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Chasse à l'homme : survivre dans les forêts manitobaines est « extrêmement difficile »

Une forêt de sapins au Manitoba

Les deux suspects pourraient se trouver quelque part dans cette forêt du nord du Manitoba.

Photo : Radio-Canada

Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Alors que les deux fugitifs recherchés pour meurtres en Colombie-Britannique auraient trouvé refuge dans les forêts nord-manitobaines, Dave MacDonald, directeur et principal instructeur de l'École internationale canadienne de survie, estime que les conditions actuelles rendent « extrêmement difficile » leur susbistance pendant plus de quelques semaines.

Kam McLeod et Bryer Schmegelsky, les deux jeunes garçons poursuivis pour le meurtre de trois personnes en Colombie-Britannique, se considéraient comme des « survivalistes », selon la déclaration à CHEK News du père de Bryer, Allan.

Mais même s’ils étaient des habitués de la vie en forêt, le manque de ressources, la chaleur et les insectes font de leur évasion une mission difficile, selon Dave MacDonald, dont l'école est basée au Manitoba.

Les survivalistes utilisent souvent leur véhicule comme base, ils ne sont pas vraiment préparés à fuir à pied et apportent de la nourriture et de l’eau. Sans ces ressources, survivre dans la forêt boréale canadienne est très difficile, explique-t-il.

« Survivalisme, c’est un peu un mot fourre-tout, ça peut vouloir dire tout et et n’importe quoi, nuance Manu Tranquard, professeur et directeur de l'Unité d'enseignement en intervention plein air à l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) et instructeur de survie en milieu naturel. Est-ce qu’ils sont spécialistes de la guerilla urbaine? De la survie en région isolée? Est-ce que ce sont des gens qui se préparent à l’Apocalypse? Bref, leur niveau de préparation peut être extrêmement variable. »

En tout cas, les fugitifs auront besoin de trouver des sources d’eau fraîche et de se construire un abri, ajoute Dave MacDonald. Une préparation physique ne suffit pas pour pouvoir subsister en forêt, de l’équipement est nécessaire, selon lui.

Un combat psychologique

La survie en milieu isolé est une chose, une chasse à l’homme c’est une tout autre chose, estime Manu Tranquard.

Selon lui, c’est en matière de psychologie que tout va se jouer. Qu’ils aient suivi une préparation physique ou non, les deux jeunes garçons pourraient bien passer deux à trois semaines sans manger en milieu naturel, explique le professeur de l’UQAC.

Mais le fait que les services de sécurité soient à leurs trousses pourrait changer la donne. Ce qui va leur nuire, c’est la fragilité qui naît de l'inconnu, et l’inconnu ici c’est qu’ils sont pourchassés, affirme Manu Tranquard.

Depuis mardi soir, les deux jeunes hommes sont activement recherchés par les services de police dans le nord du Manitoba.

 Ils pourraient aussi juste se retrouver dans un moment où il y a un pic de maringouins, et au bout de 48 heures décider que ça ne vaut pas la peine, ajoute-t-il.

Même son de cloche pour Dave MacDonald, qui considère que faire face aux hordes d’insectes reste le pire à passer. Ils vont les rendre fous, surtout la nuit , lance-t-il.

S’ils sont vraiment chanceux et persistants, ils pourraient tenir six mois, voire un an ou deux. Mais habituellement, c'est une affaire de quelques semaines, peut-être quelques mois, conclut Dave MacDonald.

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