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L'aréna de Calgary en chiffres : une bonne affaire pour la ville?

À gauche, le Saddledome la nuit, et à droite, le plan d'un nouvel aréna moderne.

Le Saddledome, domicile des Flames de Calgary depuis 1983, pourrait être détruit et remplacé dans les prochaines années.

Photo : CBC/Ville de Calgary

Radio-Canada

À la suite d'une entente de principe adoptée lundi entre la Ville de Calgary et les Flames pour la construction d'un nouvel aréna, c'est maintenant au tour des citoyens de prendre la parole pour déterminer si le projet est viable.

La facture de 550 millions de dollars pour un nouvel aréna serait répartie en parts égales entre Calgary et l'équipe, soit  275 millions de dollars chacune.

C'est 50 millions de dollars de plus que ce que la Ville aurait eu à débourser selon une entente rejetée en 2017.

Le maire Naheed Nenshi maintient que la proposition examinée aujourd'hui est bien différente de toutes celles d'autrefois. C'est aussi la seule proposition sur laquelle tous les joueurs concernés se sont mis d'accord, écrit la Ville de Calgary sur son site web.

Le conseil municipal devrait tenir un vote de ratification la semaine prochaine.

Si l'accord est approuvé, il pourrait y avoir une première pelletée de terre en 2021 pour remplacer le Saddledome par un aréna de 19 000 places.

Ce que Calgary gagnerait aux yeux de la Ville

Calgary estime que les retombées économiques pour la ville atteindront 400 millions de dollars sur 35 ans.

Durant cette période, Calgary serait propriétaire de l'amphithéâtre, tandis que les Flames seraient responsables des coûts d'entretien.

Si le projet allait de l'avant, l'équipe aurait aussi l'option d'acquérir un terrain voisin, soit le lot de l'ancienne maison historique Enoch de Victoria Park, qui a été ravagée par les flammes.

La Ville, pour sa part, recevrait notamment 2 % des revenus sur les ventes de billets au nouvel aréna ainsi qu'un frais fixe par billet vendu, pour un total maximum de 3 millions de dollars par an pour les cinq premières années.

Bien que le conseil municipal a conclut l'entente de principe, Naheed Nenshi admet qu'il lui reste encore des chiffres à décortiquer avec l'appui de son administration.

Des dépenses oubliées?

Dans tout projet d'envergure, il faut aussi surveiller les dépenses qui ne sont pas mentionnées dans le plan initial, souligne le professeur de sciences économiques à l'Université du Québec à Montréal (UQAM), Philip Merrigan.

Cela pourrait comprendre des dépenses importantes, mais moins évidentes comme la voirie, les viaducs et les égouts, rappelle-t-il, des travaux qui ne sont d'ailleurs pas quantifiés dans le projet du nouvel aréna.

L'économiste Philippe Merrigan.

L'économiste Philippe Merrigan.

Photo : Radio-Canada Sports

Bien souvent on ne mentionne que les coûts qui ont rapport au bâtiment comme tel [...] et à la fin, on remarque que la Ville prend aussi en charge ce genre de dépenses, ce qui augmente le fardeau des contribuables.

Philip Merrigan, professeur en sciences économiques

Quand on voit l'ampleur des montants investis par les villes sur certains projets, il faut s'assurer que ceux-ci soient viables, ajoute-t-il.

« Ça peut exister, mais ça ne peut pas compenser le contribuable, surtout celui qui ne s'intéresse pas nécessairement au sport professionnel. », affirme Philip Merrigan.

D'où vient l'argent?

Les impôts fonciers n'augmenteraient pas et le nouvel aréna n'aurait aucun effet sur le programme d'allègements fiscaux pour les petites entreprises, dit la Ville.

La Ville et l'organisation du Stampede s'échangeraient plutôt des parcelles de terrain, n'exigeant aucun financement additionnel.

C'est à partir de différentes sources que Calgary paierait sa part, la plus importante provenant d'une réserve de capital pour de grands projets.

Cette réserve qui financerait le nouvel aréna fait partie d'un volet du budget séparé de celui qui sera réduit de 60 millions de dollars cette année pour limiter la hausse des impôts pour les propriétaires de commerces.

Retour sur l'ancienne entente

En 2017, les pourparlers entre la Ville et Calgary Sports and Entertainment Corporation (CSEC), l'organisation propriétaire des Flames, avaient échoué dans un climat acrimonieux.

Dans cette entente, la Ville proposait de diviser en trois parties le coût d'un aréna de 555 millions de dollars. Plus précisément, la Ville et les Flames auraient chacun payé 185 millions de dollars, et le dernier tiers aurait été financé par un supplément sur les billets.

Le tiers provenant de la Ville aurait inclus un terrain d'une valeur de 30 millions de dollars, 25 millions de dollars pour des coûts d'entretien et pour la démolition du Saddledome, puis 130 millions de dollars de recettes fiscales non foncières.

La CSEC prétendait toutefois que cette entente obligerait ultimement l'organisation à payer une plus grande part. Le propriétaire de l'équipe avait alors riposté par une offre de 275 millions de dollars qui demandait à Calgary de fournir 225 millions de dollars, à l'aide d'une taxe de revitalisation urbaine autour de l'aréna.

Dans les deux cas, le propriétaire des Flames aurait reçu la totalité des recettes et le contrôle absolu de l'aréna.

La proposition initiale de la Ville demandait à l'équipe de payer des taxes foncières.

Avec des informations de La Presse Canadienne

Alberta

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