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Avant de naître, les oisillons communiquent entre eux à travers leur coquille

Des oisillons et des oeufs de goélands dans un nid.

Les oisillons du groupe témoin n'ont montré aucun des changements comportementaux et physiologiques, contrairement à ceux du groupe expérimental.

Photo : Université de Vigo/Jose C. Noguera

Radio-Canada

Les embryons d’oiseaux communiquent entre eux en faisant vibrer leur coquille, ont découvert des biologistes espagnols.

Il avait déjà été montré que les embryons de plusieurs espèces d’ovipares sont capables de percevoir, dans certaines circonstances, des indices de la présence de prédateurs dans leur environnement.

On ne savait cependant pas si les embryons d’une même couvée pouvaient communiquer entre eux avant leur éclosion pour favoriser certains changements comportementaux et physiologiques dans toute la nichée.

Pour le découvrir, les chercheurs Jose C. Noguera et Alberto Velando, du laboratoire d'écologie comportementale de l’Université de Vigo, ont mis au point une expérience dans laquelle certains embryons non éclos d’une même couvée de goélands leucophées (Larus michahellis) ont été exposés à différents indices de la présence de prédateurs (des signaux de danger émis par des goélands adultes) dans leur environnement, alors que d’autres ne l’étaient pas.

Un goéland Larus michahellis.

Un goéland Larus michahellis sur les toits de Rome, en Italie.

Photo : Radio-Canada/Alain Labelle

Les observations montrent que les œufs exposés se sont mis à vibrer plus que les autres. De plus, une fois replacés dans leur nid, ils auraient communiqué l'information acquise aux autres œufs de la couvée.

Selon les chercheurs, les embryons exposés aux signaux des prédateurs et ceux qui ne l’étaient pas, mais qui ont été en contact avec eux, ont subi des changements développementaux semblables qui n’ont pas été observés chez les embryons des couvées témoins.

Ainsi, comparativement aux couvées témoins, les embryons exposés à des appels d'alarme et leurs congénères de la même nichée présentaient des comportements prénataux et postnataux modifiés.

L'ensemble de la nichée a pris plus de temps à éclore, et elle s'est montrée plus vigilante à la naissance que le groupe témoin. Par exemple, les oiselets faisaient moins de bruit et se blottissaient plus que ceux du groupe témoin, des comportements jugés défensifs par les auteurs de cette étude, publiée dans le journal Nature Ecology and Evolution (en anglais) (Nouvelle fenêtre).

Les oisillons présentaient également des niveaux plus élevés de méthylation de l'ADN et d'hormones de stress, de même qu'une croissance et un nombre réduits de mitochondries (qui peuvent indiquer la capacité des cellules de produire de l'énergie).

Selon les chercheurs, ces observations laissent à penser que les embryons de goélands sont en mesure d'obtenir des renseignements environnementaux de leurs frères et sœurs.

Nos résultats soulignent l'importance de l'information socialement acquise au stade prénatal en tant que mécanisme non génétique favorisant la plasticité du développement.

Les auteurs de l'étude

Ces travaux tendent donc à montrer que les oiseaux peuvent s’adapter à leur environnement avant même l’éclosion, au moment où leur physiologie ne peut plus être influencée par les changements survenus dans le corps de leur mère.

Reste maintenant à savoir à partir de quel moment de son développement un embryon peut communiquer avec ses congénères.

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