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La restructuration annoncée par SNC-Lavalin aura-t-elle un impact sur son avenir?

Un cycliste passe devant l'immeuble.

Le siège social de SNC-Lavalin, à Montréal

Photo : Reuters / Dario Ayala

Radio-Canada

La sortie de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) à la suite de l'annonce d’une restructuration à SNC-Lavalin remet en question la compétence des dirigeants de la firme montréalaise, estime Michel Nadeau, de l’Institut sur la gouvernance d’organisations privées et publiques (IGOPP).

En entrevue à l'émission 24/60 lundi, M. Nadeau a noté que l'entreprise a perdu beaucoup d'argent au cours des dernières années, en raison notamment de l’absence de personnes capables de remplir des soumissions avec des contrats rentables dans les domaines minier et pétrolier.

Cette situation a fait fondre les bénéfices de SNC-Lavalin comme neige au soleil, a expliqué l'expert en gouvernance. Ainsi, les bénéfices annuels sont passés de 300 millions de dollars à une fourchette de 13 à 17 millions.

Importante actionnaire, la CDPQ possède 20 % des titres en circulation, avec 35 millions d'actions, a ajouté M. Nadeau. Depuis un sommet de 60 $ en juin 2018, le titre de SNC-Lavalin a considérablement glissé. Il a clôturé la séance de lundi à 23,80 $.

Autrement dit, la Caisse a constaté que la firme perd de l'argent et a questionné la direction, a expliqué M. Nadeau.

Le directeur général de l'IGOPP croit que les dirigeants de SNC-Lavalin des dernières années sont intègres. Toutefois, avec tous les rapports, les cadavres qu’on sort des placards chaque trimestre, sont-ils compétents?

Au cours de l'entrevue, M. Nadeau a également relevé que l'enjeu de la relève au sein de la direction de l'entreprise avait été négligé. Il souhaite que les prochains dirigeants de l’entreprise soient Québécois, francophones ou anglophones.

Un homme répond aux questions d'un journaliste.

Michel Nadeau, de l'Institut sur la gouvernance d'organisations privées et publiques.

Photo : Radio-Canada

Une restructuration en attendant un procès

En entrevue au Téléjournal, l’économiste Daniel Denis a affirmé pour sa part que l’annonce des dépassements des coûts plus élevés que prévu par SNC-Lavalin a fait chuter l’action de l’entreprise à la bourse lundi.

M. Denis a indiqué que les activités minières, du gaz et du pétrole, que SNC-Lavalin compte abandonner, représentent 30 % des bénéfices de l’entreprise.

Quant au risque de la perte de prestige de l’entreprise, l’économiste a nuancé en précisant que SNC-Lavalin s’est fait connaître historiquement pour ses compétences en génie, ce que l’entreprise compte garder dans la restructuration annoncée. Il a également précisé que la restructuration maintiendra le volet opération et entretien de l’entreprise.

Ainsi, SNC-Lavalin agirait avant et après la réalisation des projets. En ce qui concerne le volet construction, qui est moins stratégique et auquel elle pourrait perdre accès, la firme montréalaise pourrait s'allier avec d'autres entreprises, selon Daniel Denis.

SNC-Lavalin s'expose toutefois au risque de perdre des services de génie en raison de la perte du service de construction, a expliqué M. Denis. Cela pourrait représenter un problème pour SNC-Lavalin, a ajouté M. Denis, qui estime que le verdict du procès de SNC-Lavalin pour fraude et corruption aura un impact non seulement sur les contrats fédéraux, mais également pour les contrats à l’étranger.

Économie