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Une patrouille communautaire qui marche pour répandre la gentillesse

Une jeune dame vêtue de gilet orange vif.

Holly Gossfeld a créé le groupe au printemps après avoir remarqué la hausse de crimes dans la ville l’été dernier.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Une patrouille constituée au début du mois de mai à Thompson, une ville de près de 13 000 habitants située à environ 650 kilomètres au nord de Winnipeg, s’est donné pour mission de lutter contre la violence et de propager la gentillesse.

Un mardi soir du mois de juin, il fait chaud, les membres de la nouvelle patrouille mobile de Thompson nommée North of 55 Patrol discutent alors qu’ils se rendent dans le McDonald’s local.

Ils sont sur le point de faire une promenade de deux heures dans la ville du nord du Manitoba. Ils emportent deux caisses d’eau en bouteille, une boîte de vêtements et un sac à dos rempli de pâtisseries maison. Ces provisions sont destinées aux sans-abri ou à toutes les personnes qui passent leur soirée dans les rues.

« J’aime ce que nous faisons, cela me fait du bien », dit Holly Gossfeld, qui a instauré la patrouille.

Holly Gossfeld a lancé le groupe au début du mois de mai avec pour vision de créer un groupe communautaire de patrouilles à pied, semblable au Bear Clan de Winnipeg.

Depuis sa création, le groupe a grandi en nombre et en soutien. L’instigatrice du projet explique que la patrouille possède désormais un service de transport qui permet de ramener les personnes errantes chez elles en toute sécurité.

Le groupe n’a jusqu’à présent aucun financement officiel. Les articles qu’il distribue ou utilise, dont leurs gilets orange vif, sont des dons venant des autres membres de la communauté et des entreprises.

Les membres de l’équipe de patrouille appartiennent à différents groupes d’âge. Certains, comme Aaron Brown, 17 ans, font partie du groupe depuis le début. L’adolescent affirme qu’il essaie de marcher tous les jours jusqu’à six heures d’affilée afin de contribuer au changement dans sa communauté.

« Je pense que notre communauté devrait être en sécurité, dit-il. J'y ai adhéré [au groupe] parce que j’ai vécu la violence et je sais comment ça se passe. J’ai déjà essayé de l’arrêter, mais cela n’a pas fonctionné. »

Un adolescent vêtu de gilet orange vif assis sur une pierre près de la rue.

Aaron Brown affirme qu’il essaie de marcher tous les jours jusqu’à six heures d’affilée afin de contribuer au changement dans sa communauté.

Photo : Radio-Canada / Aidan Geary/CBC

En mai, le maire de Thompson, Colleen Smook, a demandé aux habitants de la ville d’être vigilants à la suite d’une série d’incidents violents apparemment aléatoires. Trois personnes ont été hospitalisées une nuit après avoir été poignardées par des adolescents, a annoncé la Gendarmerie royale du Canada (GRC) le 30 mai.

La semaine suivante, la GRC a demandé l’aide du public pour retrouver deux suspects, de 17 et de 19 ans, après trois attaques violentes en trois jours.

Holly Gossfeld a décidé de créer le groupe au printemps après avoir remarqué la hausse de crimes dans la ville, l’été dernier. Mais elle préfère accorder son attention à tout le bien qu’elle voit dans sa ville.

Durant la patrouille à laquelle a assisté CBC mardi soir, le groupe a traversé la ville. Aaron Brown et un autre bénévole ont ramassé des déchets tout au long de la marche.

Ils ont abordé les gens qui étaient dans les rues, parlant avec eux, leur offrant de la nourriture, de l’eau et des vêtements. Selon Holly Gossfeld, beaucoup de ces personnes sont des visages familiers qui reconnaissent les patrouilleurs.

« Il y a tellement de comportements négatifs envers les sans-abri. C'est triste à voir », dénonce Tracey Clemons, âgée de 28 ans. Elle est dans le groupe depuis le début et aide à gérer le service de transport. Selon elle, les sans-abri sont comme tout le monde. Chacun a son histoire.

Holly Gossfeld dit que la plupart des personnes que son groupe aide ont été touchées par les séquelles des pensionnats indiens, comme sa propre famille. Certains habitent à Thompson, d’autres viennent des communautés voisines.

« Certains d’entre eux ont un foyer dans leur communauté, mais ils sont coincés à Thompson en raison de leur dépendance », explique Mme Clemons.

Un autre bénévole, Jordan Colombe, veut apporter son aide en raison de son passé de toxicomane. Ce père de quatre enfants faisait partie d’un groupe de patrouilles dans sa ville natale de Cross Lake et était enthousiasmé de faire partie de la version de Thompson.

« Je me sens mal pour les autres, dit-il. J’ai grandi comme ils ont grandi. J’étais alcoolique, j’étais toxicomane. Je m’en suis bien sorti. »

Trois femmes, deux hommes debout dans une ruelle et un bébé porté par une des femmes.

Les bénévoles de la patrouille du nord du 55e, ressemblent à une famille, selon Holly Gossfeld, la deuxième à partir de la gauche. On la voit ici, avec, de gauche à droite, Kiya Spence, Tracey Clemons (tenant sa fille), Aaron Brown et Crystal Sayies.

Photo : Radio-Canada / Aidan Geary/CBC

Le groupe tout entier qui forme désormais une petite famille souhaite changer les choses sur le plan humain dans la communauté. Et il espère avoir plus de soutien pour y parvenir.

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