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De nouveaux indices d'activité humaine au site archéologique de L'Anse aux Meadows

Deux hommes et un trou qu'ils ont creusé dans la terre.

L'équipe d'archéologues qui a fait cette découverte

Photo : Gracieuseté / Véronique Forbes

Radio-Canada

L'Anse aux Meadows, le site d'une colonie viking fondée il y a un millénaire, était déjà un lieu riche en découvertes archéologiques. Le site, situé sur la pointe de la Grande Péninsule du Nord de l'île de Terre-Neuve n'a pas fini de révéler tous ses secrets.

Une équipe d'archéologues de l'Université Memorial a trouvé par hasard, dans une section du site, de nouveaux indices d'activité humaine.

Nous étions là pour mesurer les changements à l'environnement du site occasionnés par l'occupation humaine. De façon générale, nous nous intéressions aux changements à l'environnement consécutifs à la colonisation des lieux par les Vikings, explique le professeur chargé du projet, Paul Ledger.

Pour valider leurs hypothèses, ils devaient creuser.

La tourbe s'accumule au rythme d'environ un millimètre par année, ajoute Paul Ledger. Ce faisant, elle accumule des microfossiles tels que du pollen ou du charbon en suspension dans l'air ou toute autre matière vivante.

Un homme et une femme regardent un échantillon de terre.

Les archéologues Paul Ledger et Veronique Ledger participent aux fouilles à L'Anse aux Meadows.

Photo : Gracieuseté - Veronique Forbes

Plus tu creuses dans la tourbe, plus tu creuses dans le passé.

Paul Ledger, archéologue

Le plan initial de l'équipe était de prélever des échantillons de sol pour ensuite les analyser en laboratoire et ainsi en tirer des conclusions sur l'évolution de l'environnement à L'Anse aux Meadows.

Mais, coup de chance, M. Ledger et son équipe ont découvert bien plus que ce à quoi ils s'attendaient. Ils creusaient à une profondeur d'environ 35 cm, à une trentaine de mètres des ruines existantes, lorsqu'ils sont tombés sur des résidus de bois qui, d'après la datation au carbone, appartiennent à la période entre la fin du 12e siècle et le milieu du 13e siècle.

Nous ne savons pas encore quel peuple a produit ces objets qu'on a trouvés, indique l'archéologue.

Il explique que les artéfacts contiennent du charbon, mais aussi des résidus de bois. Ces résidus ont permis aux archéologues de déterminer qu'ils avaient été coupés avec des outils, comme une hache ou des instruments de pierres.

On ne sait pas qui a créé ces choses, mais on sait qu'elles ont été travaillées, précise-t-il.

Sans doute une origine autre qu'européenne

Véronique Forbes, une autre archéologue qui participe aux fouilles, a découvert dans son échantillonnage des restes d'insectes dont on croyait qu'ils étaient arrivés au Canada bien plus tard.

Une tente de campeurs.

Le campement où habitait l'équipe d'archéologues durant les recherches.

Photo : Gracieuseté - Veronique Forbes

On croit que certains des insectes qu'elle a trouvés, deux espèces en fait, ont été introduits au Canada [...] après le 16e siècle, après [les explorations de] Jean Cabot. Il est donc intéressant de constater qu'ils étaient déjà ici au 12e siècle, affirme M. Ledger.

Quelle est la signification de ces découvertes? M. Ledger ne veut pas se prononcer pour l'instant. La datation des découvertes laisse cependant supposer que les objets trouvés datent d'après le passage des Vikings et qu'ils pourraient donc témoigner de l'occupation de ces terres par des Autochtones.

Des recherches plus approfondies seront menées afin de trouver davantage de réponses.

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