes quand les camions ont fini de circuler. Alors, c'est tout à prendre en compte avant de porter un jugement sur l'arrivée de cette mine chez nous, assure M. Pharand.

Avec les informations de Laurie Trudel et de Jérôme Bergeron

Ottawa-Gatineau

Industrie minière