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Venezuela : feu vert de l'opposition à un traité permettant une intervention étrangère

Juan Guaido parle dans un micro.

Juan Guaido, chef de l'opposition et leader du Parlement, s'est autoproclamé président du Venezuela et est reconnu comme tel par une cinquantaine d'États, dont les États-Unis.

Photo : Reuters / Carlos Garcia Rawlins

Agence France-Presse

L'Assemblée nationale vénézuélienne, contrôlée par l'opposition, a approuvé mardi la réintégration du Venezuela dans le Traité interaméricain d'assistance réciproque (TRIAR), une décision qui autorise une intervention militaire étrangère dans le pays en crise.

Le texte « est approuvé à l'unanimité et promulgué », a déclaré le président du Parlement Juan Guaido à l'issue du vote de ses pairs, lors d'une séance organisée sur une place de Caracas, six mois jour pour jour après que l'opposant se fut autoproclamé président par intérim.

Le vote doit permettre au Venezuela de réintégrer le TRIAR, sept ans après la décision du défunt président Hugo Chavez de l'en retirer. Le TRIAR avait été ratifié par la plupart des États américains au début de la guerre froide.

Juan Guaido, reconnu comme président par intérim par une cinquantaine de pays, n'écarte pas une intervention militaire étrangère pour déloger Nicolas Maduro du pouvoir. L'opposant le qualifie d'« usurpateur » en raison de l'élection « frauduleuse », selon lui, remportée l'an dernier par le chef de l'État socialiste.

Mais Juan Guaido a prévenu mardi que le TRIAR « n'a rien de magique. Ça n'est pas un bouton sur lequel on appuie et qui résout tout du jour au lendemain ». « Nous allons devoir construire le soutien des autres pays de la région pour mettre en place ce mécanisme, et l'approbation finale reviendra à l'Organisation des États américains », déclarait-il récemment.

Un traité critiqué

Le vote positif des députés ne signifie pas un retour automatique du Venezuela dans le TRIAR. Les décisions qu'ils prennent sont toutes considérées comme nulles par la Cour suprême depuis trois ans. Dans la pratique, l'Assemblée nationale est supplantée par une Assemblée constituante composée uniquement de fidèles de Nicolas Maduro.

Le TRIAR, dont la Bolivie, l'Équateur et le Nicaragua se sont aussi retirés, est vilipendé comme un outil de l'influence des États-Unis en Amérique latine.

Lors de leur retrait en 2012, ces pays avaient jugé que le traité avait montré ses limites lors du conflit des Malouines en 1982 entre l'Argentine et la Grande-Bretagne. Les États-Unis avaient alors conservé une position de neutralité.

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