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Développement durable : et si ça commençait par les Grands Lacs?

Un homme avec un chapeau se déplace à travers des plants supportés par des tuteurs.

En 2011, deux jeunes agriculteurs lancent une ferme de quartier qui compte aujourd'hui 300 variétés de fruits et de légumes qui sont donnés aux résidents du quartier.

Photo : Radio-Canada / Rose St-Pierre

Rose St-Pierre

La région des Grands Lacs serait en meilleure position de devenir le premier territoire entièrement autosuffisant au monde, selon des experts en développement durable. Déjà, des initiatives locales en économie circulaire leur donnent raison.

À huit kilomètres au nord du centre-ville de Détroit, quelques hectares de terre débordant de jeunes pousses nourrissent le quartier North End.

Le projet Mufi, lancé en 2011, permet de nourrir 200 ménages par année. Chaque samedi, des familles viennent s’approvisionner gratuitement en fruits et légumes.

Et en échange, les résidents donnent de leur temps, quelques outils ou même du compost. La petite ferme urbaine repose donc sur les ressources de sa communauté et produit exclusivement pour un petit cercle de consommateurs.

Une petite terre avec plusieurs cultures dans un quartier.

La ferme Mufi, à Détroit, permet de nourrir 200 ménages du quartier par année.

Photo : Radio-Canada / Rose St-Pierre

Ce n’est pas que de l’agriculture, lance le gestionnaire de la terre, Quan Blunt, nous participons au développement de la communauté dans son ensemble.

Pour l’instant, ces terres nourrissent le quartier six mois par année. Mais avec quelques serres, on aimerait récolter à longueur d'année, suggère le jeune homme, originaire de Détroit.

La ferme Mufi deviendrait donc un parfait exemple d’organisation fonctionnant en économie circulaire : un système de production qui optimise l’utilisation des ressources tout en réduisant son empreinte environnementale, selon l’Institut de l’environnement du développement durable et de l’économie circulaire.

Un graphique qui explique l’économie circulaireAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Institut EDDEC, 2018. En collaboration avec RECYC-QUÉBEC/ Camile Gauthier

Photo : Radio-Canada

Et ce genre d’initiatives pourraient se multiplier dans la région des Grands Lacs, selon des experts en développement durable. C’est d’ailleurs un des sujets qui retiennent l'attention de la Commission des Grands Lacs.

Dans la région des Grands Lacs, c’est extrêmement prometteur, explique Daniel Hoornweg, professeur à l’Institut de technologie d’Oshawa. Nous bénéficions d’une position géographique très avantageuse.

Nous avons de l’eau douce, des ressources agricoles, de grandes universités, nous sommes une puissance économique et on réfléchit déjà au virage vers des véhicules autonomes

Daniel Hoornweg, professeur à la Faculté de l'énergie de l'Institut de technologie de l'Ontario à Oshawa

Si j’avais à parier sur une région [qui pourrait fonctionner sur un modèle d’économie circulaire], j’aurais de la difficulté à trouver plus de potentiel que la région des Grands Lacs, avance le professeur.

En plus d’avoir un grand potentiel, la région formée de huit États américains et de deux provinces canadiennes a un devoir envers le reste du monde, croit M. Hoornweg.

Les Canadiens produisent plus de déchets solides par personne et consomment plus d’énergie que n’importe qui d’autre sur la planète par habitant... Nous sommes des porcs énergétiques et matériels. Si nous ne pouvons pas le faire, nous n’avons pas la capacité de demander au reste du monde de le faire, croit le professeur à la Faculté de l’énergie.

Déjà, certaines grandes villes de la région canado-américaine entament des virages verts et intelligents.

C’est le cas de Columbus, en Ohio, qui s’est lancée dans une grande transformation pour rendre la métropole championne du développement durable avec un budget de 40 millions de dollars américains.

Un des consultants du projet, Paul Carlson, croit aussi que l’avenir de l’économie circulaire est dans cette région du monde. Nous avons tout ce qu’il faut pour repenser notre industrie [...], développer un modèle circulaire qui nous permet de réutiliser, développer notre économie de façon durable et pour une petite échelle.

Les trois piliers du développement durable : économie, social et environnement.

Les trois piliers du développement durable : économie, social et environnement

Photo : Radio-Canada / Olivia Laperrière-Roy

Interrogé à ce sujet durant la Commission annuelle des Grands Lacs, Todd Smith, alors ministre du Développement économique, se disait lui aussi enthousiaste à l’idée. Il y a beaucoup de possibilités pour les Grands Lacs, une économie de 6 milliards de dollars, avait-il déclaré.

Et le virage peut s’opérer à petite échelle, croit Riley McMahon, un bénévole de la petite ferme urbaine à Détroit. L’économie circulaire en agriculture, rien de plus simple, déclare le jeune étudiant en développement durable.

Comparativement à une ferme normale, de petites terres à l’échelle de leur quartier sont moins chères à faire fonctionner, sans compétition, pas besoin de grossiste, de transporter les légumes, mais, bien entendu, il faut bien quelques bénévoles, lance-t-il en riant.

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