•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Détruire l'ordinateur qui vous fait rager devient un sport prisé dans le Grand Vancouver

Un pied-de-biche s'apprête à fracasser le plateau de numérisation d'une imprimante.

De plus gros appareils électroniques peuvent être détruits, comme cette imprimante défectueuse.

Photo : Radio-Canada / Alexandre Milette-Gagnon

Radio-Canada

Un pied-de-biche, une massue et de vieux appareils électroniques : voilà les ingrédients d'un cocktail destructeur proposé par des entreprises de défoulement. Originaires du Japon, ces salles de destruction connaissent un intérêt de plus en plus marqué dans le Grand Vancouver.

Nées vers la fin des années 2000, les salles de défoulement offrent un environnement sécuritaire dans lequel les visiteurs peuvent détruire des objets usagés.

À l'aide de différents outils, les clients sont invités à détruire du matériel. Ils peuvent apporter leurs propres objets ou se contenter de ceux que leur propose l'entreprise.

Les objets ont généralement été donnés à la salle de défoulement. Une fois brisés, ils sont triés et apportés dans des points de dépôt de vieux appareils électroniques, explique Robbie Luo, de l'entreprise Smash Therapy, à Richmond.

Un amas de matériel électronique brisé.

Les débris sont ensuite triés et recyclés.

Photo : Radio-Canada / Alexandre Milette-Gagnon

La salle de défoulement n'impose pas de limite à l'âge des participants, pourvu que les parents de personnes mineures signent une décharge de responsabilité.

Celles-ci doivent également être accompagnées par un adulte en tout temps lors de leur visite.

Une approche à la colère discutable

Si ces entreprises affichent fièrement les bienfaits psychologiques d'une telle activité, certains spécialistes expriment des réserves quant à la capacité de celle-ci de gérer efficacement la colère à long terme.

C'est notamment le cas du Dr Avrum Miller, un psychologue spécialisé en gestion du stress et de l'anxiété, pour qui cette méthode a un effet plutôt limité.

C'est une évasion durant quelques minutes, mais cela ne donne rien après.

Dr Avrum Miller, psychologue spécialisé en gestion du stress et de l'anxiété

Le spécialiste recommande plutôt la pratique d'autres activités comme le yoga, la méditation ou encore l'exercice physique.

Une bouteille en verre brisée par un pied-de-biche vole en éclats.

Bouteille en verre, matériel informatique, tout ce qui entre dans cette salle en ressort en morceaux.

Photo : Radio-Canada / Alexandre Milette-Gagnon

Par ailleurs, le spécialiste déconseille cette pratique aux gens qui ont de la difficulté à contrôler leurs pulsions.

Cette activité peut provoquer une dose d'adrénaline difficile à se procurer en dehors de ces salles, note-t-il. Il ajoute que, si des personnes y prennent goût, elles pourraient être tentées de répéter l'expérience en dehors de ce contexte encadré.

Des casques et des gants de protection sont disposés sur une table et des blouses de travail sont accrochées au mur.

Avant de vous laisser aller à la destruction, il vous faudra vous protéger adéquatement.

Photo : La Presse canadienne / Alexandre Milette-Gagnon

Le Dr Avrum Miller rappelle cependant que, dans un contexte ludique, ces salles de défoulement ne présentent pas de risques potentiels pour la majorité des gens.

Je pense que ça marche pour la plupart des personnes qui n'ont pas [de] problèmes avec la colère.

Dr Avrum Miller, psychologue spécialisé en gestion du stress et de l'anxiété

Alexandre Milette-Gagnon et Alexandre Lamic ont testé la salle de défoulement.

Vancouver compte déjà deux entreprises permettant à leurs clients de se défouler sur de vieux objets en toute quiétude.

Colombie-Britannique et Yukon

Sports et loisirs