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Londres se détourne de Washington et propose sa propre mission dans le détroit d'Ormuz

Le ministre britannique des Affaires étrangères, Jeremy Hunt, à sa sortie de la résidence de la première ministre Theresa May, lundi.

Photo : Reuters / Hannah Mckay

Radio-Canada

Faisant fi des efforts américains pour protéger les navires qui transitent par le détroit d’Ormuz, Londres propose à ses alliés européens de mettre en place leur propre mission de protection, a annoncé lundi le ministre des Affaires étrangères, Jeremy Hunt.

L'idée est mise de l'avant trois jours après la saisie d'un pétrolier britannique, le Stena Impero, par les Gardiens de la révolution iranienne, l'armée idéologique du régime.

En vertu du droit international, l'Iran n'avait pas le droit de bloquer le passage du navire, encore moins de l'aborder. C'était par conséquent un acte de piraterie d'État, a plaidé M. Hunt devant le Parlement.

Le chef de la diplomatie britannique, qui aspire à devenir le prochain premier ministre britannique, ne s’est pas avancé sur la réponse que pourraient lui offrir les pays européens.

Il s’est contenté de souligner que Londres a eu des discussions constructives avec certains d'entre eux depuis samedi. Le Foreign Office a confirmé qu'il a discuté avec ses homologues français et allemand.

Nous allons maintenant essayer de mettre sur pied une mission de protection maritime sous commandement européen pour garantir le libre passage des équipages et des navires dans cette région vitale.

Jeremy Hunt, ministre britannique des Affaires étrangères

M. Hunt a par ailleurs précisé qu'il était prêt à discuter de la manière dont cette possible mission européenne pourrait s'articuler avec la coalition militaire internationale que les États-Unis ont appelée de leurs voeux il y a quelques jours.

Washington, avec qui Londres se targue d'entretenir une relation spéciale, a aussi lancé cette proposition afin de garantir la fluidité du trafic maritime dans le golfe Persique, où plusieurs pétroliers ont été victimes de mystérieuses attaques ce printemps.

Londres « ne cherche pas la confrontation »

Soucieux de préserver l'accord sur le nucléaire iranien de 2015, que le président américain Donald Trump a renié en mai 2018, contre l’avis des autres signataires (Royaume-Uni,  France, Chine, Russie, Allemagne), le gouvernement britannique ne souhaite pas participer à la coalition américaine.

Londres ne participera pas à la politique de pression maximale des États-Unis, car nous restons déterminés à sauvegarder l'accord nucléaire iranien, a explicitement souligné M. Hunt, en reprenant l’expression désormais consacrée à Washington.

Un pétrolier navigue sur l'eau.

Le pétrolier Stena Impero et ses 23 membres d'équipage sont toujours détenus en Iran lundi.

Photo : Associated Press / Stena Bulk

Jeremy Hunt a assuré qu'il ne cherche pas la confrontation avec Téhéran, et qu'il a pris la décision de solliciter ses alliés européens avec le cœur lourd.

Tirant les leçons de la saisie du Stena Impero vendredi dernier, Londres demandera désormais à tous les navires battant pavillon britannique de prévenir les autorités de leur intention de traverser le détroit d'Ormuz, a aussi souligné M. Hunt devant le Parlement.

Nous leur conseillerons ensuite la route la plus sûre, ce qui pourrait impliquer de voyager en convoi. À l'évidence, il est impossible pour la Royal Navy de fournir des escortes à chaque navire ou d'éliminer tout risque de piraterie.

Jeremy Hunt, ministre britannique des Affaires étrangères

La saisie du Stena Impero par l’Iran a eu lieu une quinzaine de jours après que la marine britannique eut arraisonné le pétrolier iranien Grace 1 au large de Gibraltar, en faisant valoir qu’il est soupçonné de transporter du pétrole en Syrie, en violation de sanctions internationales.

Téhéran, qui nie les allégations britanniques, n’avait pas tardé à dénoncer un acte de piraterie avant de menacer de saisir un pétrolier britannique en représailles.

La République islamique soutient officiellement que le Stena Impero a violé le code maritime international. Sa saisie est une mesure légale pour assurer la sécurité régionale, a fait valoir le porte-parole du gouvernement, Ali Rabii.

Avec les informations de Reuters, et Agence France-Presse

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