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La suspension de chercheurs du laboratoire national de microbiologie contestée

Une femme dans un laboratoire porte une combinaison de haute sécurité.

La Dre Xiangguo Qiu est au Canada depuis 1996, mais est toujours affiliée à l'Université de Tianjin en Chine.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Un scientifique canadien parmi les plus réputés au pays est surpris et consterné par le fait qu’une « affaire administrative » ait entraîné l’expulsion soudaine d’une éminente virologue canado-chinoise.

Selon des sources de CBC, la Dre Xiangguo Qiu, son mari et un nombre inconnu d’étudiants chinois auraient été écartés du seul laboratoire de niveau 4 au Canada le 5 juillet. Leur accès a aussi été révoqué, et la Gendarmerie royale du Canada (GRC) a ouvert une enquête.

La Dre Xiangguo Qiu est responsable de la section du développement de vaccins et de thérapies antivirales au sein du programme des agents pathogènes spéciaux.

« Ce ne sont que des spéculations. Nous n’avons aucune idée de la nature de l'enquête », s'exclame le directeur du Centre de recherche sur les maladies infectieuses de l’Université Laval, à Québec, Gary Kobinger, qui a côtoyé la Dre Xiangguo Qiu lorsqu'il travaillait au laboratoire national de microbiologie.

Jusqu’à présent, aucune accusation n’a été portée contre la Dre Xiangguo Qiu ni son mari. L'Agence de la santé publique du Canada (ASPC) évoque simplement une question de « violation des règlements » et assure que rien ne porte à croire qu'il y a un danger pour le public.

Ni l'ASPC ni la GRC ne fournissent plus de détails, évoquant des préoccupations relatives à la protection de la vie privée.

Entre-temps, l’Université du Manitoba a suspendu les rendez-vous de la Dre Xiangguo Qiu et de son mari. Leurs étudiants ont été réaffectés dans l’attente des résultats de l'enquête.

Le laboratoire national de microbiologie est l'un des rares d'Amérique du Nord à être équipé pour traiter des maladies mortelles comme l'Ebola. Malgré certaines spéculations, Gary Kobinger ne croit pas que la Dre Xiangguo Qiu et son entourage soient impliqués dans de l'espionnage économique.

« Ils [les Chinois ] ont tant de scientifiques! Ce que nous pouvons faire en six mois, ils peuvent le faire en un mois. Ils n'ont rien à gagner de nous. Ils ont un meilleur accès aux agents pathogènes, aux vaccins, aux thérapies, à tout », affirme-t-il.

Selon lui, il pourrait plutôt s’agir d'une question de « paperasse mal remplie ou d'une violation d’une politique gouvernementale créée par des bureaucrates qui ne comprennent pas le fonctionnement de la science ».

Ou, ajoute-t-il, ce pourrait être un problème concernant le mandat du laboratoire qui n'est pas très clair, car certains pensent qu’on devrait simplement y faire des diagnostics, alors que d’autres pensent qu’il faut y faire de la recherche.

Deux hommes et deux femmes debout devant une vitrine de laboratoire.

Le Dr Gary Kobinger, ancien chef des agents pathogènes spéciaux (à droite), et la Dre Xiangguo Qiu, chercheuse scientifique (deuxième à droite) en compagnie du Dr Kent Brantly et la Dre Linda Mobula.

Photo : Photo fournie par Santé Canada

Un travail reconnu

Jusqu'à ce qu'il quitte le laboratoire national de microbiologie il y a trois ans, Gary Kobinger travaillait avec la Dre Xiangguo Qiu à l'élaboration du vaccin ZMapp, un traitement pour l'Ebola utilisé avec succès lors de l'éclosion en Afrique de l'Ouest, entre 2014 et 2016.

Les deux scientifiques ont été reconnus pour ce travail. Ils ont reçu le Prix du gouverneur général pour l'innovation en 2018.

Il souhaite que l’ASPC dévoile un peu plus d’information pour dissiper les nombreuses spéculations.

Tout cela survient à un moment où les relations entre le Canada et la Chine sont tendues.

Gary Kobinger espère que la Dre Xiangguo Qiu et son équipe ne sont pas injustement prises au piège d’un conflit diplomatique.

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