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Santé autochtone : le gouvernement fédéral accusé de faire fausse route

Une enfant circule à vélo dans une réserve autochtone.

Michèle Martin juge que les principales menaces à la santé des membres des Premières Nations sont déjà bien connues.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Radio-Canada

La volonté récemment exprimée par Ottawa d’investir plus de 100 millions de dollars en 16 ans pour financer la recherche sur la santé autochtone est accueillie froidement par une intervenante de la région.

La conseillère en services adaptés du Cégep de Chicoutimi, Michèle Martin, qui est elle-même d'origine innue et qui est connue pour son militantisme à propos des enjeux touchant les Premières Nations, soutient avoir réagi négativement à cette annonce.

À dire vrai, j’ai été choquée. Ça a été ma réaction principale parce que les besoins [au sein des communautés autochtones] sont tellement criants et bien documentés, explique-t-elle.

Selon Mme Martin, des experts ont déjà pu établir que ces collectivités sont notamment confrontées à d’importants défis relatifs à la qualité de l’eau et à l’accessibilité des aliments.

Elle ajoute que ces spécialistes ont également pu observer depuis longtemps que les cas d’obésité, de toxicomanie, de diabète et d’asthme y pullulent.

D’après Michèle Martin, il aurait pu y avoir des investissements directs pour intervenir par rapport à ces problèmes [...] en offrant des programmes de soutien, de prévention, d’intervention, de formation et d’accompagnement.

Mme Martin tient à dire qu’elle n’est pas du tout défavorable à l’idée que le gouvernement fédéral appuie la recherche sur la santé autochtone.

Par contre, à son avis, Ottawa aurait fort bien pu se contenter, par exemple, d’y investir cinq millions de dollars.

Selon Michèle Martin, l’idée d’utiliser 20 fois plus de deniers publics pour cerner davantage des enjeux déjà très bien documentés dépasse l’entendement.

Au lieu de fournir de l’argent pour que du travail soit fait directement dans les communautés autochtones, le gouvernement fédéral préfère soutenir des chercheurs qui sont quand même éloignés des réalités concrètes, déplore-t-elle.

S’il faut en croire Mme Martin, un tel choix témoigne d’un certain manque de confiance d’Ottawa à l’endroit des dirigeants des Premières Nations.

Saguenay–Lac-St-Jean

Politique fédérale