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Nissan supprime 12 500 emplois après la dégringolade de son bénéfice

Usine d'assemblage de Nissan à Sunderland, au Royaume-Uni.

Nissan prévient que son redressement pourrait prendre du temps après le plongeon de son bénéfice au premier trimestre.

Photo : Getty Images / James Sebright

Reuters

Nissan, partenaire d'alliance de Renault, va supprimer 12 500 emplois à travers le monde d'ici la fin de son exercice 2022-2023 et a prévenu jeudi que son redressement prendrait du temps après le plongeon de son bénéfice au premier trimestre.

Le groupe japonais, déjà fragilisé par le scandale lié à son ancien président Carlos Ghosn, est aux prises avec des ventes en berne et des coûts en hausse. Les annonces effectuées jeudi traduisent la gravité de la crise dans laquelle il est plongé.

Outre les suppressions de postes, qui sont les plus importantes depuis 2009, Nissan va réduire ses capacités de production et sa gamme de produits d'environ 10 % d'ici la fin de l'exercice 2023. Le constructeur comptait 138 000 salariés dans le monde à la clôture de l'exercice 2017-2018.

Au cours de la période avril-juin, premier trimestre de l'exercice en cours, son bénéfice d'exploitation a plongé de 98,5 % à 19,3 millions de dollars, notamment en raison de difficultés persistantes en Amérique du Nord.

Les huit analystes interrogés par Refinitiv tablaient en moyenne sur un bénéfice de 472,5 millions de dollars.

« La rentabilité est vraiment médiocre pour le moment », a reconnu Hiroto Saikawa, le directeur général de Nissan, ajoutant cependant que le constructeur s'employait à atteindre son objectif d'un chiffre d'affaires de 175,6 milliards de dollars et d'une marge opérationnelle de 6 % d'ici la fin de l'exercice 2022-2023.

Nissan a déclaré que sa production mondiale baisserait de 10 % d'ici mars 2023, tandis que les ventes dans le monde n'augmenteraient que modestement à 6 millions d'unités par an, contre 5,5 millions actuellement.

Difficultés en Amérique du Nord

En Amérique du Nord, important marché pour Nissan, le groupe fait face à une inflation de ses coûts relativement aux rabais accordés aux automobilistes pour tenter de suivre le rythme des ventes de ses concurrents.

Cette politique commerciale, pratiquée pendant des années, a en outre écorné son image de marque, abaissé la cote de ses véhicules à la revente et pesé sur ses résultats.

La contre-performance affichée sur le trimestre va accroître la pression sur Hiroto Saikawa qui a été chargé d'améliorer les performances du groupe à la suite de l'arrestation en novembre au Japon de Carlos Ghosn pour des accusations de malversations financières qu'il rejette.

Les suppressions de postes complètent un plan annoncé initialement en mai, le constructeur peinant à améliorer ses marges aux États-Unis, un pays où Carlos Ghosn incitait Nissan à se montrer agressif pour accroître sa part de marché.

Hiroto Saikawa a déclaré que l'essentiel des réductions de capacités de production concernerait des usines du groupe situées à l'étranger, notamment celles sous-utilisées et produisant de petites voitures.

« Nous visons principalement les sites où des investissements ont été réalisés pour produire des voitures compactes dans le cadre du plan Power 88 », a-t-il dit, faisant référence au plan stratégique lancé par Carlos Ghosn en 2011 pour réaliser une marge opérationnelle de 8 % et détenir 8 % du marché mondial.

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