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Les corps du président de Savoura et de son fils retrouvés

Stéphane Roy et son fils de 14 ans étaient tous deux portés disparus depuis le 10 juillet alors qu'ils étaient à bord de leur hélicoptère.

Photo : Facebook

Radio-Canada
Mis à jour le 

Le président de Savoura Stéphane Roy et son fils Justin, qui étaient portés disparus depuis deux semaines, ont été retrouvés morts jeudi à la suite de l'écrasement de leur hélicoptère au nord du parc national du Mont-Tremblant.

Vers 15 h 30, la Sûreté du Québec (SQ) a découvert l’appareil dans le secteur du lac Valtrie, dans les Laurentides. Une heure plus tard, un message Twitter annonçait la découverte de deux corps sur le terrain où s’est écrasé l’appareil que pilotait M. Roy.

La SQ a affirmé qu'il s'agissait vraisemblablement de Stéphane Roy et de son fils Justin. Des autopsies devront être pratiquées.

Des équipes se trouvent toujours sur le terrain, a précisé la police provinciale. L'enquête suit son cours, a ajouté la SQ sur le réseau social.

Marcel Savard, ancien directeur général adjoint de la SQ, a indiqué que, selon les informations dont il dispose, les corps seront sortis jeudi soir.

M. Savard a indiqué que les corps seront certainement évacués par la route. On va créer un chemin, on parle de 100 à 150 mètres entre la carcasse [de l’appareil] et la route, et se préparer pour sortir les dépouilles, a expliqué M. Savard lors de son passage à l’émission 24/60, ajoutant que c’est la manière la plus sécuritaire de mener ce genre d’opération.

Il a précisé qu’on procède par hélitreuillage lorsqu’il y a des chances de sauver des vies.

« Il faut tirer des leçons », dit la famille

Dans un premier temps, la famille indiquait qu'elle souhaitait vivre ce moment en privé, mais en début de soirée, Daniel Roy, le frère du défunt, a accepté d'accorder une entrevue à l'émission 24/60 pour rendre hommage à son frère et à son neveu, et remercier tous ceux qui se sont mobilisés pour les retrouver.

Daniel Roy parle à la caméra entouré de ses enfants.

Daniel Roy et ses enfants ont remercié au nom de toute la famille les bénévoles qui ont aidé lors des recherches.

Photo : Radio-Canada

Je tenais à parler au nom de la famille. Je voulais remercier les proches, les bénévoles, le Québec en entier, qui se sont mobilisés depuis 15 jours. Vous nous avez donné l’énergie qu’il fallait pour arriver jusqu’à la fin de cette histoire.

Daniel Roy, frère de Stéphane Roy

Quant aux circonstances de l’accident et au travail d’enquête de la SQ, M. Roy estime que « le Québec doit tirer les leçons de cet accident ».

Il y a des lois qui vont devoir changer. Tout le travail qui a été fait pour retrouver l’hélicoptère qui a crashé sans qu’il y ait de balise de sécurité qui a été émise. C’est impensable! On va travailler pour que ça porte fruit pour plus tard, a-t-il affirmé.

En 2019, on est capable de trouver quelque chose sur la Lune à partir de la Terre, mais on n’est pas capable de trouver un hélicoptère avec deux personnes. Il y a des choses qui doivent changer, la technologie a beaucoup évolué.

Daniel Roy, frère de Stéphane Roy

Se disant tout de même fière du travail accompli sans relâche par ses équipes sur le terrain, la Sûreté du Québec a offert ses condoléances à la famille, affirmant qu'elle aurait préféré un autre dénouement.

Le premier ministre du Québec, François Legault, a également réagi sur Twitter.

Justin Trudeau a offert ses condoléances en début de soirée. Je suis de tout cœur avec la famille et les proches de Stéphane Roy et de son fils Justin. Les pensées des Québécois vous accompagnent ce soir, a-t-il écrit sur Twitter.

La page Facebook consacrée à la recherche des disparus porte désormais la couleur du deuil. On peut y lire des messages de soutien et de condoléances des citoyens.

Une longue recherche

La SQ et l'armée avaient passé près de deux semaines à écumer un territoire d'abord évalué à plusieurs dizaines de milliers de kilomètres carrés.

Si cette zone a été rétrécie, notamment grâce à un très faible signal cellulaire capté peu après la disparition du père et de son fils, pour ne plus représenter que 1000 kilomètres carrés, le terrain accidenté et le couvert forestier très dense ont ultimement entraîné la suspension des recherches actives la fin de semaine dernière.

La Sûreté du Québec a par la suite repris son enquête, après avoir obtenu de nouveaux indices. Elle a alors concentré les recherches au nord du parc national du Mont-Tremblant, près du lac Bowden.

L'hélicoptère du président de Savoura retrouvé en forêt

Une procédure de triangulation d'un signal de téléphone cellulaire a permis de redéfinir la zone de recherche. Les enquêteurs se sont également appuyés sur les habitudes de vol de M. Roy, ses trajets habituels et la vitesse estimée de son appareil.

Comprendre les causes de l'écrasement

En entrevue à ICI RDI, l'ancien enquêteur du Bureau de sécurité des transports (BST) Marc Perreault a affirmé que le fait de retrouver l'appareil constituait un premier pas pour élucider le mystère qui entoure cet écrasement.

M. Perreault a expliqué que trois organismes allaient maintenant enquêter sur l'événement.Le coroner a priorité sur la scène de l’accident, qui doit déterminer la cause du décès; la Sûreté du Québec doit déterminer s’il y a une main criminelle; par la suite, le BST aura accès au lieu pour examiner l’appareil et répertorier les éléments.

Selon M. Perreault, les enquêteurs du BST vont faire une topographie du site, par la suite, ils vont examiner l’appareil.Ils vont prélever les pièces de l’appareil qui vont leur permettre de déterminer ce qui est arrivé. Cette première opération peut prendre quelques jours, indique-t-il.

Ensuite, les enquêteurs apporteront les pièces de l’appareil et s’il le faut tout l’appareil au laboratoire qui se trouve à Ottawa pour une révision complète.

[Les enquêteurs du BST] vont extraire les données du vol, la trajectoire en trois dimensions, ce qui va permettre de déterminer la vitesse, les virages, l’altitude, l’heure exacte. Une fois tous ces éléments en main, ils vont pouvoir extrapoler avec une assez bonne précision le parcours de l’appareil.

Marc Perreault, ancien enquêteur du BST

Même si les hélicoptères ne sont pas dotés de boîtes noires, ils disposent d’instruments qui enregistrent quelques paramètres. On peut retrouver ces éléments dans le moteur, dans le tableau de bord, etc. Tous ces éléments permettront aux enquêteurs d’établir les circonstances et les facteurs qui ont pu contribuer à l’événement. Les enquêteurs vont également examiner la météo et tout ce qui vient avec, dit M. Perreault.

Par ailleurs, l’expert en aviation indique que l’hélicoptère que pilotait M. Roy a une bonne réputation.

Selon lui, une panne de moteur n’interrompt pas l’activité de l’hélice. Il ajoute qu’un pilote bien entraîné peut faire atterrir l’appareil pourvu qu’il trouve une surface dégagée équivalant au double de la taille de l’appareil.

Avec les informations de Pascal Robidas

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