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L’ingérence russe se poursuit en ce moment même, affirme Mueller devant le Congrès

L’ancien procureur spécial Robert Mueller a témoigné devant des élus de la Chambre, au Capitole, le 24 juillet à Washington.

Photo : Getty Images / Alex Wong

Radio-Canada

Le procureur spécial et ancien directeur du FBI, Robert Mueller, a affirmé mercredi que l’ingérence russe dans les élections américaines n’est pas une « tentative unique », lors de son audience devant la commission du renseignement de la Chambre des représentants.

À savoir si la Russie pourrait tenter de s’ingérer à nouveau dans les prochaines élections, M. Mueller répond : Oh, ce n’était pas une tentative unique. Ils le font [en ce moment], pendant qu’on est assis ici, et ils le feront encore lors de la prochaine campagne électorale.

« J’espère que ce n’est pas la nouvelle norme, mais j’ai peur que ça le soit », a-t-il ajouté.

Selon lui, la façon la plus efficace de contrer cette ingérence est une collaboration « agressive » entre les différents services de renseignement américains, dont le FBI, la CIA et la NSA.

Il affirme, par ailleurs, que d’autres pays ont déjà développé des « capacités » d’ingérence similaires à celles de la Russie, tout en assurant que cette affaire n’est pas un « canular », comme la qualifie le président Donald Trump.

Nous avons pris le temps de nous assurer de l’intégrité de ce rapport, sachant qu’il représentera un message à ceux qui veulent s’en prendre à nous. Mais c’est aussi un signal pour les responsables afin d’être à la hauteur de leurs responsabilités.

Robert Mueller, procureur spécial et ancien directeur du FBI

Les républicains ont profité de cette audience pour souligner le fait que le rapport de plus de 400 pages que M. Mueller a soumis il y a trois mois ne culpabilise pas le président.

Lors du premier témoignage qu’il a donné plus tôt aujourd’hui devant la commission des affaires juridiques, Robert Mueller a rappelé, comme il l'avait fait en mai, qu’il avait décidé de ne pas tirer de conclusion sur une série de gestes pouvant constituer une entrave à la justice en raison de la politique de l’Office of Legal Council (OLC) qui interdit d'inculper un président en exercice.

L'ancien directeur du FBI n'avait cependant pas clairement affirmé qu'il l'aurait bel et bien fait, n'eût été cette situation. Or, c'est ce qu'il a fait mercredi matin.

Dans son deuxième témoignage, M. Mueller a toutefois apporté quelques précisions sur cette affirmation, rappelant sa position initiale comme quoi il n’est pas arrivé à une conclusion concernant la culpabilité de Donald Trump parce que l’enquête ne portait pas sur ce sujet.

Le président n'a pas été innocenté, réitère Mueller

M. Mueller lève la main droite devant les élus.

L'ancien procureur spécial Robert Mueller au moment de prêter serment avant d'être questionné par des élus de la Chambre, au Capitole, à Washington.

Photo : Reuters / Tom Brenner

Apparaissant calme, voire impassible, M. Mueller avait précédemment réitéré dès le début de son témoignage qu’il n’avait pas totalement blanchi Donald Trump des soupçons d’entrave à la justice.

Avez-vous totalement innocenté le président?, lui a demandé le président de la commission, le démocrate Jerry Nadler. Non, a répondu laconiquement M. Mueller.

Le président n'a pas été innocenté pour les actes qu'il aurait présumément commis, a-t-il ajouté ultérieurement.

Robert Mueller a toutefois confirmé que le président pourrait être inculpé une fois qu’il aura quitté la Maison-Blanche, ce qui pourrait survenir en janvier 2021 ou au plus tard en janvier 2025, s'il est réélu.

Si nous avions été convaincus [...] que le président n'a pas commis d'entraves à la justice, nous en aurions fait état, avait déjà écrit M. Mueller dans son rapport. En fonction des faits et des normes légales applicables, nous ne sommes pas en mesure de prononcer ce jugement.

La nouvelle déclaration de M. Mueller mercredi matin constitue cependant une réplique au président Trump et à ses alliés, qui ont souvent clamé depuis le dépôt du rapport qu'il avait été totalement blanchi.

Pas de collusion, pas d'entrave à la justice, avait d'ailleurs réitéré le président dans un tweet matinal dans lequel il s'attaquait une fois de plus à la probité de l'équipe du procureur.

Un témoignage laconique

Au-delà de ces déclarations, Robert Mueller est demeuré essentiellement laconique, offrant des réponses très courtes - Oui, C’est exact, C’est vrai - aux questions des élus.

Des médias américains se sont d’ailleurs amusés à calculer le nombre de fois où il a refusé de répondre à une question. CNN a recensé 206 occurrences.

De manière générale, les démocrates se sont appliqués à faire ressortir des éléments-clés du rapport, particulièrement ceux ayant trait à de possibles gestes d’entrave à la justice commis par le président. Ils sont apparus méthodiques, chaque élu abordant un thème différent.

Les républicains ont souvent essayé de miner la crédibilité de l’enquête du procureur, en évoquant le fait que plusieurs enquêteurs ont été étiquetés comme démocrates ou encore l’affaire Peter Strzok. Quelques-uns ont semblé moins intéressés à poser des questions qu’à donner leur point de vue sur l’affaire.

Le rapport est mon témoignage, avait prévenu Mueller

M. Mueller consulte un document.

L'ancien procureur spécial Robert Mueller répond aux questions des élus de la Chambre, au Capitole, à Washington.

Photo : Reuters / Jonathan Ernst

C’était la première fois que Robert Mueller était interrogé sur son rapport de 448 pages, déposé en mars après une enquête de presque deux ans, avant d’être rendu public, partiellement caviardé, par le département de la Justice.

L’ex-procureur spécial avait fait une déclaration publique de 10 minutes, fin mai, mais il n’avait pas répondu aux questions des journalistes.

Évoquant ce qui était alors un possible témoignage devant le Congrès, M. Mueller avait clairement indiqué que son rapport avait valeur de témoignage, et qu’il ne fallait pas attendre plus de sa part.

Le rapport est mon témoignage. Je ne fournirai pas d’information au-delà de ce qui est déjà public devant le Congrès.

Robert Mueller, ex-procureur spécial, le 29 mai

Ancien patron du FBI ayant servi le républicain George Bush et le démocrate Barack Obama, Robert Mueller n’avait d’ailleurs pas caché son peu d’appétit pour une apparition devant le Congrès, où les considérations juridiques cèdent souvent le pas aux objectifs politiques.

J’espère et je m’attends à ce que cela soit la seule fois où je parlerai de ça, avait-il lancé en mai. Son souhait n'a pas été exaucé : assigné à comparaître par les démocrates, il a dû se résoudre à comparaître, après de longues négociations.

Le département de la Justice, dont relevait M. Mueller, lui a d’ailleurs expédié une lettre mardi pour le prévenir de ne pas s’écarter de son rapport.

Il est notamment prié d'éviter de discuter des parties du rapport qui demeurent caviardées, des informations relatives aux poursuites criminelles en cours, et de ce qui pourrait être couvert par le privilège de l’exécutif.

Cela inclut les discussions qui ont pu avoir lieu au sein de son équipe sur l'opportunité de faire des recommandations relativement à toute tentative d'entrave à la justice de la part du président, une décision qui a intrigué de nombreux juristes américains.

Relisez notre couverture en direct du témoignage de Robert Mueller devant le Congrès

Avec les informations de Reuters, et Washington Post

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